>> ■* • fWzh ij if **& J V - . » ■■■'■'■ » ' ». . / > • f-t v 8 * \ ./• > V" * ., LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE RÉDIGÉ ET PUBLIE PAR LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de Secrétaire de L'Horticulture Internationale L'Orchidéenne » S» AVEC LA COLLABORATION DE MM. : j Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Gai-mer, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogmaux, G. Joris, E Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, Dr G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, Ch Van Wambeke, A. Bleu, Dr Van Cauwelaert, Ch. Vasseur, Comte de Bousies, J. Nôtzli, Cahuzac, Dr Capart, James O'Brien, î du Triei de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G Truffaut, D. Treyeran, G. Rivois, H. Correvon, D- Max Reichenheim, A. Dalliere F Kegeijan, O. Ballif, G. Miteau, R. Johnson, C. Ellner, Ch. de Bosschere, A. Hubert, A. de la Devansaye, Fl. Claes, de Meulenaere, F dellaPorta.G.Diretti, A. van den Heede, A. Wincqz, G Kittel, Bon DE Meylhand, Dr Muller, Henri Hermieux, O. Altenhoff, E. Bartel et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » 5 me Année. — 1894 3 X WP. GAND IMPRIMERIE EUG. VANDER HAEGHEN, RUE DES CHAMPS MDCCCXCIV s SiiAMAA^MMMMMMMMMMM4MM4MlM4âè^iâi;^^ SSSSS5S5 H5SS S5SSSS3SBSBS ^diirjùP^ I 5- année. 16 MARS 1894 Numéro 97. LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE RÉDIGÉ ET PUBLIÉ PAR LUCIEN LIIMDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, D r G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, Ch. Van Wambeke, A. Bleu, D r Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, Comte de Bousies, J. Nôtzli, Cahuzac, D r Capart, James O'Brien, G. Mantin, J. du Trieu de Terdonck,0. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Truffaut, D. Treyeran, G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, A. Ducos, A. Dallière, PaulOtlet, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Ch. de Bosschere, A. Hubert, A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, F. délia Porta, G. Diretti,A. vandenHesde, Siesmayer,A. Wincqz, G.Kittel, Baron de Meylhand, et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de PAbonnement : 10 francs par an POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 1 er et le 1C> cle chaque mois OIV S'ABOMNE AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Dépositaire pour la France : M. O. DOIN, Éditeur, 8, Place de l'Odéon, PARIS. Garni, iiupr. Bug. Vaiiderhaeghen. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES > «»♦— < Les annonces paraissant à la fois clans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. 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SOMMAIRE DU 97 me NUMERO : Pages Causerie sur les Orchidées. — LXIV 5 Revue des Orchidées nouvelles ou peu connues . 7 Travaux du Printemps 10 L'habitat des Orchidées 12 Pages Le Cymbidium eburneum 15 Culture des Orchidées devant les fenêtres ... 16 Miscellanées 17 Petites nouvelles et petite correspondance ... 18 L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ: ANONYME) PARC LÉOPOLD. — BRUXELLES EXPOSITION PERMANENTE DES PLUS BEAUX PRODUITS DE LÀ FLORE TROPICALE (TRANSFORMATION DES JARDINS D'HIVER ET DES GALERIES) OUVERTE TOUS LES JOURS (Le Dimanche matin seulement) de 8 heures du matin à 6 heures de relevée Orchidées, Plantes Nouvelles, Palmiers, Plantes fleuries, Plantes ornementales, etc. E 2sT T IR, ZÉ IE LIBRE Les grandes importations d'Orchidées de « L'Horticul- ture Internationale » vont, à partir de la fin-Mars, se succéder de semaine en semaine. DEMANDER LES LISTES D'IMPORTATIONS. 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Nôtzli, Cahuzac, D>" Capart, James O'Brien, G. Mantin, J. du Trieu de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Truffaut, D. Treyeran, G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, A. Ducos, A. Dallière, Paul Otlet, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Ch.de Bosschere, A. Hubert. A. de la Devansaye,Fl. Claes, de Meulenaere, F. della Porta, G. Diretti, A. van den Heede, Siesmayer, A. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. >> 5 me ANNEE GAND IMPRIMERIE EUG. V ANDERH AEGHEN RUE DES CHAMPS 1S94 l6 MARS 1894 CAUSERIE SUR LES ORCHIDÉES LXIV. — Les cinquante Meetings de « L'Orchidéenne » La Société L'Orchidéenne a décidé de célébrer le 1 1 mars par une fête spéciale son cinquantième Meeting. A l'heure où paraîtra ce journal, la fête aura eu lieu, et nous pourrions presque en donner le compte-rendu, si nous ne devions paraître exactement à date fixe. Il me paraît utile, à cette occasion, de rappeler le passé de la florissante société bruxelloise et de montrer par son œuvre son utilité. C'est le 14 octobre 1888 qu'eut lieu le premier Meeting de L'Orchidéenne. Quatre-vingts plantes étaient exposées; parmi les exposants, au nombre de quatorze, nous remarquons les noms de MM. Comte de Bousies, Massange de Louvrex, Kegeljan, O'Brien, Miteau, qui font toujours partie de la Société, et plusieurs autres, aujourd'hui malheureusement disparus, ceux de MM. J. Moens, chevalier Modigliani, M me Gibez, M me Block. Depuis cette époque, quarante-huit autres Meetings ont eu lieu, les exposi- tions mensuelles étant suspendues pendant les mois de juillet et d'août, où la plupart des exposants et des membres du jury sont en villégiature loin de Bruxelles. Le nombre des Orchidées exposées pendant cette période s'élève à 3,292, un joli chiffre, comme on voit; la moyenne est donc de 67 plantes pour chaque Meeting. Elle serait plus forte sans le 38 e Meeting, qui vient l'abaisser consi- dérablement; sept plantes seulement y furent exposées; il est vrai que ce Meeting se tenait en septembre; la chasse fit du tort aux Orchidées. Le nombre des exposants qui ont participé aux divers meetings est de 66. Parmi eux figurent un certain nombre d'étrangers, MM. Broome, Owen et O'Brien, d'Angleterre, MM. Cahuzac, de la Devansaye, Treyeran, Dalle- magne, Bleu, Bergman, Finet, D r Carnus, Garden, Otto Ballif, et la regrettée M me Gibez, de France; M. Gruson, d'Allemagne; le prince Mest- chersky, de Russie, MM. de Lansberge et baron van Boetzelaer, des LE JOURNAL DES ORCHIDEES Pays-Bas. Nous remarquons aussi parmi les exposants M. Henry Kntght, directeur des parcs et jardins royaux, à Laeken. On voit que la Société a un passé très brillant, et l'avenir s'annonce comme non moins favorable. Le dernier Meeting, le 49 me , a été celui qui a réuni le plus grand nombre d'Orchidées depuis la fondation : cent quarante. La très grande utilité de ces expositions n'a guère besoin, croyons-nous, d'être démontrée. Les amateurs y trouvent l'occasion de faire des comparaisons très instructives entre les divers procédés de culture; ils y trouvent aussi l'occa- sion de connaître et de juger les espèces, variétés ou hybrides qu'ils ne pos- sèdent pas encore dans leur collection. Un grand nombre de nouveautés ou d'espèces rares ont paru aux Meetings de L'Orchidéenne. Dès le premier, nous voyons figurer le Catasetum Bunge- rothi, l'une des plus précieuses introductions de ces dernières années, et une remarquable collection de rares Disa, Satyrium, Habenaria, Bonatea, etc., de M. James O'Brien. Dans la suite, on a pu admirer aux Meetings : le Miltonia X Bleuana, VOdontoglossum Wilckeanum albens, VAerides Augustianum, les Cattleya Warocqueana et C. Rex, le Cattleya Mossiae M. Raoul Warocqué, VOdon- toglossum crispum Warocqueae, VO. Harvengtense, VO. Impératrice de Russie, le Cypripedium x Madouxianum, le Lycaste x Imschootiana, le Maxillaria Lindeniae et le M. mirabilis, le Cypripedium Rothschildianum Lindeni, le Cattleya x Par- thenia, le Laelia Oweniae, VOdontoglossum crispum leopardinum, le W arscewiczella Lindeni, VOdontoglossum Pescaiorei Miteauanum, les beaux Vanda de M. de la Devansaye et tant d'autres variétés, une série de beaux hybrides, de Cypri- pedium surtout, et des spécimens de culture magnifique. C'est assurément un très grand avantage pour les amateurs de pouvoir se tenir ainsi au courant des découvertes récentes et d'avoir l'occasion de voir, une fois par mois, les Orchidées provenant d'autres collections. C'est un grand avantage aussi, pour le public non collectionneur, de pouvoir contempler ces plantes merveilleuses; et les expositions qui suivent les Meetings ne contribuent pas peu à propager le goût des Orchidées. La Société a trois présidents d'honneur, choisis de nationalités différentes. Ce sont actuellement : M. le Comte du Buysson, pour la France, Sir Trevor Lawrence, Président de la Société royale d'horticulture de Londres, pour l'Angleterre, et J. Linden pour la Belgique. La Société a compté également parmi ses présidents d'honneur feu M. le baron de Bleichrôder. L'Administration de la Société est confiée à un Comité directeur composé de l6 MARS 1894 7 MM. G. Warocqué, président; Lucien Linden, secrétaire, et du Trieu de Terdonck, trésorier. Les Meetings se tiennent dans le jardin d'hiver de L'Horticulture Inter- nationale, et les plantes sont ensuite exposées dans la grande galerie centrale. Il serait assurément difficile de trouver un local mieux approprié pour faire valoir les Orchidées, pour les exposer dans les conditions nécessaires pour leur bien-être, enfin pour recevoir la foule des visiteurs qui viennent chaque fois les admirer. Ch. Van Wambeke. REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES RENANTHERA COCCINEA Lour. — Cette remarquable et rare espèce était en fleurs récemment à L'Horticulture Internationale. Elle est connue depuis 1790, et a fleuri pour la première fois en Europe en 1827 ; mais elle se rencontre rarement, et n'est pas bien cultivée partout. Ses fleurs sont extrêmement gracieuses. Elles mesurent près de 9 centi- mètres de diamètre du sépale dorsal aux latéraux. Les pétales sont assez étroits, linéaires arrondis au sommet ; le sépale dorsal, plus large est à peu près semblable; ces organes sont d'un rouge vif tacheté de jaune. Les deux sépales latéraux, très larges, oblongs, sont plus du double de l'autre, et d'un rouge vermillon foncé. * * ODONTOGLOSSUM x HARVENGTENSE L. Lind. — Magnifique forme nouvelle qui a été exposée par M. le comte de Bousies, le grand amateur Montois, au Meeting de février dernier de L'Orchidéenne. La plante portait une superbe grappe bien fournie. Les fleurs rappellent beaucoup celles de VO. x excellens var. Dellense, de M. le baron Schrôder, qui a été figuré récem- ment dans la Lindenia; toutefois l'origine des deux plantes n'est pas la même, car celle de M. le comte de Bousies provient du croisement O. crispum x 0. sceptrum. Cette dernière a d'ailleurs un coloris beaucoup plus clair. Les pétales et sépales sont très larges, d'un jaune clair avec une bande presque blanche à la base des pétales, et de larges points rougeâtres disposés au centre, LE JOURNAL DES ORCHIDEES et plus nombreux sur les sépales. Le labelle est blanc et porte également plusieurs assez grandes macules rougeâtres vers son centre. * * * CYPRIPEDIUM x ADRASTUS Hort. Cet hybride, produit par MM. Veitch, a obtenu un Certificat de i re classe au meeting de Londres du 16 janvier. Il est issu du C. X Leeannm 9 et du C. Boxalli o\ La fleur tient beaucoup du premier par son sépale dorsal, et du second dans tout le reste. Les pétales, d'une belle largeur, et le labelle paraissent à peu près identiques aux organes correspondants du C. Boxalli, à en juger par la gravure que publie le Journal of Horticulture. Le pavillon est blanc, avec une aire verte à sa base, et porte sur presque toute sa surface de gros points brun pourpré assez nombreux. Joum. of Hort., 8 février, p. 103. * CYPRIPEDIUM x IRIS (issu du C. x javanico-superbiens et du C. ciliolare). — Fleurs de grande taille, et supportées par une tige florale très longue; pavillon ample, pointu au sommet et à peu près triangulaire, rappelant beau- coup celui du C. superbiens, mais avec les stries longitudinales plus foncées, et une bordure lavée de pourpre brunâtre ; pétales larges, ayant à peu près le même coloris. Hybride obtenu par M. Bleu, de Paris, et exposé par lui au meeting de février de L'Orchidéenne, où il a obtenu un Certificat de mérite de i re classe. * * CYPRIPEDIUM x AMETHYSTINUM (issu du C. Hookerae et du C. X bar- bato-V eitchianum). — Hybride très curieux et fort intéressant, qu'on pourrait à peu près définir comme un C. Hookerae de grande taille passé entièrement au vernis rouge vineux très vif. Le sabot a une couleur acajou vineux très vif, les pétales portent un abondant pointillé recouvert par la même nuance que les autres organes. Le pavillon est d'un coloris un peu plus clair, avec la base nuancée de vert. Cet hybride a été également produit par M. Bleu. * * * DENDROBIUM WARDIANUM VAR. LINDENIAE. — Cette superbe variété a été exposée au meeting du 1 1 février de L'Orchidéenne, et y a obtenu un Diplôme d'honneur de i re classe à l'unanimité. Elle a les sépales et pétales l6 MARS 1^94 g très amples, entièrement blancs; le labelle porte à la base une large macule jaune, et est blanc pour le reste. C'est la première fois que nous avons l'occasion de rencontrer une forme albinos dans cette espèce. Une variété exposée au même meeting de L'Orchi- déenne était déjà remarquable par ce fait que les pétales et sépales étaient complètement blancs; mais la macule jaune du labelle était relevée, comme à l'ordinaire, de deux taches brun pourpré. La coïncidence mérite cependant d'être signalée. * * * PHALAENOPSIS SCHILLERIANA VAR. PURPUREA O'Br. — Cette magnifique forme, écrit M. O'Brien, fut décrite par le collecteur de Mess. Low comme étant bleue, mais dans les cultures elle n'a montré, en fait de coloris de ce genre, que la teinte nettement pourpre qui recouvre le rose des meilleures formes du type. La colonne également est d'une couleur pourpre clair, et la fleur tout entière, d'un coloris unique, est remarquable comme forme et comme substance. Gard. Chrun., 3 mars, p. 266. Max Garnier. CYMBIDIUM x ARMAINVILLIENSE (Hybr. hort.). — M. Leroy, le sympathique directeur des jardins de M. le baron Ed. de Rothschild, nous a fait admirer la floraison d'un semis de ce nouvel hybride, obtenu par M. Benoit Jacob, chef des cultures de la collection d'Orchidées d'Armainvilliers (Seine et Marne). Ce superbe hybride est issu du Cymbidium eburneum fécondé par le C. Lowia- num ; les hampes florales pluriflores et retombantes ont tout à fait le port de celles du C. Lowiannm, mais les fleurons ressemblent à ceux d'une bonne variété de C. eburneum avec un labelle bien développé et magnifiquement maculé de pourpre à l'extrémité. Ce nouveau gain, qui a déjà commencé à fleurir la quatrième année après la germination des graines, est une excellente acquisition, qui doit compter au nombre des plus beaux métis obtenus jusqu'à ce jour. En outre, la longue durée de sa floraison en fait une Orchidée remarquable et d'une mérite excep- tionnel, 0. Ballif, IO LE JOURNAL DES ORCHIDEES TRAVAUX DU PRINTEMPS Le mois de mars est l'un de ceux qui causent le plus de soucis au cultiva- teur d'Orchidées et donnent le plus de travail au jardinier. L'écart souvent considérable qui se produit entre la température du jour et celle de la nuit nécessite une surveillance constante. Les gelées nocturnes sont encore fréquentes ce mois-ci, et d'autre part le soleil est déjà très chaud quand le ciel est clair. Le chauffage doit donc être activé vers la fin de la journée, et très modéré le matin. Dans les serres froides, on pourra même fermer complètement les vannes. Les abris des serres doivent être mis en place toutes les fois que le soleil brille, depuis 10 ou n heures jusqu'à 3 '/ a ou 4. Le jardinier ne doit pas économiser sa peine pour ombrer et désombrer selon que le soleil se cache ou apparaît. Une demi-heure suffit parfois pour brûler les feuilles et gâter complètement l'aspect des plantes. La ventilation a aussi une certaine importance dès la saison actuelle; l'air frais et pur est très propice à la végétation des Orchidées, qui viennent d'en être privées pendant assez longtemps. Aussi doit-on aérer toutes les fois que l'air extérieur est assez chaud; il faut pour cela une température de io° environ pour les serres froides, de 14 pour la serre tempérée; quant à la serre chaude, il serait encore imprudent de vouloir l'aérer. Les arrosages vont recommencer maintenant avec une grande activité. Pour les Orchidées de serre froide, Odontoglossum, Masdevallia et Cochlioda, qui sont pour la plupart en pleine végétation depuis plusieurs semaines, on ne fera que continuer le même traitement. Les plantes qui viennent de fleurir seront tenues sèches pendant deux ou trois semaines, puis rempotées ou surfacées si le besoin s'en fait sentir. Les plantes qui sont en fleurs doivent recevoir moins d'eau que les autres, et être tenues dans une atmosphère un peu sèche, ce qui prolonge la durée de la floraison. En dehors de ce cas particulier, la serre froide doit être entretenue continuellement humide, et l'on doit verser beaucoup d'eau sur les tablettes, entre les pots et dans les sentiers. i6 MARS iSg4 il Les Coelogyne cristata, qui terminent leur floraison, seront tenus un peu secs pendant quelques semaines encore. Dans la serre tempérée, les Cattleya qui ont fini de fleurir doivent être remis peu à peu en végétation, par des arrosages de plus en plus abondants. Quant à ceux qui vont fleurir dans un mois, comme les C. Mendeli, C. Mossiae, etc., on les arrosera avec beaucoup de prudence. Un peu de sécheresse favorise la floraison. En leur donnant trop d'eau, on risquerait de faire développer une pousse, et la floraison serait alors plus maigre. Enfin les Cattleya qui ont fleuri à l'automne dernier, C. Warocqueana et Holfordi, devront être bien arrosés. Les Odontoglossum vexillarium et quelques autres Orchidées de serre tem- pérée-froide, qui doivent fleurir prochainement, doivent être aérés autant que possible et tenus près du vitrage. L'O. vexillarium demande beaucoup de lumière et devra profiter du soleil tant que celui-ci ne sera pas brûlant. Dans la serre chaude, on peut rempoter ou surfacer tous les Vanda, Aerides, Saccolabium et Angraecum qui ont fleuri. Les Angraecum sesquipedale, notamment, sont dans ce cas. On peut également rempoter ou surfacer dans la présente quinzaine; les Cypripedium, qui recevront ensuite des arrosages abondants; les Dendrobium dont le pot serait devenu trop petit; les Cymbidium, Maxillaria et Lycaste dont la floraison est finie; les Anguloa, dont les jeunes pousses commencent à se montrer; les Phalaenopsis, qui sont en pleine végétation, etc., etc. En même temps que l'on rempote, on doit laver les feuilles des plantes et s'assurer que leur compost ne renferme pas d'insectes. Les plantes suspendues près du vitrage ne doivent pas être placées trop haut; il faut que le jardinier puisse facilement les décrocher et les prendre en main; les Orchidées ainsi exposées à la lumière sont d'ailleurs sujettes à sécher plus vite que les autres; le meilleur procédé pour les arroser consiste à décrocher le panier et à le plonger dans un seau d'eau de pluie. L'air se dégage du compost en bulles qui s'échappent à la surface de l'eau; lorsqu'il ne s'en forme plus, on peut retirer le panier de l'eau. Quant à la préparation du compost, rappelons que le sphagnum et la terre fibreuse ne doivent pas être hachés sur du bois mou, susceptible de s'émietter et de se mélanger au compost. La présence de ces débris pourrait faire pourrir le compost. Les nouveaux pots choisis ne doivent pas être beaucoup plus grands que les LE JOURNAL DES ORCHIDEES précédents. Dans un pot trop grand, les racines risquent de manquer d'air. Les Cypripedium font cependant exception à ce point de vue, ainsi que les Orchidées terrestres, qui ne craignent pas d'être baignées et un peu noyées dans l'humidité. L. L. l'habitat des orchidées Le Rodriguezia secunda Cette charmante Orchidée, qui est répandue sur une aire très vaste de l'Amérique tropicale, est particulièrement abondante autour de Para. On la trouve en fleurs à tous les mois de l'année, peu abondante de juillet à novembre, mais par centaines de fleurs aux environs de Noël. Parfois un vieil oranger ou un Guava est tellement couvert de ces plantes qu'il semble une masse colorée. Les plantes croissent ordinairement isolées ou en petits massifs le long des branches, ou s'accrochent au tronc, mais souvent elles se détachent partiellement, principalement sur le Guava, arbre qui se dépouille de son écorce tous les ans, et elles pendent en l'air, suspendues par quelques racines sem- blables à des cordelettes. Dans ce climat humide, ces conditions ne l'em- pêchent pas de fleurir abondamment, et ces masses pendantes ont souvent plus de fleurs que de feuilles. Nous ne connaissons pas d'Orchidée qui donne plus de fleurs en proportion de sa taille, sauf peut-être le charmant petit Oncidium iridifolium. Une petite plante de ce Rodriguezia, n'ayant que quelques feuilles, produira 4 ou 5 racèmes de fleurs. Parfois, lorsqu'elle est bien établie dans le creux d'un arbre, la plante atteint un fort volume, mais c'est plutôt un assemblage de plantes; nous avons vu des touffes ayant au moins 60 centimètres de diamètre, formant un massif d'un riche coloris. Et ce n'est pas seulement quand elle est en fleurs que la plante est ornementale. Chaque fleur paraît produire une capsule de graines, et lorsque les graines mûrissent et se gonflent, la capsule s'ouvre le long des côtes, et se montre entièrement revêtue de graines blanches, de sorte que la plante semble être encore en fleurs. L'effet est superbe, mais il ne dure que peu de temps, car la première averse le détruit, ou une forte brise disperse bientôt les graines. Il va de soi que parmi les myriades de semis, il se présente une grande l6 MARS 1894 13 diversité de forme. Sur certaines plantes, le racème est long et les fleurs espacées lâchement; sur d'autres, il est court et serré; mais les plantes sont toujours disposées sur un seul côté de la tige. Nous avons trouvé parfois une tige florale légèrement ramifiée, mais cela se présente rarement. La variété des coloris est aussi très grande; alors que la majorité des plantes ont les fleurs d'un rose vif violacé, on en trouve d'une belle couleur vineuse et d'autres d'un rose très pâle; mais dans ces dernières le coloris a toujours un aspect fané, et l'effet n'en est pas gracieux. Étant donné ces grandes variations de coloris, nous avions pensé, il y a quelques années, en raisonnant par analogie, qu'il n'était nullement impossible qu'il existât une variété albinos ou à fleurs blanches. Nous avons interrogé beaucoup d'habitants à ce sujet, et un jour un vieillard nous a dit qu'il en avait vu une longtemps auparavant; mais la réponse que nous recevions d'ordinaire était que la fleur était toujours « Cor da Rosa » (couleur rose). Depuis ces dix dernières années, nous avons rarement vu une touffe de Rodriguezia sans examiner l'arbre pour chercher une variété à fleurs blanches. Nous avions été si souvent désappointés que nous avions presque désespéré du succès, lorsqu'un jour, il y a quelques semaines, nous avons rencontré l'objet de nos recherches. Une après midi de décembre, vers l'heure du coucher du soleil, nous nous promenions dans l'avenue de Crotons qui conduit à l'entrée principale de notre habitation. Les graines du Rodriguezia germent en quantité sur les branches et troncs de ces Crotons, les plantes y atteignent de grandes dimensions, et l'effet qu'elles produisent, au milieu du feuillage éclatant, est vraiment charmant. Près de la véranda, sur le tronc d'un grand Croton majesticum, nous aperçûmes une fleur blanche au milieu d'une petite touffe de Rodriguezia. En l'examinant, nous pûmes constater qu'elle était formée de six plantes, ayant leurs racines entremêlées; cinq avaient les fleurs roses, mais une était la variété blanche longtemps cherchée. La plante est petite, elle n'a que cinq feuilles et une tige florale, qui portait dix fleurs ou boutons. Quand nous l'avons vue pour la première fois, il y avait trois fleurs ouvertes, et leur coloris était légèrement nuancé de jaune, mais le lendemain elles devinrent blanches comme la neige. La plante elle-même ne peut être distinguée d'une forme à feuilles étroites de l'espèce, mais la tige florale est érigée et non pendante. Ce caractère peut toutefois se modifier quand la plante deviendra plus forte. Depuis que nous avons trouvé cette plante, nous avons examiné attentive- 14 LE JOURNAL DES ORCHIDEES ment tous les arbres et arbustes des environs, mais jusqu'ici nous n'avons pas trouvé d'autre exemplaire. Nous avons dit que le Rodriguezia est répandu sur une aire très vaste, et on le rencontre à une grande distance, sur le haut cours de l'Amazone, mais dans la région moyenne du fleuve nous ne l'avons jamais trouvé dans les bois, ni loin d'une habitation. Dans les plantations, partout où l'on rencontre un arbre Cuia (Calebasse) ou Crescentia Cujete, on est presque certain de trouver le Rodriguezia secunda. Les graines ont probablement suivi le cours du fleuve, et partout où il y a un arbre-calebasse, les plantations étant presque toujours au bord du fleuve ou d'un de ses bras, la graine trouve un asile propice. Le même arbre-calebasse est l'habitat favori de plusieurs Orchidées de petite taille, telles que Trichocentrum albo-purpureuui, Ionopsis paniculata et /. Burchelli, et divers Oncidium et Epidendrum miniatures. Le Rodriguezia du Rio Negro, du Rio Purus et des rivières de la région située plus en amont, est beaucoup plus beau que celui du Delta de l'Amazone. Il est généralement beaucoup plus grand, quoique les pseudobulbes aient la même forme; ses fleurs sont plus grandes, plus coriaces et d'un vert plus foncé ; la tige florale est très longue et densément couverte de fleurs qui sont d'un riche coloris couleur de vin foncée. Une plante qui est sous nos yeux au moment où nous écrivons, et qui n'a que cinq longues feuilles, porte six grappes chargées de fleurs. Nous sommes portés à le considérer comme une simple forme du R. secunda, car les fleurs sont nettement disposées d'un seul côté de la tige, et nous n'avons jamais vu une plante qui ne présentât pas ce caractère. Au premier abord, nous inclinions à penser que cette plante était le R. Bungerothi, qui pourrait parfaitement s'étendre du Venezuela aux rivières du bassin supérieur du Brésil, mais elle ne concorde pas avec la description publiée en même temps que la planche de cette espèce dans le 3 me volume de la Lindenia. Néanmoins, elle diffère tant du R. secunda qu'elle pourrait bien être une espèce nouvelle. C'est certainement le plus beau de tous les Rodri- guezia à fleurs rouges. Nous avons préféré désigner cette Orchidée sous le nom de Rodriguezia secunda plutôt que sous celui de Burlingtonia rosea, nous souvenant de la mésaventure d'un amateur orchidophile de Para, qui avait envoyé collecter à Rio de Janeiro des Burlingtonia rosea, et avait reçu un envoi de plantes de l'Orchidée dont il avait des centaines sur les orangers à sa porte. Para, 4 janvier 1894. Ed. S. RAND. 16 MARS 1894 15 LE CYMBIDIUM EBURNEUM Cette superbe Orchidée est l'une des espèces les plus recommandables pour la grande culture. La grandeur de ses fleurs et l'élégance de leur coloris la placent au premier rang du genre auquel elle appartient. Les fleurs blanches sont toujours recherchées; en outre, l'époque à laquelle celles-ci se produisent les rend plus précieuses encore. Le Cymbidium ebumeum est une plante semi-terrestre, originaire des régions basses de l'Himalaya, au Nord de l'Inde, où il fut découvert par Griffith et envoyé au grand établissement de MM. Loddiges. Il fleurit pour la première fois en Europe en 1847. Pendant un grand nombre d'années, il resta très rare et coté à des prix très élevés, car il était très recherché des amateurs. Cette rareté pouvait provenir de deux causes : ou bien les plantes étaient expédiées dans de mauvaises conditions, mal emballées, et périssaient en grand nombre pendant le voyage ; ou bien elles étaient mal cultivées et mouraient dans les serres. Cette dernière hypothèse est particulièrement pro- bable, car beaucoup de cultivateurs, sachant que cette espèce provenait de l'Asie tropicale, devaient se croire obligés de lui donner une température très élevée. Depuis une quinzaine d'années, quelques importations ont répandu davan- tage le C. ebumeum dans les collections européennes. J'en ai vu notamment une excellente importation, il y a quelques mois dans les serres de L'Horti- culture Internationale. Quant à la culture, elle a fait aussi d'énormes progrès, et le C. ebumeum est aujourd'hui cultivé dans les serres aussi facilement, avec autant de succès que n'importe lequel de ses congénères. Il prospère parfaitement dans une serre tempérée, à la même température que les Cattleya. Le compost doit être formé de sphagnum et de terre fibreuse, avec une légère prédominance de cette dernière matière, et être enrichi par une addition modérée d'engrais une ou deux fois dans le cours de la saison de végétation. Le récipient doit être assez grand, car les Cymbidium demandent une l6 LE JOURNAL DES ORCHIDEES abondante humidité aux racines, et parce que leur croissance est rapide. Le pot doit être changé au moins une fois tous les deux ans, et on le trouve alors entièrement rempli de racines charnues. Les deux points importants à signaler dans la culture de cette belle Orchidée sont les suivants : Ne jamais laisser les plantes sécher complètement, même pendant l'hiver, et ne leur donner qu'un repos assez modéré; et ne pas les soumettre à une température trop élevée. On peut même les transporter pendant l'été dans la serre aux Odontoglossum, en leur réservant un coin qui sera seulement moins aéré que le reste. Dans ces conditions, on obtiendra une floraison abondante pendant les mois de février et mars. Chaque tige en général ne porte qu'une fleur; néan- moins j'en ai vu plusieurs biflores, ce qui aurait passé autrefois pour sur- prenant, et prouve en tous cas que cette espèce est arrivée à une vigueur très satisfaisante dans les cultures. G. Rivois. CULTURE DES ORCHIDÉES DEVANT LES FENÊTRES Les Orchidées s'adaptent tout particulièrement à l'ornementation des ap- partements. Elles ont pour cela des qualités tout à fait précieuses; leur taille généralement modeste, la propreté du compost, leur peu d'exigence, la durée de leurs fleurs; elles n'ont qu'un seul défaut, c'est de réclamer une atmosphère humide. Il est facile de leur procurer cette humidité en les cultivant dans de petites serres de la grandeur des fenêtres, et où on peut leur donner tous les soins voulus. Ces serres sont placées, par exemple, sur un pied à roulettes, permet- tant de les ranger devant la fenêtre tout en conservant la possibilité d'ouvrir ou de fermer celle-ci à volonté. Ou mieux encore, on peut installer ces petites serres à la place de fenêtres, soit en saillie sur la façade de la maison, en dehors de l'appartement, soit en dedans. On les chauffe soit au gaz, soit à l'huile ou à l'esprit de vin. Rien n'est plus gracieux que ces petites installations, peu coûteuses et très faciles à réaliser. Rien n'est plus attrayant pour les jeunes filles ou les jeunes garçons, ou même pour les parents, que de donner aux Orchidées les petits l6 MARS 1894 17 soins qu'elles demandent, de les voir grandir et produire leur floraison, dont la durée et l'éclat compensent amplement ces peines. Un grand nombre d'es- pèces se prêtent admirablement à cette utilisation, qui n'est pas connue, semble-t-il, en Belgique ni en France. Afin de montrer par l'exemple le merveilleux parti qu'on peut en tirer, j'ai décidé de faire aménager une installation de ce genre à l'établissement de L'Horticulture Internationale, où tous les visiteurs peuvent dès main- tenant venir s'en rendre compte. Je donnerai, dans un article ultérieur, des renseignements détaillés sur les espèces qui peuvent se cultiver de cette façon, et le prix total de l'installation de ces petites serres; j'en ferai un devis complet qui, je crois, surprendra beaucoup de personnes par sa modicité. L/. L/. MISCELLANEES LA VANILLE A LA RÉUNION. — Le Ministère anglais des Affaires étrangères a publié récemment un rapport consulaire concernant l'île de la Réunion, et contenant les intéressants renseignements ci-après : La Réunion est le pays qui produit le plus de Vanille, en ayant exporté en 1892 près de 96 tonnes, estimées à 2,880,000 francs. Sa qualité est très appréciée en Europe, celle du Mexique seule atteint un prix plus élevé. La vanille de Seychelles est reconnue comme bien inférieure. La vanille est exportée principalement par les bateaux des Messageries maritimes vers Marseille et Le Havre, et le fret est de près de 250 francs par tonne. La plus grande partie est dirigée sur le marché français, à Paris, Bordeaux et Nantes; mais une quantité notable va à Hambourg pour la consommation de l'Allemagne, de l'Autriche, du Danemark et de la Norvège. Le marché de Londres est fourni principalement par les Seychelles et Maurice, et reçoit très peu de vanille de la Réunion, même par l'intermédiaire de la France. Cette gracieuse plante grimpante, entourant de sa tige enroulée, analogue à un serpent, le tronc de l'arbre qui la supporte, croît dans des endroits ombragés au-dessous des arbres dans tous les terrains, entretenus bien LE JOURNAL DES ORCHIDEES humides par les pluies, et elle a l'avantage de pousser dans des endroits qui ne sauraient être employés à autre chose, par exemple dans une forêt de Filaos (Casuarina equisetifolia). Il existe probablement peu d'autres substances qui aient subi des variations aussi surprenantes comme valeur marchande; son prix va de 300 francs à 30 francs le kilo. La gousse de vanille perd à peu près les trois quarts de son poids pendant la préparation. On la plonge dans l'eau bouillante ou on la chauffe dans des fours; on l'expose ensuite au soleil, en la couvrant avec soin, pour éviter qu'elle soit trop chauffée, puis on la fait sécher à couvert, en veillant à éviter la moindre trace d'humidité. Au bout de trois mois de traite- ment, on trie la vanille d'après la longueur et la qualité, et enfin on l'emballe pour l'exportation dans de petites boîtes de fer blanc. Max Garnier. PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE A LA DEMANDE d'un grand nombre d'abonnés les petites nouvelles et petite correspondance paraîtront, à partir de ce I er numéro du V e volume, à la fin du texte même du journal et non plus sur la couverture. Cela facilitera l'ouvrage du relieur à la fin du volume. G. D., à B. — ■ Nous avons bien reçu vos fleurs de Dendrobium. Toutes trois sont de bonnes variétés. Le D. Wardianum nommé dans votre lettre giganteum n'est pas très rare ; les deux autres le sont davantage. Le D. Wardianum à pétales et sépales blancs, avec le labelle maculé de jaune orangé à la base et portant deux taches brunes des deux côtés de la gorge, est une forme très gracieuse, quoique la Heur soit un peu petite. Le D. nobile à pétales et sépales blancs et à labelle maculé de pourpre violacé, est également très intéressant. Pour vous débarrasser des insectes, ne pourriez- vous pas disposer des côtes de tabac sur les tuyaux de chauffage, comme le Journal des Orchidées l'a préconisé à plusieurs reprises? A défaut de ce procédé, nous vous conseillerions de laver les feuilles de temps en temps avec une solution de nicotine étendue d'eau. Nous avons reçu la lettre suivante : Monsieur, Différentes fois dans le Journal des Orchidées, vous avez invité vos abonnés à vous communiquer leurs observations personnelles sur la culture des Orchidées. Voici dix ans que je pratique cette culture et pour ma part je ne puis que confirmer l'excellence de votre méthode. Depuis que je l'ai adoptée, j'ai obtenu de véritables résurrections. Des plantes languissantes ou presque mourantes dans le ci-devant classique mélange de sphagnum et de terre de polypode simplement cassée en l6 MARS 1894 19 morceaux, ont repris aussitôt après le premier rempotage une vigueur étonnante, qui depuis ne s'est pas altérée. Je ne saurais donc trop recom- mander à tous les cultivateurs d'Orchidées qui ont souci de la santé de leurs plantes, de n'em- ployer que du sphagnum bien nettoyé de toute impureté, lavé plusieurs fois dans l'eau pure, de façon à lui enlever toute odeur de marécage. De même, et plus encore, la terre de polypode doit être débarrassée avec soin de tout corps étranger à la fibre. Après l'avoir cardée à la main, ainsi que le font les gens de la campagne pour la laine qu'ils veulent filer, je la mets dans un tamis et après avoir agité celui-ci, je ne prends que ce que l'on peut enlever à la main pour laver encore soigneusement ces fibres à grande eau. Ce n'est qu'après ces opérations que les fibres de polypode et le sphagnum sont hachés et mélangés aussi intimement que possible pour former le compost. Je n'ajoute au compost ni charbon, ni tessons, ni corps étrangers quelconques ; un bon drainage au fond du pot suffit. Cette méthode est minutieuse et longue , mais combien la peine et le temps qu'elle exige sont compensés par la sécurité où l'on est de la santé des plantes, sans compter la durée double ou triple du compost ! C'est ce com- post poreux et bien aéré , où aucune humidité stagnante ne se fait sentir, qui vous permet, à L'Horticulture Internationale , d'arroser abondamment, non seulement sans crainte, mais avec avantage, pendant la période de végétation, et suffisamment pendant l'hiver et la période de repos, pour ne pas être dans la nécessité, sous peine de faire pourrir les racines et même les plantes, de laisser rider jusqu'à siccité presque complète , les bulbes dont la végétation est ensuite si longue à se rétablir. Au sujet des engrais, chimiques ou autres, j'adopte également votre manière de voir. La méthode belge de culture donne en effet une végétation aussi belle que possible. A mon avis il faut prescrire sévèrement tout ce qui peut pro- voquer la fermentation du compost ; et s'il y a un progrès à réaliser c'est du côté de l'incorruptibilité du compost qu'il faut le chercher. Ainsi je me demande s'il n'y aurait pas avantage, au point de vue de la durée du compost, à remplacer les fibres de polypode par le crin animal et le sphagnum par la ouate hydrophile. C'est ce que je me propose d'essayer ce printemps. Si vous pensez que ma lettre puisse intéresser vos lecteurs, vous pouvez, Monsieur, la publier. Veuillez recevoir, Monsieur, l'expression de mes sentiments de considération bien distinguée. D>" DESSOIS. E. J. — Vous pouvez parfaitement agrandir le bloc de votre Cattleya citrina, en clouant deux petites lattes par derrière et en y fixant une planche qui formera un prolongement du bloc. Il est difficile de dire, sans savoir les condi- tions dans lespuelles une plante a été cultivée, à quoi doit être attribué l'avortement des fleurs. Peut-être votre serre était-elle trop chaude ou trop froide ; ce sont les deux cas les plus fréquents. Peut-être aussi l'air a-t-il été vicié. A. W. — Le surfaçage a pour but de fournir aux plantes un compost frais et vivant en rempla- cement de celui qui ne se trouve plus dans ces conditions. Il arrive parfaitement que la surface seule du compost soit gâtée, alors que le reste est encore en bon état; on surface aussi les plantes que l'on ne veut pas rempoter de crainte de les déranger. On opère le surfaçage surtout à deux époques de l'année; au printemps, pour renouveler la couche supérieure de compost desséchée par le repos, et à l'automne, parce que les arrosages abondants de l'été peuvent avoir déposé des conferves à la surface. EXPOSITION UNIVERSELLE D'ANVERS. — Nous recevons le programme très volumineux des expositions d'horticulture qui seront organi- sées cette année à l'occasion de l'Exposition uni- verselle d'Anvers. Nous en extrayons la partie concernant les Orchidées. 89 e Concours. — Collection générale d'Orchi- dées exotiques en fleurs. — i r Prix, médaille d'or, offerte par S. M. la Reine ; 2 e prix, médaille d'or de 200 francs. 90 e Concours. — Collection la plus nombreuse d'espèces d'Orchidées exotiques en fleurs. — i r Prix, médaille d'or de 200 francs, offerte par M. Henri Vanderlinden, trésorier de la So- ciété royale d'Horticulture et d'Agriculture d'An- vers ; 2 e prix, médaille d'or de 100 francs. 91 e Concours. — Collection de 25 espèces et variétés d'Orchidées exotiques de serre froide. — i r Prix, médaille d'or de 100 francs ; 2 e prix, médaille de vermeil encadrée. 92 e Concours. — Collection de 50 Orchidées exotiques en fleurs. — i r Prix, médaille d'or de 200 francs; 2 e prix, médaille d'or de 100 francs. 93 e Concours. — Collection de 25 Orchidées exotiques en fleurs. — i r Prix, médaille d'or de 100 francs; 2 e prix, médaille de vermeil encadrée. 94 e Concours. — Collection de 12 Orchidées exotiques en fleurs en grands exemplaires. — i r Prix, médaille d'or de 100 francs: 2 e prix, médaille de vermeil encadrée. 95e Concours. — Collection de 25 Cattleya et Laelia, en fleurs. — l r Prix, médaille d'or de 100 francs ; 2 e prix, médaille de vermeil encadrée. 96e Concours. — Collection de 15 Vanda, Aerides, Angraecum, Saccolabium,etc, en fleurs. — i r Prix, médaille d'or de 100 francs; 2 e prix, médaille de vermeil encadrée. 97 e Concours. — Collection de 10 Dendrobium, en fleurs. — i r Prix, médaille de vermeil enca- drée; 2 e prix, médaille de vermeil. q8 e Concours. — Collection de 20 Odonto- 20 LE JOURNAL DES ORCHIDEES glossum, en fleurs. — i r Prix, médaille de vermeil encadrée ; 2 e prix, médaille de vermeil. 99 e Concours. — Collection de 15 Masdevallia, en fleurs. — ir Prix, médaille de vermeil enca- drée; 2 e prix, médaille de vermeil. 100 e Concours. — Le plus bel exemplaire d'Or- chidée en fleurs. — ir Prix, médaille de vermeil ; 2 e prix, médaille d'argent. 101 e Concours. — Collection de 40 espèces et variétés de Cypripedium en fleurs. — i r Prix, médaille d'or de 100 francs ; 2 e prix, médaille de vermeil encadrée. 102 e Concours. — Collection de 20 espèces et variétés de Cypripedium en fleurs. — i r Prix, médaille de vermeil encadrée ; 2 e prix, médaille de vermeil. 103 e Concours. — Collections de 12 Cypripe- dium hybrides nouveaux en fleurs. — l r Prix, médaille de vermeil encadrée ; 2 e prix, médaille de vermeil. 104 e Concours. — Orchidée la plus remar- quable, nouvellement obtenue de semis (Cypri- pedium excepté). — i 1 " Prix, médaille de vermeil encadrée; 2 e prix, médaille de vermeil. 105 e Concours. — Cypripedium le plus remar- quable, nouvellement obtenu de semis. — i r prix, médaille de vermeil ; 2 e prix, médaille d'argent. 106 e Concours. — Une Orchidée fleurie, d'un mérite exceptionnel. ■ — i r prix, médaille de ver- meil ; 2 e prix, médaille d'argent. 107 e Concours. — Collection d'Anoectochilus et genres voisins. — i r prix, médaille de vermeil encadrée; 2 e prix, médaille de vermeil. 108 e Concours. — Collection d'Orchidées de pleine terre, en fleurs. — i r prix, médaille de vermeil encadrée ; 2 e prix, médaille de vermeil. Ces concours auront lieu du 13 au 15 mai prochain. Les demandes d'admission doivent être adres- sées avant le 15 avril au commissaire du gouver- nement, section horticole, ou à M. Alphonse De Cock, président de cette section, rue Mon- tigny, 2, à Anvers. Les plantes seront reçues jusqu'au vendredi Il mai, à midi. De grandes facilités sont accordées pour le transport par les compagnies de chemins de fer. EXPOSITION UNIVERSELLE DE LYON EN 1894. — On nous communique la note suivante : On sait que, indépendamment de l'Exposition permanente qui sera très brillante, l'horticulture organisera , pendant la durée de l'Exposition universelle, six concours temporaires, d'une durée de sept jours chacun, où défileront, successivement, et suivant la saison, les plus beaux produits des jardins. Le premier de ces concours aura lieu du I er au 7 mai ; nous engageons les exposants qui désirent y prendre part à adresser sans délai leur demande, à M. Claret, concessionnaire général, Palais St-Pierre à Lyon. D'autre part, les i e r et 2 mai il y aura aussi un concours spécial d'appareils de chauffages pour serres. Les constructeurs de tous pays qui vou- dront concourir devront adresser leur demande, avant le I er avril, à l'Hôtel-de-Ville de Lyon. L. L. PÉPINIÈRES DE MONTAIGU (Belgique) Edouard MICHIELS chef des pépinières. Gustave MICHIELS architecte de jardins. Edmond MICHIELS Spécialité Graines de prairies, forêts, sapinières et autres. Arbres fruitiers pour vergers. — Pommiers, Poiriers, Pruniers, Cerisiers, hautes tiges, saines et vigoureuses, les meilleures variétés, depuis 1 fr. 50 à 2 francs. Baliveaux, de l m 50 à 2 m. hauteur, à 1 fr.; — Autres jeunes Pommiers à 55 fr. le 100. — Arbres fruitiers pour Jardins. Belles palmettes-pyramides, en variétés les plus méritantes, de fr. 1,25 à 2 fr. 50. 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La culture belge, dont l'excellence est aujourd'hui proclamée par les connaisseurs et cultivateurs les plus compétents des divers pays d'Europe, est définitivement fixée comme la mieux appropriée aux besoins des Orchidées. La vie de ces magnifiques végétaux à l'état naturel, leurs particularités physiologiques, leur beauté pitto- resque et infiniment variée, méritent d'attirer l'attention de beaucoup de personnes du monde qui ne connaissent des Orchidées que des légendes mystérieuses et confuses, et qui parfois n'osent pas en embellir leurs serres, faute d'être plus exactement renseignées. Il est nécessaire d'autre part, de fournir aux cultivateurs et amateurs, si nombreux aujourd'hui, une description des principales et des plus belles Orchidées cultivées, y compris les nouveautés introduites en très grand nombre dans ces dernières années. Nous avons entrepris cet ouvrage à la demande d'un grand nombre de personnes qui out bien voulu nous dire que nous étions particulièrement à même de combler ces lacunes, grâce aux observations et aux matériaux considérables que nous fournit la direction d'un des premiers établissements d'introduction du monde. Il est évident, en effet, qu'il faut cultiver, et cultiver en grand, pour pouvoir traiter de la culture, et qu'il faut disposer de collections étendues pour pouvoir parler des Orchidées et les décrire. C'est donc, à tous les points de vue, un livre d'expérience et de pratique que nous offrons au public, un o-uide de culture pour le jardinier et pour l'amateur désireux de surveiller lui-même les soins donnés à ses plantes, aussi bien qu'un ouvrage de bibliothèque pour le curieux de la nature et de ses beautés. Notre programme peut se résumer de la façon suivante : Les Orchidées au point de vue scientifique. — Notions de botanique organographique et systématique et de physiologie; bibliographie, etc. Les Orchidées au point de vue pratique. — Leur culture détaillée : rempotages, ventilation, ombrage, arrosements, etc. ; aménagement des serres, chauffage, etc. ; influence du climat, etc. ; parfum des Orchidée? ; l'hybridation des Orchidées ; les Orchidées à l'état naturel et les importations ; distribution géographique ; listes des genres, notes sur la culture spéciale de chaque genre et description des principales espèces; grande culture de rapport ; utilisations industrielles, etc. Les Orchidées au point de vue historique. — Histoire de l'importation et de la culture. Les Orchidées au point de vue mondain. — Parti qu'on peut tirer de la beauté des Orchidées ; la façon d'orner les serres et les appartements ; fleur coupée, bouquets, etc. ; collections d'amateurs. L'ouvrage, comprenant environ 800 pages d'un grand format, sera mis en vente PROCHAINEMENT, au prix de 25 FRANCS L'EXEMPLAIRE Les JARDINIERS qui souscriront à cet ouvrage pourront payer par versements éche- lonnés de 2 FRANCS PAR MOIS Cette faveur sera accordée aux JARDINIERS seulement. On s'inscrit chez l'auteur : 100, rue Belliard, à BRUXELLES. GRAINES POTAGÈRES, FOURRAGÈRES DE FLEURS ET D'ARBRES MAISON F. VAN CELST 24, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES Seul Premier Grand Prix — Médaille d'or — à l'Exposition nationale d'Horticulture de Bruxelles en 1880 pour la plus belle collection de légumes. Deux Premiers Prix — Médaille d'or — pour légumes et fleurs. Graminées pour prairies permanentes et artificielles SUCCÈS CERTAIN SUIVANT NATURE DU TERRAIN Spécialités de CHICORÉE WITLOOF et CHOU DE BRUXELLES ENVOI FRANCO DU CATALOGUE SUR DEMANDE .Jules HP a. g- ïst "y et C ie à SAVENTHEM (Belgique). 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I/Illiistratioii Horticole, en dehors de sa rédaction très complète (elle s'est assurée le concours des plumes les plus compétentes de l'Horticulture), em- pruntera aux journaux étrangers tous les articles intéressants, de façon à être une encyclopédie de ce qui paraît ailleurs en toutes les langues. Prix de l'Abonnement : 15 francs par an, pour toute l'union postale. \St FRANCS PAR AN (1 FRANC PAR MOIS) pour les jardiniers seulement Bureaux : ÎOO, rue Belliard, BRUXELLES. !«Éë> 5- année. I ' AVRIL 1894 Numéro 98. LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE :R, É ID I G- IÉ! ET PUBLIÉ PAR LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Van Imsehoot, Fr. Desbois, D r G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, Ch.Van Wambeke, A. 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PARC LÉOPOLD. — BRUXELLES EXPOSITION PERMANENTE DES PLUS BEAUX PRODUITS DE LA FLORE TROPICALE (TRANSFORMATION DES JARDINS D'HIVER ET DES GALERIES OUVERTE TOUS LES JOURS (Le Dimanche matin seulement) de 8 heures du matin à 6 heures de relevée Orchidées, Plantes Nouvelles, Palmiers, Plantes fleuries, Plantes ornementales, etc. EITTREE LIBRE A"VI8 IMMÏ^Oïfc.T-AJ^JT'» — Un grand nombre de nos clients nous ont signalé les OFFRES D'ORCHIDEES qu'ils reçoivent hebdomadairement des maisons anglaises et nous ont demandé de leur en adresser de pareilles pour pouvoir établir un point de comparaison. Nous répondons à ce désir en leur faisant toutefois remarquer qu'il n'y a aucune comparaison possible entre nos Orchidées cultivées et celles vendues en Angleterre. Nos prix s'entendent pour des plantes fortes, bien enracinées et de culture parfaite. Nous adresserons donc alternativement, toutes les semaines, nos OFFRES SPÉ- CIALES d'Orchidées établies, celles de nos Orchidées importées et celles de nos Orchidées d'occasion. Nous désignons par ORCHIDÉES O'OCCASIOW des plantes qui par suite de légers accidents (feuilles déchirées, brûlées, jaunies, etc.) auraient besoin de quelque temps de culture pour se refaire et pouvoir être vendues aux PRIX ORDINAIRES, ainsi que les importations, qui arrivées cependant en bon état, ne seraient pourtant pas dans des conditions assez Vielles pour pouvoir être vendues au même prix que les exemplaires que nous fournissons communément. Uios helles et nombreuses importations nous permettent d'être très sévères sur ce point, et de mettre en réforme une quantité de très bonnes plantes. Étant notre propre importateur, toutes nos plantes sont offertes de première main. I er AVRIL 1894 2 1 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES LXV. — Le toast de M. J. Linden, au 50 e Meeting de « L'Orchidéenne » Beaucoup de personnes nous ayant exprimé le désir de voir conservé le toast porté par M. J. Linden, au banquet du 11 mars en l'honneur du 50 e Meeting de L'Orchidéenne, nous croyons devoir en donner le texte ci-après, et nous regrettons de ne pouvoir publier également l'éloquent discours prononcé par M. le Comte de Bousies. Messieurs, L'improvisation d'un discours n'est plus de mon âge; j'ai 77 ans sonnés, dont dix années de campagne sous les tropiques, qui comptent double. En considération de cet âge, vous voudrez bien me permettre d'être bref en vous entretenant de mes premières relations avec nos favorites, les Orchi- dées, grâce auxquelles nous nous trouvons réunis ici en si grand nombre. Mais avant d'aller plus loin, permettez-moi de dire à M. le Comte de Bousies combien je suis touché et ému des paroles si bienveillantes et si flatteuses pour moi, que vous venez d'entendre. Je l'en remercie de tout cœur et je le prie d'accepter l'expression de ma plus vive gratitude. Je prie également les honorables membres de la Commission organisatrice de cette manifestation si sympathique et si bienveillante, ainsi que tous les honorables adhérents présents et absents, d'accepter tous mes remerciments pour l'insigne honneur qu'ils ont bien voulu me faire, ainsi qu'à mon fils Lucien, en nous offrant si gracieusement leurs photographies, ainsi que ce brillant déjeuner. Cette haute appréciation des services que nous avons pu rendre, chacun dans sa sphère, à la botanique, à l'horticulture, ainsi qu'aux amateurs d'Orchidées, est la plus précieuse comme la plus agréable récom- pense que nous puissions ambitionner. L'approbation de tant d'amateurs distin- gués a plus de valeur à mes yeux que les plus hautes distinctions honorifiques. LE JOURNAL DES ORCHIDEES Je continue en vous disant quelques mots de moi et comment je devins explorateur, objectif de mes rêves depuis mon enfance. J'étais élève de la Faculté des Sciences à l'Université de Bruxelles, dont je suis aujourd'hui un des derniers survivants des premières années de sa fondation, lorsqu'en sep- tembre 1835, le Gouvernement belge me chargea d'une mission scientifique dans l'Amérique du Sud, encore peu connue à cette époque, en m'adjoignant deux collègues, MM. Funck et Ghiesbreght. Nos préparatifs furent bientôt faits, et dès la fin de décembre de la même année, nous débarquâmes au Brésil, après une pénible traversée de trois mois, que l'on exécute actuellement en seize jours. Ce ne fut toutefois que dans la Cordillère des Andes Vénézuéliennes et Colombiennes que mes découvertes orchidéennes acquirent leur plus grande importance. Depuis Alexandre de Humboldt, qui ne signala que peu d'espèces d'Or- chidées, jusqu'à mon arrivée dans les Andes, les plus brillants représentants des genres Cattleya et Odontoglossum, ainsi que de bien d'autres espèces de grand mérite, étaient encore à découvrir. J'eus la bonne fortune d'arriver bon premier, mais je fus suivi de près par Hartweg, voyageant pour compte de la Société Royale d'horticulture de Londres. Nous nous rencontrâmes à Bogota, et ce fut pendant une excursion que nous fîmes ensemble, que nous découvrîmes, près de Pacho, V Odontoglossum crispum, qui a fait remuer des millions pendants ces dernières années. A l'époque de mes voyages, un certain nombre d'Orchidées, plus ou moins intéressantes, étaient déjà cultivées en Europe. Elles provenaient principale- ment des Grandes Indes, du Brésil et du Mexique et leur introduction était due au hasard plutôt qu'à des recherches sérieuses. Après le Brésil, j'explorai successivement l'île de Cuba, le Mexique, le Nord du Guatemala, la Jamaïque, le Venezuela et la Colombie. Les plus belles années de ma jeunesse se passèrent dans les solitudes et les forêts vierges, où, soit dit en passant, les vierges devaient être bien rares, car je n'en ai pas rencontré. En revanche, sans avoir été un don Juan, dont pourtant je portais le nom en espagnol, j'ai la conscience chargée d'un grand nombre d'enlève- ments de ces gracieuses filles de l'air, que je rencontrai à toutes les altitudes, jusqu'aux régions glacées voisines des neiges éternelles. Elles n'étaient point farouches et se laissèrent enlever sans résistance; mais une fois en ma pos- session, les difficultés commencèrent. Il fallut les faire descendre des hautes régions jusqu'au port d'embarquement par des chemins dont on ne peut se faire I er AVRIL 1894 23 une idée sans y avoir passé; puis, comme à cette époque aucun navire à vapeur n'avait encore traversé l'Océan, les pauvrettes durent effectuer le voyage de mer à fond de cale de mauvais voiliers, après avoir attendu, parfois pendant plus d'un mois, une occasion pour un port rapproché de leur destination. Entassées comme des harengs dans une tonne, la chaleur et la fermentation y firent des ravages terribles et peu d'entre elles arrivèrent vivantes. Aujourd'hui les communications rapides et fréquentes, ainsi que les départs à jour fixe des steamers, ont provoqué l'importation des Orchidées dans des proportions prodigieuses. Le nombre des amateurs suivit cette progression, et notre Meeting cinquantenaire, que nous célébrons en ce jour, en fournit la meilleure preuve. Plusieurs petites-filles de mes anciennes victimes figurent à ce Meeting et vous venez de leur tresser des couronnes pour la cinquantième fois, ce qui me fait espérer que vous aurez l'indulgence de me pardonner mes péchés de jeunesse. Je ne puis terminer sans vous parler de mon fils Lucien qui m'a puissam- ment secondé et que vous avez vu à l'œuvre, car il y a longtemps que je lui ai abandonné les rênes du Gouvernement, ne me réservant que la direction des voyages d'exploration, pour lesquels je conserve toujours mon ancienne ardeur, qui vivra, j'espère, aussi longtemps que moi. Il est plus doux, et il convient mieux à mes goûts, de ne pas connaître les désagréments, inévitables aujourd'hui, de la concurrence commerciale pour ne considérer que les conquêtes faites par la science sur le monde de l'inconnu, pour ne voir dans l'amour des plantes qu'une passion élevée et civilisatrice, ne mettant en œuvre que des sentiments nobles chez les hommes qui s'y livrent, et contribuant à les rapprocher. Quelle plus belle occasion pourrais-je trouver, que notre fête d'aujourd'hui, pour vanter l'aimable confraternité que le goût de l'horticulture fait naître entre ses adeptes? Je finis en élevant mon verre et en le vidant à la santé de L'Orchidéenne, de son Président, de la Commission organisatrice ainsi qu'aux exposants et à tous les adhérents, présents et absents, à cette charmante fête orchidéenne. ERRATUM. — Une erreur inexplicable s'est glissée dans ma dernière Causerie; j'ai omis de citer parmi les Présidents d'honneur de L'Orchidéenne l'honorable M. de Lansbekge, représentant des Pays-Bas dans la Société bruxelloise. Mes lecteurs auront relevé d'eux-mêmes cette omission bien involontaire. Ch. Van VV. 24 LE JOURNAL DES ORCHIDEES l'habitat des orchidées Les Phalaenopsis à l'état naturel Je lis dans le Gardeners' Chronicle du 14 octobre 1893 que beaucoup de cul- tivateurs, en Angleterre, éprouvent des difficultés à cultiver les Phalaenopsis. Si je puis citer l'expérience que j'ai acquise dans ce pays (ayant exporté environ 50,000 plantes, et en ayant cultivé aussi un grand nombre), je dirai qu'il y a peu d'années, lorsque je parcourais les districts montagneux de l'Est, j'ai vu moi-même en plusieurs occasions des Phalaenopsis croissant sur les arbres à l'état sauvage (et je crois que c'est là le point principal à noter). Si donc vous ne réussissez pas avec ces superbes plantes, faites l'essai de vous en faire envoyer un choix des pays d'origine par un de vos amis des Indes, et vous verrez qu'elles différeront beaucoup de celles acclimatées dans vos serres. Les plantes importées, si elles sont bien emballées, sont des plantes grandes et fortes; les autres, d'après les doléances de votre rédacteur, ne font pas de progrès ; elles poussent, et cependant on ne s'aperçoit guère qu'elles se développent. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec le « cultivateur bien connu d'Or- chidées, » d'après qui l'on ne peut se procurer les plantes anciennes ou de forte taille ; au contraire, il est évident que l'on peut amener les jeunes plantes à acquérir une grande dimension en les cultivant d'une façon appropriée et en tenant compte de leurs exigences spéciales. Aurions-nous l'impolitesse de refuser à la Reine des Orchidées l'hommage qui lui est dû ? En aucune façon. Bien souvent j'ai recueilli sur des arbres des Phalaenopsis à feuilles épaisses, mesurant de 20 à 30 centimètres de longueur (celles-ci sont très sujettes à se briser); lorqu'on les rapportait avec précaution, ils produisaient souvent trois tiges florales à la fois, avec une abondance de grandes fleurs d'un splendide coloris blanc de neige. A mon avis, c'est parce qu'on perd de vue leurs besoins véritables, et que l'on n'applique pas le traitement approprié, que beaucoup de cultivateurs n'ont pas eu de bons résultats jusqu'ici. Il y a quelques années, j'écrivais I er AVRIL 1894 25 dans le Tijdschrift voor Land en Tuinbouw, un journal des Indes néerlandaises : « Lorsque l'on groupe de beaux spécimens en fleurs, en mélange avec des Fougères, quel gracieux coup-d'œil présentent ces fleurs blanches au milieu du feuillage touffu ! Ce sont les fleurs les plus belles et les moins chères de leur genre pour les amateurs de fleurs indiennes, et cependant on n'y attache pas de prix. Il est rare de les rencontrer, quoique l'on devrait les employer partout pour l'ornementation. » Le P. grandijlora a été découvert pour la première fois par le D r Blume, à Java, à 600 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer. Il se» rencontre rarement dans les forêts épaisses et humides où l'on trouve généralement les Orchidées, mais toujours dans les clairières, souvent au milieu d'arbres isolés à tête peu fournie, laissant passer beaucoup de jour, ou dans les anciennes plantations de caféiers (beaucoup poussaient sur les caféiers eux-mêmes). La plante elle-même n'est pas très facile à distinguer, car elle ne consiste qu'en deux ou trois larges feuilles assez épaisses, d'un vert vif, glabres, et très fragiles, de sorte qu'on risque beaucoup de les endommager. Elles sont chevau- chantes à leur base, sessiles sur une masse compacte de racines blanchâtres épaisses et tortueuses, dont une partie sont toujours brisées parce qu'elles s'enlacent solidement autour de l'écorce des arbres. Du milieu de ces feuilles, une nouvelle se développe, laquelle, une fois achevée, est suivie d'une tige florale. Il semble que cette Orchidée a terminé sa tâche une fois qu'elle a formé ses superbes tiges florales. En réalité, il n'en est pas ainsi; elle réclame seulement un rtpos et une réparation de forces, période qui, dans la partie orientale de ce pays, dure quelques mois pendant la saison sèche du mousson. Les tiges florales mesurent généralement de 25 à 38 centimètres de longueur, mais très souvent elles dépassent 50 centimètres (jen ai vu une de 75 centi- mètres) ; chaque tige porte de 4 à 6 boutons, qui s'épanouissent l'un après l'autre à partir de la base jusqu'au sommet. Toutefois, la tige continue souvent à s'allonger pendant tout le temps que la plante est en fleurs, et continue à former des boutons qui produisent des fleurs moins grandes que les premières ; de sorte que la tige, ordinairement dressée, s'incline sous le poids de fleurs si nombreuses. Le P. grandijlora ne présente pas une grande variété de coloris, comme tant d'autres Orchidées. Ainsi que je l'ai déjà dit, ses fleurs blanc pur mesurent 7 1 / 2 centimètres, et n'ont pour tout ornement que les appendices jaunes enroulés du labelle. Beaucoup de personnes considèrent le P. amabilis comme synonyme 26 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES du P. grandiflora.*Je ne suis pas de cet avis, et je crois que ce sont deux espèces bien distinctes, P. grandiflora Lindl. et P. amabilis Bl., cette dernière étant tachetée de rose sur le labelle et les sépales latéraux. On pourrait peut-être décrire de la façon suivante la culture de cette espèce : dans les endroits où le Phalaenopsis pousse en abondance, la température ne dépasse jamais 24°c. pendant le jour; elle tombe au-dessous de 13 pendant la nuit (août). La plupart des plantes fleurissent d'octobre à mai, et certaines ne cessent pas d'être en fleurs pendant toute la saison sèche (dans l'ouest de Java, le temps est le plus souvent humide). Les troncs d'arbres auxquels s'at- tachent les racines sont abondamment garnis de mousse, l'atmosphère étant humide; une poignée de cette masse hétérogène de feuilles pourries, de débris d'écorce, etc., semble suffire à toute une masse de plantes. Elles sont en partie abritées pendant quelques heures par jour (le matin); elles supportent très bien les rayons du soleil. Un petit insecte nuisible, sorte d'abeille qui mesure 5 milli- mètres, se loge parmi les feuilles ; nous nous en débarrassons au moyen de différents insecticides. J'ose dire qu'en Europe une serre à Cattleya ne convient pas aux Phalae- nopsis, qu'une serre à Odontoglossum, par exemple, vaudrait mieux, et que l'on aurait de meilleurs résultats en cultivant ces plantes à une température plus basse. W. T. Lefebre, (Gardeners'' Chronicle.) jardin botanique de Java. Nota. — Nous avons pensé que l'article qui précède intéresserait nos lec- teurs et qu'il ne pouvait y avoir qu'avantage, au point de vue de la culture, à recueillir tous les renseignements possibles sur la façon dont les Orchidées croissent à l'état naturel. Il nous paraît nécessaire d'ajouter seulement un mot à propos du dernier alinéa. Quelques lecteurs du Journal des Orchidées désireront sans doute expérimenter le mode de culture à température modérée préconisé par M. Lefebre. Nous croyons devoir les mettre en garde contre les inconvénients qui pourraient résulter d'un changement trop brusque. C'est ainsi que, dernièrement, un amateur de notre connaissance, ayant voulu essayer de la culture froide pour ses Cymbidium Lowi, auparavant tenus en serre chaude, les a vus dépérir rapide- ment, et a dû se hâter de les remettre au chaud pour leur sauver la vie. Il ne faut modifier le traitement d'une plante que très lentement, d'une façon progressive, et le mieux serait de faire les essais de ce genre avec des importations, qui ne sont pas encore habituées à une serre ou à l'autre. L. L. I er AVRIL 1894 27 LE 50 me MEETING DE « L ORCHIDÉENNE » Lors de ce fameux meeting du 1 1 mars, qui laissera des souvenirs ineffa- çables à plusieurs au moins de ceux qui y ont assisté, un certain nombre d'Orchidées remarquables ont été exposées, qui méritent d'être mentionnées ici, quoique l'espace limité ne nous permette pas de les décrire en détail. Nous citerons donc sommairement les plus dignes d'attention. M. G. Warocqué exposait son célèbre Odontoglossum crispum leopardinum, admirablement maculé, et rappelant assez bien comme coloris VO. Wilckeanum albens, mais avec les taches brunes plus nombreuses et plus élégamment dispo- sées; un superbe Cochlioda Nôtzliana, à fleurs très grandes et bien étoffées; un Cypripedium Rothschildianum ayant deux tiges florales, dont chacune portait trois fleurs de dimensions énormes: un C. barbatum Crossi en beau spécimen chargé de fleurs; un Odontoglossum Edwardi avec deux longues grappes très touffues, un Cattleya amethystoglossa richement fleuri, un Trichopilia suavis, d'un beau coloris, etc. M. le comte de Bousies exposait de beaux Odontoglossum, entre autres un magnifique O. crispum, à fleurs d'un modèle parfait et portant sur chaque segment une très grande macule rouge brunâtre clair; un Cypripedium M aster - sianum, richement fleuri, un superbe Cattleya Trianae, à fleurs très amples d'un très riche coloris, etc. M. Cahuzac exposait une plante bien fleurie du Cymbidinm Loivianum superbissimum , variété remarquable par le coloris exceptionnellement vif du lobe antérieur du labelle. M. W. Thompson, de Stone (Angleterre), exposait une très belle série de fleurs coupées : Dendrobium Phalaenopsis en plusieurs variétés pâles et foncées, D. albijïorum, D. nobile nobilius, D. nobile Amesianum, D. Wardianum presque immaculé, D. X Leeanum, D. X Ainsworthi en belle forme, Cattleya Victoria Regina, Odontoglossum crispum, d'un excellent modèle. M. A. Van Imschoot exposait deux Cattleya Trianae très beaux, un surtout à fleurs gigantesques, un Cattleya Lilddemaniana et un beau Cypripedium Leeanum maximum. 28 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES M. Madoux avait envoyé une superbe série d'Odontoglossum crispum, Riïckeri, luteo-purpureum, Coradinei, triumphans, Rossi rubescens, et de Cattleya Trianae, en excellentes variétés; plusieurs Cypripedium hybrides, très inté- ressants, et les C. Argus Moensi, C. selligerum, C. X Harrisianum superbum, C. Dauthieri, C. barbatum majus, C. X oenanthum, etc.; le Lyc aste Luciani, bien fleuri; le Mormodes Rolfeanum rubrum, variété richement colorée; Cattleya Leopoldi et Laelia elegans var., également très intéressants comme coloris. M. le D f Capart exposait plusieurs Odoutoglossum crispum en bonnes variétés, dont un particulièrement remarquable, et un autre très richement fleuri ; des O. Halli, triumphans, un Oncidium superbiens, très attrayant, un Cattleya Trianae et un Dendrobium nobilc, d'un bon coloris. M. Pauwels exposait un Odoutoglossum odoratum superbement fleuri, et ne formant qu'un buisson de fleurs. M. de Lansberge avait envoyé un Phalaenopsis Schilleriana portant une superbe tige florale ramifiée et chargée de fleurs. M. Pourbaix exposait son Masdevallia X Ponrbaixi, très amélioré depuis sa première floraison l'année dernière. Les fleurs sont plus grandes, d'un coloris délicatement nuancé, et très attrayantes. M. Ch. Van Wambeke exposait une série de beaux Odoutoglossum crispum et Cattleya Trianae et un Cypripedium Ashburtoniae en forte touffe très bien fleurie. M. Gibez, de Sens, avait exposé des fleurs de deux Cxpripedium hybrides obtenus par la regrettée M me Gibez, le C. villosum X Lowi, et le C. venustum X villosum, tous deux bien intermédiaires entre les parents. M. de Lombaerde exposait une plante très bien fleurie de Selenipedium grande. M. Moens exposait une belle touffe de Dendrochilum glumaccum validum, bien fleurie, et le Cypripedium X Stella, hybride très attrayant. M. A. Wincqz exposait les Orchidées suivantes : Cattleya Trianae et amethystoglossa , Odoutoglossum crispum, O. Andersoni, en bonne variété, et O. Lindleyanum. M. le D r van Cauwelaert exposait un Cattleya Trianae, d'un coloris intéressant. Mentionnons encore les Odoutoglossum polyxanthum et gloriosum, le Zygo- petalum crinitum et le Lycaste Skinneri, tous deux bien colorés, de M. Draps- Dom, le Coelogyne cristata, le Cypripedium melanophthalmum et le C. politum, bonne variété, de M. Stepman. L. L. I er AVRIL 1894 29 MISCELLANEES Le DENDROBIUM INFUNDIBULUM (D. Jamesianum) est actuellement en fleurs. C'est une superbe espèce, remarquable par l'élégance de ses organes végétatifs en même temps que par la grandeur et la beauté de ses rieurs. Elle se distingue également de ses congénères en ceci, qu'elle exige une température beaucoup moins élevée. Dans la fameuse collection de Sir Trevor Lawrence, elle est, croyons-nous, cultivée avec les Orchidées mexicaines; plusieurs amateurs la placent même parmi les Odontoglossum et autres espèces de serre froide. * * Le TRICHOPILIA SUAVIS est une des plus charmantes Orchidées qui fleurissent à cette saison. Il est extrêmement florifère, et ses fleurs, de grande taille et d'un ravissant coloris, densément groupées sur chaque tige, forment un bouquet touffu tout autour de la base de la plante. Elles mesurent environ 10 centimètres de diamètre dans un sens, et 8 I / 2 à 9 dans l'autre ; les pétales et sépales sont d'un blanc pur, oblongs acuminés ; le labelle, d'abord relevé autour de la colonne qu'il recouvre, s'épanouit en un limbe étalé, frisé sur les bords, et entièrement recouvert de gros points d'un rose pâle; toutefois, ces points sont d'un rose vif dans une forme qui vient de fleurir récemment à L'Horticulture Internationale. Le tube est blanc, avec une bande jaune vif dans la gorge. Le port de la plante est très élégant; les feuilles, très larges et assez courtes, sont d'un vert sombre à reflets grisâtres, d'un effet décoratif. * * * COELOGYNE CRISTATA PARFUMÉ. - - Un correspondant du Gardeners' Chronicle lui adresse la lettre suivante : « Je vous envoie une grappe de Coelogyne cristata qui possède un parfum très fort, analogue à celui des bananes. Je ne sais si le parfum sera encore sensible quand la grappe aura été coupée et aura fait le voyage, mais quand elle était sur la plante, elle embaumait toute la serre. Je n'ai jamais remarqué jusqu'ici un cas analogue, 30 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES mais peut-être quelqu'un de vos lecteurs en aura-t-il déjà constaté. » Le journal anglais ajoute que les fleurs ont un parfum prononcé, mais qu'il est difficile de définir exactement. En outre de l'odeur de fruit, elles rappellent le parfum de l'aubépine et du Lilas. * * * DENDROBIUM x SCHNIDERIANUM. — « Parmi plusieurs Dendrobium hybrides en fleurs actuellement, écrit M. J. Fraser dans le Gardening World, aucun ne possède la superbe allure de celui-ci. Le porte-graines était le D. Findlayanum, et le porte-pollen le D. aureum. Les tiges forment des nœuds très apparents comme dans la première espèce, et présentent le même éclat jaune brillant. Les fleurs sont de grande taille; elles ont les sépales oblongs, les pétales lancéolés, tous ces segments blancs avec une large macule pourpre lilacé aux pointes. Le labelle largement étalé est enroulé au-dessus de la colonne à la base seulement; la plus grande partie est jaune orangé, allant jusqu'au marron dans la macule de la base; au delà du milieu, le labelle est blanc avec la pointe pourpre, comme les autres segments. » Max Garnier. MISE EN VÉGÉTATION DES CATASETUM, CYCNOCHES, MORMODES, ETC. j Voici une expérience qui mérite peut-être d'être signalée aux abonnés du Journal des Orchidées : J'avais dans un coin de ma serre chaude quelques Catasetum, à qui j'avais donné pendant l'hiver un repos rigoureux. Le compost était entièrement sec, et les bulbes quelque peu ridés. Les racines, j'imagine, devaient être aussi passablement sèches; c'est ce qui a sans doute donné à un apprenti-jardinier, chargé du rempotage des plantes, l'idée de les dépouiller entièrement de leurs racines. Les pseudobulbes restaient absolument nus. Je me suis aperçu trop tard de cette innovation; et j'ai fait la seule chose qui me restait à faire, c'est-à-dire que j'ai fait arroser abondamment mes plantes, je les ai fait placer dans un compartiment bien chaud et humide, et j'ai attendu le résultat. Eh bien, le résultat a été excellent. Mes Catasetum ont produit des pousses superbes, et même plus vigoureuses qu'à l'ordinaire. I er AVRIL 1894 31 J'ai pensé qu'il était utile de citer cette observation, et il y a peut-être là un renseignement dont on doit tirer parti. En effet, ou les vieilles racines sont mortes, et alors elles ne font qu'obstruer le compost; ou (ce qui est peu probable) elles sont capables de revenir à l'activité; mais alors, à quoi servent- elles? A porter la nourriture aux vieux pseudobulbes? Ne vaut-il pas bien mieux laisser toute la force se porter aux racines nouvelles, qui se formeront à la base du bourgon et ne porteront la sève qu'à la nouvelle pousse? Ce qui me confirme dans cette pensée, c'est ce qui se passe pour les impor- tations. Celles-ci arrivent complètement desséchées, généralement sans racines, et, si je ne me trompe, on leur enlève les racines restantes pour les mettre en végétation. Or elles poussent admirablement pendant cette première saison. Par analogie, je crois que ce qui précède pourrait s'appliquer également aux Cycnoches, Mormodes, Cyrtopodium, etc. Je serais heureux de savoir si quelque lecteur du Journal des Orchidées a eu l'occasion de faire une expérience analogue. B ou von Heerdt. ETUDES DE BOTANIQUE ELEMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES (Suite, voir 4111e année, p. 381) 2o° La sous-tribu des Sarcanthées Les caractères de cette sous-tribu ont été exposés précédemment (voir 3 me année, p. 279), et nous savons déjà qu'elle comprend 34 genres. Parmi ces genres, tous ceux qui renferment des espèces habituellement cultivées sont propres à l'ancien monde, tandis que la sous-tribu la plus voisine, celle des Oncidiées, ne comprend que des espèces américaines. Rappelons que les Sarcanthées se distinguent de leurs affines du nouveau continent à leurs tiges non ren/Iées en pseudo-bulbes et à leurs feuilles distiques souvent nombreuses; tandis que les Oncidiées ont généralement la tige réduite à un pseudo-bulbe portant seulement une on deux feuilles. Nous avons étudié précédemment les Vanda (2 me année, p. 239), qui nous ont 32 LE JOURNAL DES ORCHIDEES servi de type pour établir les caractères des Sarcanthées. Nous allons passer en revue les autres genres, en commençant par ceux qui ont le plus d'affinité avec celui dont nous connaissons déjà les caractères. I. Renanthera. — Il est nécessaire d'abord de bien remarquer que, ayant pris pour règle de nous conformer à la classification de Bentham, nous écartons de ce genre la plante si célèbre, connue surtout sous les noms de Vanda Lowii ou Renanthera Lowii, qui dans cette classification est un Arachnanthe, genre dont nous parlerons plus loin. Parmi les espèces conservées dans le genre Renanthera, les plus remar- quables sont les R. coccinea et R. matiitina; le premier qui grimpe à plusieurs mètres de hauteur et porte d'amples panicules de grandes fleurs d'un rouge écarlate; le second à tige courte et à fleurs notablement plus petites, d'un rouge vermillon plus ou moins nuancé de jaune d'or. Ils ont pour caractères communs : « Sépales très étalés, libres, pétaloïdes, les latéraux un peu plus larges et « souvent plus longs que le postérieur, pendant longtemps parallèles et contigus, « parfois même cohérents par leur milieu. Pétales semblables au sépale posté- « rieur. Labelle court, sessile à la base du gynostème, avec lequel il est « articulé, à partie inférieure prolongée en dessous en sac ou en éperon « conique; lobes latéraux larges, dressés, le médian petit, étalé, plan ou plus « ou moins épaissi et charnu. Gynostème court, épais, demi-cylindrique, sans « ailes, à base non prolongée en pied; clinandre peu proéminent, entier : « Anthère terminale, operculiforme, convexe, à deux loges; deux pollinies « cireuses, ovoïdes ou oblongues, fendues ou sillonnées extérieurement, réunies « par un pédicelle étroit à un rétinacle arrondi ou dilaté transversalement. « Capsule anguleuse, non prolongée en bec au sommet. — Herbes épiphytes, « sans pseudobulbes, à tiges feuillées plus ou moins rameuses. Feuilles disti- « ques (disposées sur deux rangs), étalées, charnues ou rigides, à sommet « souvent oblique et bilobé. Fleurs grandes ou médiocres, disposées en pani- « cules allongées, lâches et rameuses, qui naissent latéralement sur la tige. » En comparant cette description avec celle des Vanda (voir 2 me année, p. 241), on constate certaines différences dans les caractères du périanthe, entre autres que le labelle des Renanthera est notablement plus petit et articulé avec le gynostème, au lieu d'être continu avec la base de celui-ci; mais la différence la plus facile à saisir est qu'ils portent des fleurs disposées en panicule rameuse, tandis que celle des Vanda sont en grappes simples. I er AVRIL 1894 33 Le genre Renanthera fut créé en 1790 par le missionnaire portugais Loureiro, pour le R. coccinea, qu'il avait découvert en Cochinchine. Son nom dérive des deux mots grecs rên, qui signifie rein, et anthera, anthère : allusion à la forme des anthères. En 1842, Hasskarl a voulu en détacher le R. matutina Ldl. pour former le genre nouveau Nephranthera, que les auteurs plus modernes n'ont plus admis. Plus tard, en 1855 [Xenia Orchidacea, vol. I), Reichenbach a, au contraire, voulu étendre les limites du genre en y adjoignant les Arachnanthe de Blume et Arrhynchium de Lindley. M. Pfitzer a admis cette manière de voir; mais Bentham a ramené les Renanthera à leurs anciennes limites, en conservant comme distinct le genre Arachnanthe, auquel il réunit l' Arrhynchium, comme nous le verrons plus tard. Compris comme l'entendait Bentham, le genre Renanthera est actuellement formé de six espèces, disséminées dans l'Inde, l'Asie orientale tropicale et l'Archipel malais. IL Saccolabium. — Parmi les espèces assez nombreuses de ce genre qui se rencontrent dans les cultures et dont les fleurs pourront être choisies pour en étudier les caractères, citons les suivantes : le 5. bcllinum, à fleurs bigarrées de jaune, de blanc, de brun et de pourpre; le 5. curvifolium, à fleurs d'un rouge vermillon vif, sauf le labelle qui est jaunâtre; le 5. ampullaceum, à fleurs d'un rose vif, parfois nommé par erreur S. rubrum, ce dernier étant identique au S. curvifolium; le 5. giganteum, parfois cultivé sous le nom de Vanda densiflora, et dont les fleurs en longues grappes sont blanches ponctuées de rose, avec le labelle mauve violacé; le S. Hendersonianum, à fleurs d'un rose vif, sauf le labelle qui est plus pâle; le 5. miniatum, à petites fleurs d'un rouge écarlate brillant; le S. violaceum, à longues grappes pendantes, formées de nombreuses fleurs d'un blanc pur ponctué de mauve, sauf le labelle qui est mauve foncé ponctué de violet. Notons toutefois que l'on ne doit pas prendre pour cette étude les 5. coeleste, S. Blumei, S. guttatum ou S. praemorsum, car ces espèces doivent être exclues du genre pour passer dans les Rhynchostylis, le premier étant le R. coelestis, et les trois autres devant être réunies sous le nom de R. refusa. Voici quels sont les caractères du genre : « Sépales presque égaux, libres, étalés ou dressés-étalés, plans ou concaves, « les latéraux parfois un peu plus larges à la base. Pétales presque semblables « aux sépales, parfois un peu plus larges, rarement plus étroits. Labelle sessile 34 LE JOURNAL DES ORCHIDEES « à la base du gynostème, trilobé, prolongé en dessous à la base en sac ou « en éperon; celui-ci est pendant, droit ou rarement courbé, nu intérieurement; « lobes latéraux dressés sur les deux bords de l'éperon, souvent très petits, « parfois assez larges et peu proéminents; lobe médian étalé ou dressé, de « forme variable, tantôt petit et en forme de dent, tantôt oblong, en forme de « langue ou dilaté transversalement, rarement plus long que l'éperon. Gynos- « tème court ou même parfois très court, large, sans pied, non ailé ou à angles « à peine proéminents; clinandre peu proéminent, tronqué. Anthère terminale, « operculiforme, convexe, uniloculaire ou imparfaitement biloculaire; deux « pollinies cireuses, subglobuleuses, entières creusées d'un sillon ou plus ou « moins fendues, réunies à un petit rétinacle par un pédicelle grêle et allongé. « Capsule souvent oblongue, rarement allongée, parfois globuleuse ou ovoïde, « non prolongée en bec au sommet. — Herbes épiphytes, à tiges feuillées non « renflées en pseudobulbes. Feuilles distiques, étalées, coriaces ou charnues « rarement minces, planes ou très rarement cylindriques, recouvertes à la base « par les gaines des feuilles anciennes. Pédoncules latéraux, simples ou « rameux. Fleurs souvent petites, parfois assez grandes, mais toujours moins « amples que celles des Vanda, généralement groupées en grappes très « denses. » Les Saccolabium ont des rapports intimes avec les Vanda et les Renan- thera. On peut cependant trouver quelques différences dans les caractères du périanthe ; on remarquera que les premiers ont l'anthère uniloculaire, et non biloculaire comme les derniers ; et le pédicelle des pollinies est notablement plus long et plus étroit. Mais le moyen le plus facile de distinguer ces genres à vue, c'est que les Saccolabium ont des fleurs souvent petites et disposées en grappes très denses; tandis que celles des Vanda et des Renanthera sont grandes, peu nombreuses, disposées en grappes ou panicules lâches. Le genre Saccolabium est dû au savant botaniste hollandais Blume, que nous avons déjà eu l'occasion de citer, et qui le décrivit en 1825, dans ses Bijdragen ou contributions à la Flore des Indes néerlandaises. Son nom est formé des deux mots latins saccus, qui signifie sac, et labium, lèvre, à cause du sac qui se trouve à la base du labelle. Peu de temps après avoir créé ce nom, en 1828, Blume crut bon de le changer en Saccochilus, qui a exactement la même signification en grec; mais ce changement ne fut pas admis. (Sera continué.) A. COGNIAUX. I er AVRIL 1894. 35 PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE M.Videau, l'orchidophile bordelais, avait dans le courant du mois de mars un Odontoglossitm crispum portant six tiges florales sur un seul pseudobulbe. * * * J. V., France (Seine inférieure). — Le com- post que nous donnons aux Vanilles est formé de sphagnum et de terre fibreuse en parties égales. Le pot employé peut être assez petit ; la plante est grimpante et a besoin d'un soutien ; au besoin, vous pourriez simplement la laisser courir le long du bord des tablettes, auxquelles elle se collera au moyen de ses racines adventives. Vincenzo O., Palermo. — Nous ne pouvons que vous répondre ce que nous avons déjà ré- pondu à d'autres amateurs récemment sur le même sujet : il est très difficile de déterminer à distance, et sans pouvoir examiner la plante, la cause de l'avortement des fleurs d'Orchidées. Lorsque les fleurs déjà épanouies se piquent de taches brunes, qui gagnent progressivement toute la fleur, la cause du mal est ordinairement un excès d'humidité atmosphérique ; peut-être quel- ques gouttes d'eau sont elles même tombées sur les fleurs. La température que vous indiquez n'est pas trop basse pour des Phalaenopsis. assu.ément. Elle serait plutôt trop élevée. Si le thermomètre marquait 20° la nuit, il devait bien en indiquer 25 ou 27 pendant le jour, et c'est là une chaleur excessive. Voyez précisément l'article relatif à la culture des Phalaenopsis, dans le présent numéro. Il y a peut-être là l'indice d'une réforme à venir. Il peut arriver a&ssi que vos plantes aient été brûlées par le soleil au milieu de la journée. Il est possible également qu'elles ne soient pas bien portantes, qu'elles aient besoin d'être rem- potées, etc. * * H. M. (France). — i° Le Cochlioda vulcanica grandiflora (Mesospinidium) réclame en effet le même traitement que le C. vulcanica et le C. rosea Odout. roseum). 2° L'Oncidium cristatutn est plutôt une espèce de serre tempérée ou tempérée-froide. 3 Le Miltonia ou Odontoglossiim Phalaenopsis réussira mieux avec une température moins élevée que celle que vous indiquez. Tous les Miltonia, sauf le M. Roezli, réclament le traitement de la serre tempérée ou tempérée-froide (10 à 13 ou 14 ). Le M. Phalaenopsis doit recevoir un repos modéré pendant l'hiver. Nous croyons qu'il réussira mieux en pot qu'en panier. Quant à la couleur vert jaunâtre des pousses, il n'y a pas lieu de vous en inquiéter, si la plante pousse bien ; beaucoup de Miltonia ont cette couleur, qui n'indique nullement une mauvaise santé. * * * A. H. — Le Plialacnopsis proboscidioides n'est qu'un synonyme du P. Lowi Rchb. F., espèce bien connue et répandue dans les cultures, et dont la colonne est terminée par un long bec réfléchi au sommet, rappelant quelque peu la trompe d'un éléphant. Les pétales sont très larges, à peu près ellip- tiques; les sépales sont elliptiques oblongs, acu- minés. Tous ces organes sont d'un blanc légère- ment rosé, avec une teinte améthyste pourpré à la base. Le labelle, trilobé, a les lobes latéraux dressés et recourbés en arrière en forme de cornes; le lobe antérieur étroit, denticulé, porte au milieu une côte prononcée, et particulièrement élevée vers le sommet ; il est d'un rouge pourpre foncé. M. le général Berkeley, qui a fait d'intéres- santes explorations dans l'Asie méridionale, a vu le Phalaenopsis Lowi dans son pays d'origine; voici ce qu'il écrivait dans le Gardeners 1 Chro- nicle à propos de cette belle espèce : « Cette plante perd toutes ses feuilles, dans son pays d'origine, immédiatement après sa floraison. Elle croit sur des rochers calcaires, et sur les branches de petits arbustes qui poussent dans les crevasses des rochers. Le pays environnant est sous l'eau pendant la plus grande partie de l'année, et les pluies sont extrêmement abon- dantes ; à la fin de novembre le sol se sèche, et 36 LE JOURNAL DES ORCHIDEES en janvier les tiges florales et les feuilles sont desséchées, il ne reste rien en dehors des racines ; celles-ci cessent de s'agrandir, mais elles sont maintenues gonflées par les abondantes rosées de la nuit; la saison de repos est courte, car les averses recommencent en mars, et les plantes commencent aussitôt à pousser de nouvelles feuilles. «Cette espèce croît sur le versant Nord-Est des collines calcaires, et par suite, se trouve protégée contre les effets de la chaleur d'un soleil tropical pendant l'après-midi. Pendant les pluies, les rochers calcaires sont couverts d'une foule de belles Balsamines annuelles et de Bégonias tubé- reux ; ceci donnera aux jardiniers une idée de la chaleur humide qui est nécessaire pour cultiver les Phalaenopsis Lowi d'une façon parfaite. » M. le D r V. — Nous sommes absolument d'avis de faire toutes les tablettes à claire-voie, dans toutes les serres à Orchidées, aussi bien pour les espèces chaudes que pour les espèces froides. La chaleur qui se dégage des tuyaux du bas est ainsi beaucoup mieux utilisée; lorsque les tablettes sont pleines, l'air chaud monte au sommet des serres sans que les plantes en profitent beaucoup. Nous ne sommes pas très partisan des canaux souterrains dont vous parlez ; l'air doit y être toujours un peu renfermé et malsain. Cependant cette disposition peut être utile pour les Orchi- dées de serre froide, surtout dans un pays un peu chaud ; mais nous ne croyons pas qu'elle présente des avantages qui puissent compenser les frais qu'elle entraîne, surtout pour la serre tempérée et la serre chaude. En ce qui concerne vos Dendrobium War- dianum et Coeloegyne cristata en fleurs, ces plantes ont dû avoir leur repos depuis le mois de novembre. Dès lors, vous pouvez parfaitement les laisser entrer en végétation à la fin de la flo- raison. Tant qu'elles sont en fleurs, il vaut mieux les tenir un peu sèches pour conserver les fleurs le plus longtemps possible. Si le repos a été bien établi depuis le mois de novembre, vous pouvez arroser et remettre en végétation les Cattleya, Laelia, Epidendrum, etc. dont vous parlez. Il faut sans aucun doute abriter ces plantes au milieu de la journée, car les rayons du soleil sont déjà très chauds, et si la température est aussi élevée que vous l'indiquez, il faut aussi aérer les serres toutes les fois que l'air extérieur sera assez chaud. Enfin, il faut jeter beaucoup d'eau dans les sen- tiers et sur les tablettes, pour entretenir dans la serre une humidité correspondant à cette haute température. L. O. — Le Dendrobium Cliristyanum est une plante décrite par Reichenbach comme espèce nouvelle, mais dont la trace a disparu, et qui n'était très probablement autre que le D. infun- dibulum, ou peut-être une variété de celui-ci. Toute la description concorde bien avec cette espèce, et la seule différence serait peut-être que les fleurs du D. Cliristyanum sont plus petites; mais cette circonstance peut s'expliquer naturel- lement par une première floraison consécutive à l'importation. P. C. — Reichenbach a bien nommé la plante Laelia Dormaniana, mais il l'a également nommée Cattleya Dormaniana ; il est vrai que la seconde fois, il n'affirmait pas absolument que ce fût la même que la première. La cause de tout cet embarras était la structure des pollinies. Celles-ci, en effet, sont ordinaire- ment au nombre de huit dans cette espèce, mais sur les huit, il s'en trouve quatre bien dévelop- pées, et quatre beaucoup plus petites, presque rudimentaires. Voici ce qu'écrivait Reichenbach en décri- vant le Cattleya Dormaniana : « Les premières fleurs que je reçus de M. R. Bullen étaient des Laelia au même titre que celles du Laelia elegans. Il y avait quelque- fois huit pollinies indépendantes , avec quatre beaucoup plus petites que les autres, d'autres fois quatre cohérentes des deux côtés avec les caudicules. Aujourd'hui M. I). Massange de Louvrex m'envoie une fleur qui est un véritable Cattleya, avec quatre pollinies seulement. Le périanthe lui-même offre un caractère bien dis- tinctif par son coloris » Les auteurs sont aujourd'hui généralement d'accord pour considérer comme des hybrides naturels ces plantes à huit pollinies de grosseur inégale, à peu près intermédiaires par ce fait entre Cattleya et Laelia. Il en est de même du Laelia elegans (ou Laelio-Cattleya X elegans): et cependant le L. elegans, comme le L. Dor- maniana. existent en si grand nombre à l'état naturel que l'on a peine à concevoir que ce soient des hybrides. L. L. ODONTOGLOSSUM LEROYANUM. — Cet hybride obtenu artificiellement par la fécondation des O. luteo-purpiircum et O. crispum a fait sa première apparition depuis quelques années. Une des dernières plantes de ce semis qui vient d'épanouir ses fleurs dans les serres d'Armain- villiers a montré la particularité de développer des fleurs jaunâtres maculées de pourpre, contrai- rement à celles des autres plantes issues du même semis qui étaient admirablement maculées de pourpre sur un fond blanchâtre. O. Ballif. PÉPINIÈRES DE MONTAIGU (Belgique) Edouard MICHIELS chef des pépinières. Gustave MICHIELS architecte de jardins. Edmond MICHIELS Spécialité Graines de prairies, forêts, sapinières et autres. Arbres fruitiers pour vergers. — Pommiers, Poiriers, Pruniers, Cerisiers, hautes tiges, saines et || vigoureuses, 1rs meilleures variétés, depuis 1 IV. 50 à 2 francs. Baliveaux, de l in 50 à 2 m. hauteur, S* à 1 fr. ; — Autres jeunes Pommiers à 55 fr. le 100. — Arbres fruitiers pour Jardins. Belles — „ palmettes-pyramides, en variétés les plus méritantes, de fr. 1,25 à 2 fr. 50. ^_. 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La culture belge, dont l'excellence est aujourd'hui proclamée par les connaisseurs et cultivateurs les plus compétents des divers pays d'Europe, est définitivement hxée comme la mieux appi'opriée aux besoins des Orchidées. La vie de ces magnifiques végétaux à l'état naturel, leurs particularités physiologiques, leur beauté pitto- resque et infiniment variée, méritent d'attirer l'attention de beaucoup de personnes du monde qui ne connaissent des Orchidées que des légendes mystérieuses et confuses, et qui parfois n'osent pas en embellir leurs serres, faute d'être plus exactement renseignées. Il est nécessaire, d'autre part, de fournir aux cultivateurs et amateurs, si nombreux aujourd'hui, une description des principales et des plus belles Orchidées cultivées, y compris les nouveautés introduites en très grand nombre dans ces dernières années. Nous avons entrepris cet ouvrage à la demande d'un grand nombre de personnes qui ont bien voulu nous dire que nous étions particulièrement à même de combler ces lacunes, grâce aux observations et aux matériaux considérables que nous fournit la direction d'un des premiers établissements d'introduction du monde. Il est évident, en effet, qu'il faut cultiver, et cultiver en grand, pour pouvoir traiter de la culture, et qu'il faut disposer de collections étendues pour pouvoir parler des Orchidées et les décrire. C'est donc, à tous les points de vue, un livre d'expérience et de pratique que nous offrons au publie, un guide de culture pour le jardinier et pour l'amateur désireux de surveiller lui-même les soins donnés à ses plantes, aussi bien qu'un ouvrage de bibliothèque pour le curieux de la nature et de ses beautés. Notre programme peut se résumer de la façon suivante : Les Orchidées au point de vue scientifique. — Notions de botanique organographique et systématique et de physiologie; bibliographie, etc. Les Orchidées au point de vue pratique. — Leur culture détaillée : rempotages, ventilation, ombrage, arrosements, etc. ; aménagement des serres, chauffage, etc. ; influence du climat, etc. ; parfum des Orchidées ; l'hybridation des Orchidées ; les Orchidées à l'état naturel et les importations ; distribution géographique ; listes des genres, notes sur la culture spéciale de chaque gem-e et description des principales espèces; grande culture de rapport ; utilisations industrielles, etc. Les Orchidées au point de vue historique. — Histoire de l'importation et de la culture. ' Les Orchidées au point de vue mondain. — Parti qu'on peut tirer de la beauté des Orchidées ; la façon d'orner les serres et les appartements; fleur coupée, bouquets, etc.; collections d'amateurs. L'ouvrage, comprenant environ 800 pages d'un grand format, sera mis en vente PROCHAINEMENT, au prix de 25 FRANCS L'EXEMPLAIRE Les JARDINIERS qui souscriront à cet ouvrage pourront payer par versements éche- lonnés de 2 FRAJSCS PAR MOIS Cette faveur sera accordée aux JARDINIERS seulement. On s'inscrit chez l'auteur : 100, rue Belliard, à BKUXELLES. GRAINES POTAGÈRKS, FOURRAGÈRES DE FLEURS ET D'ARRRES MAISON F. VAN CELSï 24, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES Seul Premier Grand Prix — Médaille d'or — à l'Exposition nationale d'Horticulture de Bruxelles en 1880 pour la plus belle collection de légumes. Deux Premiers Prix — Médaille d'or — pour légumes et fleurs. Graminées pour prairies permanentes et artificielles SUCCÈS CERTAIN SUIVANT NATURE DU TERRAIN Spécialités de CHICORÉE WITLOOF et CHOU DE BRUXELLES ENVOI FRANCO DU CATALOGUE SUR DEMANDE Jules 3?A.oisrY et C ie à SAVENTHEM (Belgique). 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L'ILLUSTRATION HORTICOLE devient à partir de 1894 le JOURNAL POPULAIRE DE L'HORTICULTURE PAR EXCELLENCE et paraîtra très régulièrement le 15 et le 30 de chaque mois. Elle est de format grand in-8" et contient, chaque fois, UNE MAGNIFIQUE PLANCHE COLORIÉE, 16 pages de texte, et de nombreuses gravures. LE NUMÉRO PARAISSANT LE 15 DU MOIS sera plus spécialement destiné aux PLANTES DE SERRE : Fougères, Palmiers, Cycadées, Broméliacées, Aroïdées, Piaules panachées, Piaules décoratives, etc. LE NUMÉRO PARAISSANT LE 30 DU MOIS s'occupera davantage de la FLORICULTURE, des plantes en pleine terre ou en appartements, et donnera les portraits en planches coloriées ou noires des plus belles nouveautés de Tannée pour garnir les parterres, isoler sur les pelouses ou garnir les appartements. L'Illustration Horticole, journal de tous et pour tous, sera un journal d'informations et un guide pratique de cultive. 1/IUiistimtioii Horticole, en dehors de sa rédaction très complète (elle s'est assurée le concours des plumes les plus compétentes de F Horticulture), em- pruntera aux journaux étrangers tous les articles intéressants, de façon à être une encyclopédie de ce qui paraît ailleurs en toutes les langues. Prix de l'Abonnement : 15 francs par an, pour toute l'union postale. 1^ FRANCS PAR AN (1 FRANC PAR MOIS) pour les jardiniers seulement Bureaux : ÎOO, rue Belliarcl, BRUXELLES. 16 AVRIL 1894 Numéro 99. JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE RÉDIGÉ ET EXJBLIÉ PAR LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchldéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, D r G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, Ch. Van Wambeke, A. Bleu, D r Van Cauwelaert, Ch.Vasseur, Comte de Bousies, J. Nôtzli, Cahuzae, D r Capart, James O'Brien, J. duTrieu deTerdonck, O. de Kirehsberg, Vicomte de Novion, G. Truffaut, D. Treyeran, G. Rivois, P. Silver, A. Ducos, A. Dallière, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Ch. de Bosschere, A. Hubert, A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, F. délia Porta, G. Diretti, A. van den Hesde, A. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, D 1 ' Muller, Henri Hermieux, O. Altenhoff, E. Bartel et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de PAbonnement : 10 francs par an POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 1 er et le ÎO cle chaque mois OrV S'ABOIVIVE AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Dépositaire pour la France : M. O. DOIUNT, Éditeur, 8, Place de l'Odéon, PARIS. Garni, impr. Eiilç. Vanderhaegben. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES > — ♦»■ < Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Leur circulation universelle augmente considérablement de jour en jour. ]%T. Ifc. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux ensemble : Pour l'année entière Pour 1 insertion Pour 3 insortions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dansles 2 journ dans les 2 journ. dans les 2 jouru. dans les 2 journ. Une page entière . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... . » 30 .. 60 )) 100 » 180 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . »» 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . »» 12 » 25 » 40 » 70 » 125 Un seizième de page . . » 6 »> 12 » 20 » 35 » 75 On est prié de faire parvenir les annonces au bureaux de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. FABRIQUE D'ARTICLES EN BOIS DE AUG. LIOHTENHELDT, Meuselbach i. 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SOMMAIRE DU 99 me NUMERO Causerie sur les Orchidées. — LXVI .... 37 Revue des Orchidées nouvelles ou peu connues . 40 Miscellanées 43 Les Arachnante 44 Pages Les Calanthe 46 Les grandes collections d'amateurs 48 Petites nouvelles et petite correspondance ... 51 L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LEOPOLD. — BRUXELLES Administrateur-Directeur : Lucie\ Lindeiii MARCHÉ EUROPÉEN D'ORCHIDÉES H^ï^T 9 Immenses arrivages toutes les semaines *^g£3S Orchidées populaires, rares ou nouvelles, introduites ou cultivées par centaine de mille Grâce à nos nombreuses introductions directes et à nos prix réduits — la légende que nous vendons plus cher qu'ailleurs n'existe plus aujourd'hui que dans l'imagination incurable de quelques horticulteurs •mar- chands intéressés — l'Orchidée est chez nous à un bon marché qui lui ouvre toutes les serres et même les appartements. Messieurs les amateurs - qui n'ont pas encore été en rapports d'affaires avec nous — sont invités à visiter notre établissement, nous désirons les convaincre que si nos serres sont aussi admirablement tenues et nos plantes aussi superbement cultivées que veulent bien le reconnaître les principaux journaux horticoles d'Angleterre et d'Amérique, « ces brillants résultats sont dus ci une 'parfaite entente de leurs besoins ainsi qu'à « Tordre et à V habileté qui président à tons les ivuages de ï institution ) depuis le « eollectage des Orchidées dans leurs '.pays d'origine jusqu'à leur départ de Véta- « blissement . » Voilà pourquoi à L HORTICULTURE INTERNATIONALE on vend beaucoup, bon et à bas prix. Demandez les offres publiées chaque semaine, l6 AVRIL 1894 37 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES LXVI. — Toast prononcé par M. le Comte A. de Bousies au banquet du 11 mars, en l'honneur de MM. J. Linden et Lucien Linden Nous exprimions dans le numéro précédent du journal le regret de ne pouvoir donner le texte du discours prononcé le 1 1 mars par M. le Comte de Bousies. Un convive membre de L'Orchidéenne a eu l'obligeance de nous communiquer ce discours, qu'il avait recueilli à l'aide de la sténographie, et que nous sommes heureux de pouvoir reproduire aujourd'hui : Messieurs, En m'appelant à l'honneur de parler ici en votre nom, vous m'avez confié une mission bien délicate, car je ne possède pas l'éloquence nécessaire pour la bien remplir. Toutefois, cette mission était pour moi si honorable et si sympathique, que je n'ai pas hésité un seul instant à l'accepter. Je viens donc, au nom du jury de L'Orchidéenne, offrir à MM. Linden l'hommage de nos sentiments de reconnaissance et de sympathie. En disant reconnaissance, je crois employer le mot juste. En effet, à qui devons-nous ces moments charmants que nous passons chaque jour dans nos serres, à chercher une pousse nouvelle, à regarder l'apparition d'une spathe sortant de sa tige, à admirer la floraison de nos plantes? A qui sommes-nous redevables de ces réunions mensuelles, si agréables et toujours amicales ? Qui a fait connaître à la science cette admirable famille des Orchidées exotiques, à nos artistes ces fleurs originales aux formes si distinguées, dont ils s'emparent? A qui, enfin, nos concitoyens doivent-ils ces Orchidées superbes dont ils ornent leurs demeures et dont ils rehaussent l'éclat de leurs fêtes ? 3§ LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Eh bien, Messieurs, je n'hésite pas à le dire et vous m'approuverez, j'en suis certain : Toutes ces choses, nous les devons, pour une bonne partie du moins, à Messieurs Linden. (Applaudissements.) Vous savez ce qu'étaient les Orchidées anciennes : Quelques Oncidium insignifiants aux couleurs ternes; à peine deux ou trois Cypripedium ordinaires. Tout cela était relégué dans les coins les plus obscurs des serres des jardins botaniques, et quelles serres? Ne devrais-je pas plutôt dire des fours créma- toires, où les plantes entraient à moitié mortes en arrivant de leur pays, et d'où elles sortaient d'ordinaire quelques mois après si bien desséchées qu'elles pouvaient entrer immédiatement et sans autre préparation dans l'herbier du botaniste. Telle était à peu près la situation quand M. Linden père entreprit ses grands voyages d'exploration. Ce n'était pas là une tâche facile; d'abord la réussite en était problématique, puis ces pays lointains, qu'il s'agissait d'explorer, étaient à moitié sauvages et défendus par une hydre aux cent têtes, dont la première représentait les serpents venimeux, la deuxième la fièvre jaune, une autre le Vomito negro, et ainsi de suite. Rien n'arrêta M. Linden, il brava les courses à travers des contrées sans routes tracées, il brava la chaleur tropicale des vallées, le froid des neiges de la Cordillière, et nous rapporta enfin cette magnifique toison d'or représentée par nos Cattleya, nos Odontoglossum et autres merveilles que nous admirons aujourd'hui. Mais ce n'était là que la première partie de la tâche de M. Linden. Il fallait faire vivre et populariser les plantes dont il nous dotait. C'est alors qu'il s'adjoignit son fils, M. Lucien Linden. Grâce au travail et à l'intelligence de ces messieurs, ils parvinrent à arracher à la nature le secret de la vie des plus brillants représentants du règne végétal, et bientôt on vit les serres de leur bel établissement horticole s'emplir de verdure et de fleurs et prendre l'aspect de nos prairies et de nos champs aux plus beaux jours du printemps. Puis les plantes découvertes par M. Linden arrivèrent en foule, furent mises en végétation et répandues dans l'Europe entière, avec le secret de leur culture, livré généreusement aux quatre vents de la publicité. Pour nous faire une idée complète des progrès réalisés, rappelons-nous le superbe établissement où nous étions réunis ce matin et qui est si admirable- ment dirigé par M. Lucien Linden. En y entrant, on trouve d'abord la belle i6 avril 1894 3g Lindenia, où nos fleurs amies sont représentées avec tant de délicatesse et de vérité, puis le bon petit Journal des Orchidées {applaudissements), répandant jusque chez les amateurs les plus modestes, la science de la culture et la connaissance des progrès réalisés. En pénétrant plus avant dans les serres, si parfaitement tenues et disposées, on voit les plus beaux spécimens de la famille orchidéenne étaler leur luxuriante floraison; enfin, on admire les immenses arrivages, reçus aujourd'hui des pays étrangers, demain mis en culture et bientôt livrés à la consommation à des prix accessibles à tous. Telle fut, Messieurs, l'œuvre lindenienne, œuvre grande, complète et durable, méritant assurément la reconnaissance de tous les amis de l'horticulture et assurant au nom de Linden une place dans l'histoire. (Applaudissements.) Ce nom aura l'avantage de ne rappeler que de bons souvenirs. Nous connais- sons les noms historiques; les plus brillants ont été portés par des hommes dont les œuvres ont été éphémères et néfastes. Que reste-t-il de ces longs sillons tracés à travers le monde par des conquérants fantaisistes? Le temps les a recouverts de sa poussière, et la mémoire de ceux qui les ont creusés reste souillée par des souvenirs d'attentats contre le droit, la liberté des peuples, et par des images de sanglantes hécatombes. Si le nom de Linden n'est pas entouré des palmes quelquefois décernées si faussement à la gloire militaire, il aura du moins l'avantage de rappeler des œuvres durables et pacifiques. Dans un siècle, dans deux siècles et plus, les belles Orchidées, dont les Linden nous ont dotés, feront encore le bonheur de nos descendants, et nulle pensée repoussante ou douloureuse ne sera jamais attachée à leur merveilleux éclat. (Applaudissements.) Messieurs Linden, vous avez entendu les applaudissements qui m'ont inter- rompu à plusieurs reprises. Ils ne pouvaient s'adresser à ma parole insuffisante, et n'ont ainsi démontré qu'une seule chose : c'est l'élan unanime de sympathie et de reconnaissance avec lequel nous allons tous lever notre verre en votre honneur. Et quand je dis tous, je ne parle pas seulement des personnes réunies à cette table, je veux parler aussi de ces innombrables orchidophiles répandus dans tous les pays, et dont il me semble en ce moment entendre la voix se mêler à la nôtre pour répéter avec nous les paroles que nous vous adressons : — Merci, Messieurs Linden, de ce que vous avez fait pour l'horticulture; Merci, Messieurs, de ce que vous avez fait pour nous. (Longs applaudissements.) 4-0 LE JOURNAL DES ORCHIDEES REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES CYPRIPEDIUM x PANDORA Krânzl. — Hybride issu du C. Argus et du C. Dayanum, et obtenu par M. Anton Joly. Il a, paraît-il, beaucoup de ressemblance avec le premier des parents. Les sépales sont à peu près comme dans cette espèce; les pétales également, mais plus étalés. Le labelle rappelle plutôt le C. Dayanum. — Gard. Chron., 24 février, p. 230. * * DENDROBIUM x HEBE. — Cet hybride était exposé à un des derniers Mee- tings de Londres par sir Trevor Lawrence. Il est issu du D. Findlayanum et du D. x Ainsworthi. Il a les sépales oblongs, blancs, légèrement lavés de pourpre pâle et veinés de la même couleur. Les pétales plus larges, sont d'un blanc crème avec la pointe pourpre pâle, et jaune à la base. La colonne porte aussi des taches pourpres à son sommet et sur les côtés. — Gard. World, 27 janvier, P- 339- * * ODONTOGLOSSUM CRISPUM VAR. WALTONENSE L. Lind. — Magni- fique variété qui appartient à la collection de M. W. Thompson, de Walton Grange, Stone. On sait que cette collection, dont elle porte le nom, est célèbre pour ses superbes Odontoglossum; la présente forme est digne d'y figurer. Elle a les fleurs d'une grandeur exceptionnelle et d'une substance très épaisse, ce qui leur donne un caractère tout particulier. Ces fleurs sont d'un rose lilacé très élégant, maculé de très larges taches brun vif sur les sépales; quant aux pétales, un seul porte une macule moins grande vers son milieu; le labelle porte vers la partie antérieure une très grande macule brun vif, et sur les côtés près de la base quelques petites macules de la même nuance. LAELIO-CATTLEYA x PITTIANA O'Br. Cette Orchidée nouvelle, dédiée à M. H. T. Pitt, de Stoke Newington, est considérée par M. James O'Brien comme un hybride naturel issu du Cattleya gutlata Prinzi et du Laelia l6 AVRIL 1894 41 grandis. Elle rappelle beaucoup le L. C. X Schilleriana, dont elle se distin- guerait par la forme du labelle. Ses fleurs mesurent environ 10 centimètres de diamètre ; elles ont les sépales et pétales blanc crème teinté de rose, et portant quelques petits points rouges. Le labelle a les lobes latéraux blancs avec les pointes améthyste pourpré, et le lobe antérieur améthyste pourpré, avec la pointe réfléchie. — Gard. Chron., 3 mars, p. 264. * * * CATTLEYA x ARTHURIANA O'Brien. — Nouvel hybride issu du C. Dormaniana et du C. luteola. Il a été obtenu dans la collection de C. Dorman, Esq., de Sydenham, au fils de qui il est dédié. Par son port, il est intermédiaire entre les deux parents ; au point de vue du coloris il se rapproche davantage du C. luteola, qui est le porte-pollen. Les pseudobulbes ont deux feuilles; la tige florale ne portait qu'une seule fleur, mais il est extrêmement probable que la plante sera plus florifère quand elle aura acquis plus de force, surtout si elle tient du second parent. La fleur mesurait près de 6 I / 2 centimètres; les sépales ligules mesurent 1 74 cm « de largeur et sont d'un jaune clair teinté de vert; les pétales lancéolés, légèrement plus étroits que les sépales, ont le même coloris. Le labelle est trilobé; les lobes latéraux, qui enveloppent la colonne, sont presque aussi longs que le lobe antérieur et ont les pointes légèrement réfléchies; le lobe antérieur est d'un rouge améthyste, de même que les pointes des lobes latéraux. Les graines furent semées en juin 1884; les semis ont été repiqués en juin 1886. — Gard. Chron., 27 janvier, p. 102. * * * DENDROBIUM x SIBYL (D. Linawianum x D. bigibbum). — Cet hybride, obtenu par M. Norman S. Cookson, de Wylam on Tyne, est remarquable- ment beau, paraît-il, et d'un riche coloris. La fleur entière est nuancée de rose pourpré vif, plus pâle à la base; le labelle, bien étalé, a la même couleur, avec des macules marron. Si l'on ne connaissait pas sa parenté, on pourrait le prendre pour un hybride du D. Wardianum et du D. nobile. — The Garden, 17 mars, p. 227. * * DENDROBIUM x VIRGINALE (D. Bensoniae X D. japonicum). — Hybride ayant la forme du premier parent, mais avec les sépales et pétales plus étroits, 42 ' LE JOURNAL DES ORCHIDÉES blancs avec une nuance extrêmement délicate de rose, et une faible trace de vert pâle sur le labelle. La fleur mesure 6 y 4 centimètres de diamètre. Obtenu par MM. Veitch. — The Garden, 17 mars, p. 227. Max Garnier. ODONTOGLOSSUM PULCHELLUM VAR. LUDDEMANNI. - Feu Lud- demann possédait de M. Pescatore, toute une série d'Orchidées composée de variétés de grand choix ; elles sont dispersées aujourd'hui un peu partout et les Orchidophiles qui ont eu jadis la bonne fortune de s'en procurer quelques- unes, les regardent maintenant comme les perles de leurs collections. Nous avons retrouvé dernièrement une Orchidée qui était sortie de chez cet horticulteur parisien, mais qui était restée ignorée; c'est un Odontoglossum pul- chellum var. Luddemanni, qui diffère complètement des autres formes connues de cette charmante espèce. Cette Orchidée, dont le type est connu sous le nom de Muguet mexicain, a des pseudo-bulbes d'une grosseur phénoménale; ils ont huit centimètres de hauteur sur quatre à cinq de largeur et sont sur- montés de feuilles longues de cinquante-cinq centimètres ; les tiges florales ont également quarante-cinq centimètres de hauteur et les fleurons d'un blanc pur avec un labelle jaune foncé, sont aussi grands que ceux d'un Odontoglossum Krameri. Cette variété remarquable fait maintenant partie de la belle collection de M. Charles Vive, aux Mureaux, Seine et Oise. * * ZYGOPETALUM x PERRENOUDI. — Ce nouvel hybride issu des Z. inter- medium et Z . Gautieri, dédié à feu M. Perrenoud, un Orchidophile parisien, a été présenté à la séance du 22 mars de la Société nationale d'horticulture de France. C'est un métis très intéressant dont le port de la plante est parfaite- ment intermédiaire entre ses deux parents. La hampe florale est trapue ; les pétales et sépales sont d'un vert glauque maculé de brun, tandis que le magnifique labelle, qui a pris un grand développement, est d'un beau violet tirant sur l'indigo. 0. Ballif. l6 AVRIL 1894 43 MISCELLANEES UN ONCIDIUM TRÈS REMARQUABLE, décrit par Reichenbach sous le nom â'O. tenense, mais qui n'avait pas encore été introduit dans les cultures, vient d'être importé à L'Horticulture Internationale. Cette espèce, qui appartient à la section si riche et si décorative dans laquelle rentrent VO. superbiens, YO. lamelligerum, etc., paraît être plus belle que toutes ces espèces, d'après les échantillons secs et les aquarelles du collec- teur. Les pétales notamment, au lieu d'être tachetés de brun et de jaune, sont d'un superbe pourpre violacé. Nous espérons pouvoir signaler prochainement la première floraison de cette précieuse nouveauté. * * ONCIDIUM LINGUIFORME. — Cette curieuse espèce est actuellement en fleurs. Elle a été introduite en 1840; mais elle se rencontre rarement dans les cultures, et il est probable qu'elle n'a plus été importée depuis longtemps, quoique sa localité d'origine ait été indiquée; peut-être, il est vrai, cette localité n'en renferme-t-elle plus actuellement. Ses fleurs rappellent assez bien des papillons, et sont d'un brun jaunâtre, avec les sépales latéraux tachés de brun aux pointes. Elles sont très attrayantes, et cette espèce est en somme une de celles qui devraient figurer dans toutes les collections. * * DENDROBIUM SUR BLOCS. — Parmi les espèces de Dendrobium qui réussissent parfaitement sur blocs, et qu'il est commode de cultiver de cette façon grâce à leur petite taille, on peut citer les suivantes : D. Jenkinsi, D. Kingianum, D. teretifolium, D. aggregatum (les petites plantes seulement), D. linguiforme, D. suavissimum , D. capillipes, D. senile, D. ciliolare. Le D. Falconeri, espèce très belle, qui malheureusement est rare, réussit bien également sur bloc, quand il n'est pas volumineux. Henri Hermieux. 44 LE JOURNAL DES ORCHIDEES DESTRUCTION DES LIMACES, PLANORBES, ETC. — « Voulez-vous me permettre de vous faire part, à vous et à vos lecteurs, d'une trouvaille aussi simple qu'efficace pour détruire limaces, escargots et autres voraces rampants, que nous nous ingénions à exterminer du voisinage de nos Orchidées ? Disposez entre vos potées, sur les banquettes, de petites coupes ou assiettes (les soucoupes de pots sont en ce cas tout indiquées), garnies de farine de maïs. Vous serez tout étonné, dans la nuit, ou seulement dans la soirée, d'y trouver limaces, planorbes, hélix, absorbant à qui mieux la farine déposée à leur inten- tion, de laquelle ils sont très friands. — Ils en sont si friands que si vous les laissez faire sans les arrêter, ils arriveront rapidement à engloutir toute la farine. Nous avons essayé la farine de froment, à laquelle ils restent indifférents; la farine de maïs seule nous a donné d'excellents résultats, et cela depuis la fin de l'été dernier. » Lucile Hubert. LES ARACHNANTHE Les Arachnanthe sont des Orchidées très remarquables de serre chaude dont le classement est généralement mal connu du public amateur, et qui sont principalement connues sous le nom de Vanda. Ils se distinguent des Vanda notamment par la forme du labelle, qui n'est pas éperonné ni en forme de sac, mais articulé à la base du gynostème et mobile. Le genre fut fondé par Blume sur la plante nommée par Linné Epidendrum Flos aeris (Epidendrum fleur de l'air), et qui reçut alors le nom de A. moschifera; cette espèce ne paraît pas être actuellement cultivée; mais les deux suivantes sont bien connues et souvent admirées dans les grandes collections : Arachnanthe Cathcarti. Les fleurs de cette superbe espèce mesurent environ 7 1/2 centimètres de diamètre; elles sont au nombre de trois, quatre ou cinq sur chaque hampe. Elles apparaissent aux mois de février-mars. Les pétales et les sépales sont à peu près semblables, oblongs elliptiques, les premiers un peu moins obtus que les seconds. Le coloris de ces organes est très élégant; ils portent une abondance de barres brun rougeâtre foncé sur un fond jaune pâle, à peine apparent. Le labelle trilobé a les lobes latéraux petits, arrondis, étalés de côté, blancs avec quelques stries rouges; le lobe l6 AVRIL 1894 45 antérieur est jaune, avec une large bordure en forme de fer à cheval de consistance subéreuse et de couleur gris jaunâtre. Le disque porte deux côtes charnues, jaune pâle, tacheté de rouge. La colonne, très grosse, est jaune brunâtre tacheté de brun au sommet. Les organes végétatifs sont assez élégants, comme dans toutes les plantes de ce groupe. La tige est mince comme un crayon, et atteint une assez grande hauteur, mais elle s'incline assez fréquemment à son sommet. Les feuilles linéaires oblongues sont très coriaces et mesurent de 15 à 20 centimètres de longueur. Arachnanthe Lowi. Cette remarquable espèce est célèbre, tant par sa beauté et la richesse de sa floraison, que par la curieuse particularité qu'elle possède de produire des fleurs dimorphes. Ses tiges florales, longues de 15 à 25 centimètres, souples et pendantes comme des cordons, portent sur toute leur longueur des fleurs nombreuses mesurant environ 6 1/2 centimètres de diamètre. Les deux premières fleurs à la base de chaque tige sont d'un jaune gomme-gutte vif, avec quelques petites taches brunes répandues sur leur surface; elles ont les pétales et sépales oblongs elliptiques, charnus; les autres fleurs sont un peu plus grandes; elles ont les segments un peu plus étroits, ondulés et accuminés, d'un rouge-brun foncé, avec quelques dessins jaune clair. Le labelle, beaucoup plus court que les autres segments, est pourpre clair au centre, puis tacheté de pourpre sur fond jaune, et entièrement jaune au sommet. Le gynostème très court et charnu est verdâtre tacheté de rouge. Les pétales sont un peu refermés. L'axe végétatif est vigoureux, et atteint ordinairement une hauteur de 1 à 2 mètres. Les feuilles coriaces mesurent de 50 à 70 centimètres de longueur, et sont d'un vert sombre. Il existe deux ou trois variétés supérieures de cette belle espèce; ce sont VA. Lowi Warocqueana, VA. Lowi Lindeni et VA. Lowi Rohdeniana. La plante à.' A . Lowi qui figure dans la collection de M. le baron Alphonse de Rothschild, à Ferrières, est célèbre et a été fréquemment citée. Elle a été photographiée en 1885, et portait alors 650 fleurs. ISA. Lowi fleurit ordinairement en été, vers le mois de juin ou juillet. Il est originaire de Bornéo, district de Sarawak, où il se rencontre ordinaire- ment dans les forêts basses près des cours d'eau, où ses racines sont presque constamment baignées d'une vapeur humide. \JA. Cathcarti croît à peu près dans les mêmes conditions, quoique prove- 46 LE JOURNAL DKS ORCHIDÉES nant d'une région fort éloignée. Voici un extrait de la description publiée par sir Joseph Hooker dans le Botanical Magazine : « Il est originaire de vallées ombragées, chaudes et humides de l'Himalaya Oriental, et recherche le voisinage des chûtes d'eau où il est baigné d'une humidité constante. Je l'ai découvert moi-même en 1848, et envoyé au Jardin botanique de Calcutta, d'où il fut expédié en Angleterre après sa floraison, mais il ne survécut pas au voyage. » D'autre part, un correspondant du Gardeners' Chronicle écrivait à ce journal, en 1890 : « L'habitat qui convient et qui est nécessaire à son existence, ce sont les gorges couvertes de bois touffus dans le proche voisinage des torrents où la lumière pénètre très peu, où les rayons chauds du soleil ne peuvent arriver, et où existe pendant toute l'année un état continuel d'abondante humidité. De mai à octobre, les forêts sont maintenues à l'état de saturation constante par une pluie presque continuelle; pendant l'autr*e moitié de l'année, l'humidité est entretenue par les chûtes des torrents, dont l'épais dôme de feuillage qui le recouvre arrête l'évaporation. » Une autre espèce, d'introduction plus récente, mérite également d'être signa- lée; c'est VA. Clarkci, découvert en 1875 dans l'Himalaya par M. C. B. Clarke, à qui il est dédié. Il fleurit pour la première fois à l'automne de 1886 dans la collection de M. John Day. UA. Clarkci ast très voisin de l'A. Cathcarti; ses fleurs sont de la même grandeur; les sépales et pétales sont d'un brun vif barré de jaune clair, les premiers plus larges que les seconds. Le labelle est jaune clair, presque blanc, strié de rouge, avec le lobe antérieur charnu, brun clair, sillonné de 7 ou 8 côtes disposées en éventail; ses fleurs durent environ six semaines. L. L. LES CALANTHE Les Calanthe sont au nombre des plus belles Orchidées de serre. Leur culture est facile, leur floraison est abondante et de longue durée ; beaucoup des plus belles espèces fleurissent en hiver, ce qui a contribué à augmenter encore leur popularité. Le nombre des espèces connues est d'une quarantaine environ; elles sont l6 AVRIL 1894 47 dispersées sur une aire très vaste, dans l'Assam, la Cochinchine, les Indes néerlandaises, le Japon, les îles du Pacifique et jusqu'à la partie septentrionale de l'Australie, et enfin dans l'Amérique et l'Afrique centrales, à Madagascar, aux Antilles et au Mexique. On peut diviser les Calanthe, d'après leur aspect extérieur et leur mode de végétation, en deux grandes sections très naturelles. L'une comprend un certain nombre d'espèces à pseudobulbes, de croissance épiphyte, telles que les C. vestita, C. Turneri, C. X Veitchi; l'autre se compose d'espèces terrestres, dépourvues de pseudobulbes, à feuillage très ample et largement étalées. Les deux représentants les plus connus de ce groupe sont les C. Masuca et C. veratrifolia. Le Calanthe veratrifolia, sur lequel fut fondé le genre en 1823, est une belle espèce très répandue dans les cultures. Il a été introduit d'Australie, de Java, de Cochinchine, de l'île de Ceylan, du Japon, etc. Quoiqu'il ne paraisse pas avoir jamais disparu des serres européennes, il a reçu à plusieurs reprises différents noms qui ne doivent être considérés que comme des synonymes; c'est ainsi que les C. colurans et C. Pétri, de Reichenbach, doivent être rat- tachés à cette espèce. La plante est d'un port robuste et assez élégant; les feuilles, d'un vert clair, ont une longueur de 45 à 60 centimètres, et sont larges en proportion. La tige florale érigée, élevée au-dessus du feuillage, se termine par une grappe très touffue de fleurs blanches , mesurant chacune environ cinq centimètres de diamètre. Les sépales et pétales sont ovales oblongs, et acuminés ; le labelle est partagé en quatre lobes divergents, et a le callus jaune. Le C. Masuca provient surtout de la région de l'Himalaya et de l'île de Ceylan; il fut décrit pour la première fois par Lindley en 1832. Il a les feuilles plus petites que le précédent. Sa tige florale atteint une hauteur de 60 à 80 cen- timètres, et porte une grappe serrée de fleurs d'un bleu-mauve vif; le labelle, d'un coloris un peu plus foncé que les autres segments, est trilobé et a le lobe antérieur oblong arrondi, émarginé; la crête est d'un brun-rougeâtre. Ces deux espèces ne perdent pas leur feuillage tous les ans ; les feuilles ne tombent que dans le courant de la seconde année, de sorte que la plante conserve toujours un aspect décoratif. Passons à l'autre section; l'espèce la plus remarquable qu'elle renferme est le Calanthe vestita. Cette superbe espèce fut découverte en 1826 dans le Tenas- serim par le D r Wallich, mais elle ne fut guère introduite qu'en 1848. Elle 48 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES est d'une croissance robuste et fleurit régulièrement tous les ans. Sa floraison se produit ordinairement en décembre, janvier et février. Ses fleurs mesurent de 5 à 7 l \ z centimètres de diamètre, et ont une forme très élégante. Les pétales et les sépales, d'un blanc de lait, sont oblongs assez larges, surtout les premiers, bien étalés, brièvement apiculés. Le labelle plat, trilobé, a les lobes latéraux obliques largement arrondis, et le lobe antérieur obcordé, bifide au sommet. La variété rubro-oculata porte à la base du labelle une large macule rouge pourpre. La variété igneo-oculata, importée assez récemment de Bornéo, a la macule rouge orangé, plutôt que rouge feu, comme l'indique son nom. Enfin la variété gigantea a les fleurs plus grandes que dans le type ordinaire, et la macule du labelle rouge orangé. Le Calanthe Tumeri et le C. Regnieri peuvent être considérés comme des variétés de cette espèce, dont ils ne diffèrent que par quelques détails peu importants. Le premier a les pseudobulbes un peu plus allongés, les fleurs à peu près semblables à celles de la variété rubro-oculata; mais ces fleurs se pro- duisent un peu plus tard que celles du type. Le C. Regnieri a les fleurs un peu plus petites, le labelle moins profondément lobé et d'un coloris rose, avec une macule rouge vif à la base. L. L. (Sera continué.) LES GRANDES COLLECTIONS D AMATEURS A Auderghem La vaste propriété de M. A. Madoux, délicieusement située, est favorisée par la nature pour devenir le parc modèle que son habile et ingénieux pro- priétaire désire en faire. Le château domine la vallée dans tous les sens, et la rivière qui coule au bas d'un côté contribue à compléter un tableau des plus pittoresques. Mais, non content de contempler la nature à l'état sauvage, ou le potager, le verger et le jardin qu'il avait fait aménager, et qui sont dans un état prospère, surtout le verger, M. Madoux, comme beau- coup d'autres personnes très riches et ayant la passion des plantes, décida, il y a peu de temps, qu'il allait « se lancer dans les Orchidées. » Cette résolution l6 AVRIL 1894 49 prise, M. Madoux ne se borna pas, comme on le fait trop souvent, à passer la revue de ses anciennes serres et à choisir celle qu'il pourrait consacrer aux Ochidées, si mal appropriée qu'elle pût être à cet emploi; il jeta les fondations de sa collection en faisant construire une superbe série de serres à Orchidées; et la vigueur, la parfaite santé de toutes ses plantes, prouvent que sa façon de procéder était la bonne. Ce furent MM. Linden( i ) qui tracèrent le plan et dirigèrent l'exécution des travaux. Par suite de la conformation du terrain sur lequel on devait construire , l'ensemble de l'installation devait avoir à peu près la forme de la lettre A ; les spacieuses serres à Orchidées aménagées des deux côtés sont séparées à intervalles par de vastes serres en forme de dôme, remplies de grands Palmiers et de Fougères arborescentes, au milieu desquels on dispose les Orchidées dès qu'elles viennent en fleurs, et l'on mélange aussi d'autres fleurs de la saison pour égayer la vue. A la jonction des deux rangées convergentes, se trouve une serre encore plus grande pour les plantes à feuillage ornemental, et c'est là que le visiteur tourne pour parcourir la seconde rangée. Les deux rangées sont reliées par une galerie vitrée et chauffée qui sert actuellement de galerie de travail, mais comme il reste encore assez d'espace disponible pour construire un autre local de rempotage, M. Madoux se propose de transformer cette galerie en une serre de Cattleya, Laelia, etc. Lorsqu'on part de cette galerie, située à la base de l'A, et qu'on parcourt les deux branches, on rencontre d'abord une spacieuse serre, admirablement installée, pour les plantes rares, semis d'Orchidées et nouveautés tenues en observation ; cette seule serre, si bien tenue, renferme toute une collection de choix. D'un côté (dans des compartiments formés par des châssis faciles à déplacer par glissement) se trouve un très beau lot de Cypripedium hybrides, entre autres plusieurs provenant de croisements qu'on n'a pas encore vus en fleurs. Parmi les plus beaux en fleurs se trouvaient des Cypripedium x Charle- sianum (Sallieri aureum x Leeanum superbum), nommés d'après l'un des fils de M. Madoux, qui s'intéressent autant aux plantes que leur père. Plusieurs formes de ce croisement ont fleuri; toutes sont très belles, mais elles varient de coloris d'une façon très remarquable. Le C. X Charlesianum, a beaucoup de la forme du C. X Sallieri, et le même labelle jaune clair, les mêmes pétales, (1) Ici une petite rectification s'impose : J'ai dressé les plans, mais M. Madoux a dirigé lui-même les travaux. L. L. 50 LE JOURNAL DES ORCHIDEES avec le pavillon blanc tacheté de pourpre régulièrement sur la moitié infé- rieure. Le C. X Denisianum, allié du C. X Morganiae, le C. Argus Moensi, le C. X amabile; une superbe forme du C. callosum, à pavillon richement coloré de rose pourpré, enfin plusieurs autres beaux hybrides, étaient également en fleurs, ainsi que le Chysis aurca et d'autres espèces rares. En jetant un coup-d'œil rapide sur les serres superbement garnies de plantes vigoureuses, nous remarquons dans la première serre tempérée de belles formes de Catlleya Trianae, de beaux et distincts C. guttata Prinzi, un remarquable Cypripedium Lowianum à labelle foncé, un superbe Sobralia macrantha, le nou- veau et très intéressant Lycaste Luciani, le célèbre Lycasie Skinneri alba, et une variété de Laelia elegans, d'un rose cramoisi clair. Nous traversons une des serres ornementales dont nous avons parlé plus haut, puis nous trouvons une serre d'Odontoglossum parfaitement cultivés, à bulbes vigoureux, à feuilles bien vertes, et littéralement couverts de grappes de riches fleurs. Les plus belles peut-être sont les diverses formes d'O. crispum, et il est difficile de décider quelles sont les plus remarquables, les grandes, presque blanc pur, les roses, ou les maculées. Parmi les dernières nous trou- vons une particularité curieuse, consistant en une inflorescence de six belles fleurs, les trois de la base étant blanches, maculées et pointillées de brun clair sur la plus grande partie de leur surface, et les trois supérieures n'ayant presque aucune tache. Inutile de dire que nous avons recommandé de marquer la plante et de noter cette particularité, afin de pouvoir observer si elle était fixée. Avec les 0. crispum était un lot d'O. triumphans, 0. Harryanum, 0. luteo- purpureum, O. Andersonianum, O. pulchellum majus, 0. Edwardi, une forme très distincte de Miltonia cuncata, portant quatre grappes de fleurs dans les- quelles le labelle était nettement nuancé de pourpre. En traversant la serre ornementale de l'extrémité, garnie de rochers, de Fougères arborescentes, etc., nous passons à l'autre rangée; nous arrivons d'abord dans une serre de Cypri- pedium parmi lesquels plusieurs grandes plantes sont en fleurs. Nous notons parmi les plus saillantes les C. x Seegerianum, C. X nitens superbum, C. x Leeanum superbum, C. insigne montanum en grand nombre et très variés, C. villosum, C. Boxalli, le véritable C. X Harrisianum superbum, les C. X plu- nerum, C. X marmorophyllum, C. hirsutissimum, ainsi que les principales variétés du groupe C. x Sedeni. Dans la même serre, de vigoureuses inflorescences d'Odontoglossum hastUabium, Miltonia Roezli alba, Odontoglossum aspersum, etc. Nous traversons un autre jardin d'hiver, et nous arrivons à la serre consacrée l6 AVRIL 1894 51 aux importations. Il y en a un grand nombre, surtout des Cattleya, dont beau- coup ont été achetés tout récemment, et tous donnent des signes évidents d'une vigueur qui en fera de bonnes plantes d'ici peu. Nous passons sous une tonnelle recouverte de poiriers palissés, et nous arrivons au bas de la propriété, où se trouvent les anciennes serres à plantes et à fruits. Ici également, une série de charmantes serres basses adossées sont en construction. Trois seront consacrées aux Roses, les deux autres sont le commencement d'un agrandisse- ment projeté pour les cultures d'Orchidées, car M. Madoux est un homme qui va hardiment de l'avant dans l'exécution de ses projets, et il dit qu'il trouve les Orchidées peu coûteuses, comparées à certaines autres choses dont il s'est occupé. James O'Brien. {Gardeners.'' Chronicle, 7 avril.) PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE Max R. — A notre avis, le n° 596 est bien VO. odoratum; le n° 371 est nettement ce qu'on appelle O. gloriosum; le n° 171 est également un O. gloriosum, légèrement différent du précédent. A. F. — Les étiquettes du genre de celles dont vous parlez, consistant en une bande de plomb enroulée autour d'une tige de la plante, sont com- modes, car on peut graver l'inscription dans le plomb très facilement ; mais remarquez que l'on ne peut inscrire de cette façon qu'un numéro. Un nom composé de deux mots, si courts que soient ceux-ci, n'y trouverait jamais place. En outre , il faut avoir bien soin de ne pas enrouler ces étiquettes de plomb autour de tiges susceptibles de s'accroître et de grossir, car elles seraient étranglées. Un numéro peut parfaitement suffire, si vous tenez un registre portant les noms de vos plantes en regard des numéros. Toutefois, ce mode de marquage est évidemment moins simple que l'emploi d'étiquettes en zinc ou en bois. Les étiquettes en zinc sont commodes et peu coûteuses, mais elles ont l'inconvénient de noircir assez vite et de se couvrir d'une couche d'oxyde, de sorte que le nom inscrit n'est plus lisible au bout de six mois environ. Les étiquettes de bois nous paraissent les plus commodes et les plus économiques, et elles sont fort durables. Le bois employé le plus souvent est, croyons-nous, le saule. On les vend peintes en blanc ou en jaune sur une face, de sorte que le crayon se lit très bien. Pour les plantes de plein air, on peut tremper la pointe des étiquettes dans du bitume , afin de leur donner plus de durabilité. Enfin, on peut tirer un meilleur parti des éti- quettes de zinc en recouvrant l'écriture d'une couche protectrice de vernis. UNE EXPOSITION D'HORTICULTURE sera ouverte du 11 au 17 mai, dans le parc de la Société Royale de Botanique et d'Horticulture de Manchester. Les prix attribués aux Orchidées sont de 750, 500 et 250 francs dans les concours réservés aux amateurs, et de 500, 250 et 125 francs dans les concours réservés aux horticulteurs. NECROLOGIE. — M. George Hardy, le grand amateur de Pickering Lodge, Tiniperley 52 LE JOURNAL DES ORCHIDEES. (Angleterre), est décédé le 26 mars, à l'âge de 62 ans. Sa superbe collection avait une grande réputation dans le monde orchidophile, et un certain nombre d'Orchidées très belles lui ont été dédiées, notamment le Cattleya X Hardyana, le magnifique hybride naturel dont la Lindenia a publié plusieurs variétés, les C. Mossiae Har- dyana, C. Trianae Hardyana, etc. CYMBIDIUM EBURNEUM. — En effet, cette espèce réussit parfaitement en serre tempérée froide, à peu près dans les mêmes conditions que les Odontoglossum alpins, mais avec deux ou trois degrés centigrades de plus. Nous avons vu des floraisons superbes obtenues de cette façon, et notamment celle citée et figurée il y a quelques année par le Gardeners' Chronicle; la plante en question, exposée par lord Rendlesham à Londres, portait 29 fleurs, et excita l'admiration générale. * H. B. — Vous trouverez cette étude dans le deuxième volume du Journal des Orchidées. A. C, à Maubeuge. — Nous regrettons de ne pas pouvoir vous fournir actuellement des renseigne- ments détaillés sur ce point. Les cas sont telle- ment rares qu'il n'existe jusqu'ici aucune théorie générale. Il faudrait, pour pouvoir en formuler une, étudier un certain nombre d'exemples, que l'on ne peut évidemment pas produire de parti-pris. P. F. — Le Cattleya bulbosa est un synonyme du C. Walkeriana. C'est une plante de croissance naine, à feuilles coriaces et à pseudobulbes courts en forme de massue. Les fleurs mesurent de 10 à 12 1/2 centimètres de diamètre. Elles sont d'un rose vif, et le labelle, de forme singulière, est d'un coloris un peu plus foncé. La plante a une hauteur de 10 centimètres environ. C'est une espèce brésilienne, qui mérite assu- rément une place dans toutes les collections. Elle fleurit au mois de juin, alors que finissent les C. Mossiae, C. Mendeli, C. Warneri, etc. VOrchis foliosa est une Orchidée rustique, et l'une des plus appréciées. Il est originaire de Madère. Il produit une abondance de fleurs variant du rouge prune foncé à un coloris presque blanc, en passant par des roses ravissants. Le sol qui convient à cette espèce est un terrain tour- beux profond et humide ; elle doit être abritée par les arbres contre les rayons directs du soleil, et par une haie contre les vents froids. L. L. Extrait du Moniteur d'Horticulture du 25 fé- vrier : LA CULTURE BELGE ET LA CULTURE ANGLAISE. — Depuis que la culture des Orchi- dées a pris une telle extension en Belgique et en Angleterre, les journaux horticoles de ces deux pays discutent dans leurs colonnes pour savoir chez laquelle des deux nations elle est le mieux comprise et celle qui possède les Orchidomanes les plus distingués. Naturellement le climat, la position géogra- phique et l'altitude d'un pays aident plus ou moins à la parfaite réussite de la culture des Orchidées, mais avant tout il faut savoir leur prodiguer les soins dont elles ont besoin pour les conserver en bonne santé, les faire prospérer et fleurir régulièrement. A ce point de vue, il serait aussi intéressant de savoir ce qtie nous pensons en France de ces différentes méthodes et quelle est celle que nous préférons. Depuis une dizaine d'années, c'est-à-dire dès le début où elle a commencé à faire de nombreux adeptes, nous nous occupons en France de cette spécialité horticole; nous avons donc été à même de suivre de près le développement qu'elle y a pris. Après un stage de plusieurs années passé dans les grands établissements de Londres, nous étions rentré en France entiché de la culture anglaise ; il nous semblait à ce moment qu'elle était la seule pouvant donner de bons résultats. Au bout de quelques années de pratique, nous nous aperçûmes que nous faisions fausse route sur certains points et que les résultats n'avaient pas toujours répondu à notre attente. Nos fré- quents voyages en Angleterre et en Belgique nous permirent d'établir des points de compa- raison, et petit à petit nous fîmes des essais sur certains genres, cultivés dans les mêmes serres et d'après les méthodes usitées dans les deux pays. Les résultats ne se firent pas longtemps attendre : après un examen minutieux, il nous a fallu recon- naître la supériorité de la méthode belge. Nos observations se sont portées principale- ment sur les espèces destinées à la culture mar- chande; nous reconnaissons volontiers qu'il existe en Angleterre des collections admirablement cul- tivées et d'une richesse dont on ne peut que difficilement se faire une idée ; mais, d'un autre côté, où faut-il aller pour trouver le pareil de ces établissements horticoles de Bruxelles et de Bruges, par exemple! Malheureusement, nous ne sommes pas encore arrivés en France à fonder de ces grandes usines, comme dans ces deux pays précités, où les Orchi- dées sont cultivées sur une si vaste échelle, que l'on est obligé de se demander où ces horticul- teurs peuvent trouver des débouchés pour écouler de pareils stocks. Ceci est la preuve concluante de la grande vogue de ces plantes, car les Belges et les Anglais sont trop intelligents et trop inté- ressés pour entreprendre de pareilles cultures, s'ils n'y trouvaient pas largement leur bénéfice. Otto Ballif. PÉPINIÈRES DE MONTAIGU (Belgique) Edouard MICHIELS chef des pépinières. Gustave MICHIELS architecte de jardins. Edmond MICHIELS Spécialité Graines de prairies, forêts, sapinières et autres. Arbres fruitiers pour vergers. — Pommiers, Poiriers, Pruniers, Cerisiers, liantes tiges, saines et rigoureuses, les meilleures variétés, depuis 1 fr. 50 à 2 francs. Baliveaux, de l'"50 à 2m. hauteur, à i fr,. _ Autres jeunes Pommiers à 55 fr. le 100. — Arbres fruitiers pour Jardins. Belles pal mettes-pyramides, en variétés les plus méritantes, de fr. 1,25 à 2 fr. 50. Forts arbres forestiers. — Pour routes, drèves, fonds, etc.; Ormes gras, Frênes, Erables, Châtaigniers, Tilleuls, Peupliers du Canada, depuis 0,70 cent, à 1 fr. 25 très fort. 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Pour paraître prochainement 2 LES ORCHIDÉES EXOTIQUES ET LEUR CULTURE EN EUROPE Par LUCIEN LINDEN TRAITÉ COMPLET consacré à la culture des principales merveilles de la flore tropicale et renfermant de nombreuses gravures Le besoin se faisait sentir d'un ouvrage résumant les progrès accomplis dans les dernières années, tant par la culture que par la connaissance scientifique et horticole des Orchidées. Au point de vue de leur culture, des progrès énormes ont été accomplis depuis la publication des derniers ouvrages spéciaux en langue française. Les principes généraux ont été nettement discernés, les détails d'appli- cation ont reçu des perfectionnements considérables. La culture belge, dont l'excellence est aujourd'hui proclamée par les connaisseurs et cultivateurs les plus compétents des divers pays d'Europe, est définitivement fixée comme la mieux appropriée aux besoins des Orchidées. La vie de ces magnifiques végétaux à l'état naturel, leurs particularités physiologiques, leur beauté pitto- resque et infiniment variée, méritent d'attirer l'attention de beaucoup de personnes du monde qui ne connaissent des Orchidées que des légendes mystérieuses et confuses, et qui parfois n'osent pas en embellir leurs serres, faute d'être plus exactement renseignées. Il est nécessaire, d'autre part, de fournir aux cultivateurs et amateurs, si nombreux aujourd'hui, une description des principales et des plus belles Orchidées cultivées, y compris les nouveautés introduites en très grand nombre dans ces dernières années. Nous avons entrepris cet ouvrage à la demande d'un grand nombre de personnes qui ont bien voulu nous dire que nous étions particulièrement à même de combler ces lacunes, grâce aux observations et aux matériaux considérables que nous fournit la direction d'un des premiers établissements d'introduction du monde. Il est évident ' en effet, qu'il faut cultiver, et cultiver en grand, pour pouvoir traiter de la culture, et qu'il faut disposer de. collections étendues pour pouvoir parler des Orchidées et les décrire. C'est donc à tous les points de vue, un livre d'expérience et de pratique que nous offrons au public, un o-uide de culture pour le jardinier et pour l'amateur désireux de surveiller lui-même les soins donnés à ses plantes aussi bien qu'un ouvrage de bibliothèque pour le curieux de la nature et de ses beautés. Notre programme peut se résumer de la façon suivante : Les Orchidées au point de vue scientifique. — Notions de botanique organographique et systématique et de physiologie; bibliographie, etc. Les Orchidées au point de vue pratique. — Leur culture détaillée : rempotages, ventilation, ombrage, arroseménts etc. • aménagement des serres, chauffage, etc.; influence du climat, etc.; parfum des Orchidées; l'hybridation des' Orchidées ; les Orchidées à l'état naturel et les importations; distribution géographique; listes des genres, notes sur la culture spéciale de chaque genre et description des principales espèces; grande culture de^rapport ; utilisations industrielles, etc. Les Orchidées au point de vue historique. — Histoire de l'importation et de la culture. Les Orchidées au point de vue mondain. — Parti qu'on peut tirer de la beauté des Orchidées ; la façon d'orner les serres et les appartements ; fleur coupée, bouquets, etc. ; collections d'amateurs. L'ouvrage, comprenant environ 800 pages d'un grand format, sera mis en vente PROCHAINEMENT, au prix de 25 FRANCS L'EXEMPLAIRE Les JARDINIERS qui souscriront à cet ouvrage pourront payer par versements éche- lonnés de 2 FRMCS PAR MOIS Cette faveur sera accordée aux JARDINIERS seulement. On s'inscrit chez l'auteur : 100, rue Belliard, à BRUXELLES. GRAINES POTAGÈRES, FOURRAGÈRES DE FLEURS ET D'ARBRES MAISON F. VAN CELST 24, RUE DES PAROISSIENS, BRDXELLES Seul Premier Grand Prix — Médaille d'or — à l'Exposition nationale d'Horticulture de Bruxelles en 1880 pour la plus belle collection de légumes. Deux Premiers Prix — Médaille d'or — pour légumes et fleurs. 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Anvers est à cinquante minutes en chemin de fer de Bruxelles *^EM TEAINS A CHAQUE INSTANT "0 5 me année. MAI 1894 Numéro 100. LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE RÉDIGÉ ET IP TT IB IL. I É PAR LUCIEN LIIMDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, D r G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, Ch.Van Wambeke, A. Bleu, D r Van Cauwelaert, Ch.Vasseur, Comte de Bousies, J. Nôtzli, Cahuzac, D r Capart, James O'Brien, J. duTrieu deTerdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Truffaut, D. Treyeran, G. Rivois, P. Silver, A. Ducos, A. Dallière, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Ch. de Bosschere, A. Hubert, A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, F. délia Porta, G. Diretti, A. van den Heede, A. Wincqz, G. 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MARCHÉ EUROPÉEN D'ORCHIDÉES U^^ 9 Immenses arrivages toutes les semaines c:: 5^S ORCHIDÉES POPULAIRES, RARES OU NOUVELLES, INTRODUITES OU CULTIVÉES PAR CENTAINE DE MILLE Grâce à nos nombreuses introductions directes et, à nos prix réduits — la légende que nous vendons plus cher qu'ailleurs n'existe plus aujourd'hui que dans l'imagination incurable de quelques horticulteurs-mar- chands intéressés — l'Orchidée est chez nous à un bon marché qui lui ouvre toutes les serres et même les appartements. Messieurs les amateurs — qui n'ont pas encore été en rapports d'affaires avec nous — sont invités à visiter notre établissement, nous désirons les convaincre que si nos serres sont aussi admirablement tenues et nos plantes aussi superbement cultivées que veulent bien le reconnaître les principaux journaux horticoles d'Angleterre et d'Amérique, « ces brillants résultats sont dus à une parfaite entente de leurs besoins ainsi qu'à « tordre et à V habileté qui président à tous les rouages de l'institution, depuis le « collectage des Orchidées dans leurs pays d'origine jusqu'à leur dépari de l'éta- it blissement. » Voilà pourquoi à L HORTICULTURE INTERNATIONALE on vend beaucoup, bon et à bas prix. DEMANDEZ LES OFFRES PUBLIÉES CHAQUE SEMAINE. I" MAI 1S94 53 LISTE GÉNÉRALE DE TOUS LES CYPRIPÉDES décrits, découverts ou obtenus artificiellement dans les cultures De tout temps les Cypripédiées ont été nos Orchidées favorites. Depuis un grand nombre d'années, nous avons suivi attentivement la marche ascendante des introductions nouvelles, et surtout celle des obtentions hybrides, de plus en plus nombreuses, qui ont pris naissance dans nos serres. Si nous jetons un coup-d'ceil rétrospectif sur les nombreuses acquisitions qui font actuellement des Cypripédiées le genre le plus nombreux de la grande famille des Orchidées, nous trouvons qu'en 183g, les célèbres horticulteurs anglais Loddiges, d'Hackney-Londres, ne publiaient dans leur catalogue que les trois espèces suivantes de Cypripèdes : le C. insigne, le C. purpuratum et le C. venustum. Dix ans plus tard, la même firme en mettait huit nouvelles espèces au commerce; excepté le C. barbatiim, les autres n'étaient que des espèces rustiques, originaires de l'Amérique du Nord. Depuis cette époque, grâce aux voyages d'explorations entrepris par M. Jean Linden d'abord, puis par MM. Rollisson, Veitch, Low, Bull, Backhouse, Sander, etc., les Cypripèdes des Indes orientales et de l'Amérique du Sud furent importés vivants en Europe. En 1861, le consul Schiller à Hambourg, en mentionnait dix-neuf espèces de serre dans le catalogue de cette collection, jadis riche et célèbre. C'est aussi à cette époque que remonte le premier essai d'obtenir des métis. Le D r Harris, alors chirurgien à Exeter (Angleterre), donna à feu John Dominy l'idée de féconder ensemble les C. barbatum et C. villosum. C'était en 1857, et de ce croisement, en 1869, fleurit le C. x Harri- sianum, dédié par Veitch à ce docteur anglais. Mais à ce moment la culture des Orchidées débutait seulement, aussi les amateurs étaient-ils peu nombreux. Bien des années s'écoulèrent sans que l'on pût enregistrer de nouveaux gains, et ce n'est vraiment qu'à partir de 1880 que les Cypripèdes commencèrent à être particulièrement recherchés des Orchidophiles. De 1886 à 1889 leur vogue 54 LE JOURNAL DES ORCHIDEES alla croissant; les amateurs américains recherchaient alors dans toutes les collections, et souvent à des prix fabuleux, tous les Cypripèdes connus à cette époque. Ce fut le point de départ d'une vraie course au clocher, entre les ama- teurs américains, anglais, belges, français, et italiens même, qui visaient à posséder la collection la plus complète de ces belles et curieuses Orchidées. C'est à ce moment (1887) que nous entreprîmes et publiâmes, dans le Moniteur d'Horticulture de Paris, notre premier travail sur les Cypripédiées ; nous avions compté plus de 250 Cypripèdes dans la collection de M. Measures à Londres et nous étions arrivés à en compulser une liste de 350 environ. Ce travail fut dès lors revisé en 1888 et complété à différentes reprises dans les III e , IV e et V e volumes de la Lindenia, puis continué dans les II e et IV e volumes du Journal des Orchidées. De longues et minutieuses recherches nous engagent aujourd'hui à compléter nos précédentes listes et à publier à cet effet un nouveau travail. A côté des noms de tous les Cypripèdes d'obtention ou d'introduction récente qui ont été présentés aux divers meetings horticoles, nous nous sommes efforcés de noter aussi ceux que les journaux de tous les pays ont signalés. Toutefois nous regret- tons de voir la quantité d'hybrides issus de mêmes parents porter des noms différents de ceux qui ont servi à illustrer leur premier obtenteur. Cette confusion regrettable a malheureusement eu pour résultat d'embrouiller si bien les collec- tionneurs, que nous sommes arrivés aujourd'hui à compulser un vrai catalogue comprenant le chiffre respectable d'environ 1 1 00 (onze cents) noms de Cypripèdes. Paris, avril 1894. O'ITO BALLIF. Nous faisons précéder d'un astérisque les Cypripèdes appartenant au groupe des Selenipedium et de deux les espèces à feuillage caduc et annuel. "Cypripedium acaule, Amérique du Nord. — — var. album. — Acis, hybr. C. Lawrenceanum X C. ^ n " signe Maulei. — Adonis, hybr. C. Spicerianum X C.^Har- risianum. — Adrastus, hybr. C. LeeanumjX C. Boxalli. — Adrianae, hybr. C. Spicerianum X C. sel- ligerum majus. — Aeolus, hybr. C. philippinense X C. vil- losum. Cypripedium Aeson, hybr. C. insigne X C. Druryi. * — Ainsworthi, hybr. S. Roezli X S. Se- deni. — — var. calurum. * — albanense, hybr. S. Schlimi X S. Sedeni. — Albertianum, hybr. C. insigne Wallacei X C. Spicerianum. * — albo-pictum, Equateur. * — albo-purpureum, hybride S. Schlimi X S. Dominianum. I er MAI 1894 55 Cypripedium Alcides, hybr. C. insigne X C. hir- sutissimum. — Alfred, hybr. C. philippinense X C. ve- nustum. — Alfred Bleu, hybr. C. ciliolareXC. Chan- tini. — Alice, hybr. C. Spicerianum X C. Stonei. — almum, hybr. C. barbatum X C. Law- renceanum. — amabile, hybr. C. javanico-superbiens X C. Hookerae. — amandum, hybr. C. insigne X C. ve- nustum. — Amesianum, hybr. C. villosum X C. ve- nustum. — — var. superbum. — ■ amethystinum, hybr. C. barbato-Veitchi X C. Hookerae. — amoenum, hybr. C. barbatum X C. ? — Annaerti, hybr. C. insigne X C. Ashbur- toniae. — annamense, Indes. — Antigone, hybr. C. Lawrenceanum X C. niveum. — Aphrodite, hybr. C. niveum X C- Law- renceanum. — apiculatum, hybr. C. Boxalli .' C. bar- batum. — Apollo, hybr. C. vexillarium C. Stonei. — Appletonianum, Bornéo. ■ — Arête, hybr. C. concolor X C. Spiceria- num. ■ — Argus, îles Philippines. — — var. birlorum. — — var. Boddaerti. — — var. giganteum. — — var. grandiflorum. — — var. Mantini. — — var. Moensi. — — var. Morreanum. — — var. mosaïcum. — — var. multicolor. — — var. multioculatum. — — var. nigricans. — — var. nigro-maculatum. Cypripedium Argus, var. nigrum. — — var. purpuratum. — — var. superbum. — — var. tigrinum. — Ariadne, hybr. C. Spicerianum X C. sel- ligerum majus. ■:•■:- — Arietinum, Amérique du Nord. — Arnoldianum, hybr. C. superbiens X C. concolor. — ■ Arthurianum, hybr. C. Fairieanum X C. insigne. — — var. calospilum. — — var. pallidum. — — var. superbum. — Arthurianum pulchellum, hybr. C. Fai- rieanum X C. insigne Chantini. — Ashburtoniae, hybr. C. barbatum X C. insigne. — — var. calospilum. — — var. expansu m. — — var. majus. — — var. superbum. — — var. trisepalum. — Ashworthi, hybr. C. plunerum X C. Spi- cerianum. — Ashworthiae, hybr. C.Leeanum superbum X C. selligerum majus. ** — Astmori, Sibérie. — Astraea, hybr. C. philippinense X C. Spi- cerianum. — Athys, hybr. C. Hookerae XC- venustum. - — auricularum ou auriculosum, hybr. C. Argus X. C. villosum. — auroreum, hybr. C. Lawrenceanum X C. venustum. — Aylingi, hybr. C. niveum X C ciliolare. * — Baconis, hybr. S. chlorops X S. Schlimi. — Ballantineanum, hybr. C. Fairieanum X C. purpuratum. — barbato-Veitchi, hybr. C. barbatum X C. superbiens. — barbatum, Mont Ophir. — — var. albescens. — — var. atropurpureum. — — var. Backhouseanum. 56 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Cypripedium barbatum var. biflorum. » var. coerulescens. — — var. Crossi. — — var. Dayi. — — var. giganteum. — — var. gracile. • — — var. grandiflorum. — — var. Hendersonianum. — — var. Hookerae. — — var. illustre. — — var. intermedium. var. magnificum. — — var. majus. — — var. maximum. — — var. Measuresianum. var. militare. — — var. Moensi. — — var. mosaïcum. — — var. naevium. — — var. nanum. var. nigrum. var. nobile. — — var. O'Brienianum. — — var. pallidum. — — var. pictum. — — var. pleioleucum. var. plumosum. — — var. pulcherrimum. var. purpuratum ou purpureum. var. de Syon house. — — var. superbum. var. Tautzianum. — — var. Thibautianum. — — var. violaceum. — — var. Wagnerianum. var. Warnerianum. — Barteti, hybr. C. barbatumXC. Chantini. — — var. superbum. angustum, hybride C. barbatum War- neri X C. insigne Kimballianum. — Basileum, hybr. C. Druryi X C. Law- renceanum. — Béatrice, hybr. C. Boxalli X c - Lowi. — bellatulum, Indo-Chine. — — var. biflorum. Cypripedium bellatulum, var. egregium. - — var. eximium. — — var. grandiflorum. — — var. lineatum. — — var. luteo-purpureum. — — var. majus. — — var. Mariae. — — var. roseum. — — var. superbum. — Bellona, hybr. C. villosum X C. Spice- rianum. — Bérénice , hybr. C. Roebelini X C. Lowi. — Berggrenianum, hybr. C. Dauthierï X C. insigne. — Binoti, Brésil. — Boissierianum, Pérou. — Bonnyanum, hybr. C. villosum X C.? — Bosscherianum, hybr. G. Spicerianum X C. barbatum superbum. — Boxalli, Birmanie. — — var. atratum. — — var. aureum. — — var. Backhouseanum. var. Cannaerti. — — var. dilectum. — — var. excellens. — — var. guttatum. — — var. Ledeense. — — var. Lowi. — — var. nigrescens. — — var. pallidum. — — var. punctatum. — — var. robustum. — — var. roseo-marginatum. — — var. de Studley house. — — var. superbum. — — var. de Woodland. — Boyleanum, hybr. C. Crossianum X C. Harrisianum. — Bragaianum, hybr. C. hirsutissimum coerulescens X C. Boxalli atratum. — Brayanum, hybr. C. villosum X C. bar- batum. — — var. virescens. I er MAI 1894 57 * Cypripedium Browni, hybr. S. leucorrhodum X S. magniflorum. — Bryani, hybr. C. Argus X C. laevigatum. * — Brysa, hybr. S. Sedeni candidulum X S. Boissierianum. — Buchanianum, hybr. C. Druryi X C. Spi- eerianum. ** — bulbosum, Europe et Asie boréale. — Bullenianum, Bornéo. — — var. anopthalmum. — — var. oculatum. — — var. superbum. — — var. Wittei, Java. * — Bungerothi, Amérique du Sud. — Burberryanum, hybr. C. Boxalli X C. plunerum. — Burbidgeanum , hybr. C. Dayanum X C. concolor. — Burbidgei, Bornéo. — Burfordiense, hybr. C. philippinense X C. Argus. — Burtoni, hybr. C. Lowi X C. Hookerae. — Cahuzac,hybr. C. Spicerianum XC. Hay- naldianum. — calanthum, hybr. C. Warneri X C. Lowi. ** — calceolus, Europe. ** — calceolus X macranthos de Barbey, hybr. nat. Sibérie. ** — californicum, Californie. — caligare, hybr. C. venustum X C. Daya- num. — callosum, Siam. var. biflorum. — — var. giganteum. var. illustre. — — var. magnificum. — — var. siamense, Siam. — — var. sublaeve. — — var. superbum. — — var. viridiflorum. — calophyllum, hybr. C. barbatum X C. venustum. — — var. striatum. — — var. superbum. :;: — calurum,hybr. S. longifoliumX S. Sedeni. Cypripedium calurum var. Rougieri. — — var. superbum. — — var. Wallaerti. — Calypso, hybr. C. Spicerianum x C. Boxalli. var d'Oakwood. — Cambridgeanum, hybr. C. Harrisianum X C. insigne violaceum. ** — canadense (spectabile), Amérique du Nord. ** — candidum, Canada. - — Canhami, hybr. C. villosum X C. super- biens. — — var. Charles Canham. — — var. Mme Canham. * — cardinale, hybr. S. Sedeni X S. Schlimi album. — — var. roseum. — — var. superbum. * — cardinale Vanneri, hybr. S. Sedeni can- didulum X S. Schlimi. ** — cardiophyllum, Japon. * — caricinum, Pérou. — Carnusianum, hybr. C. Haynaldianum X C. Spicerianum. — Carrierei, hybr. C. superbiens X C. ve- nustum. — Cassiope, hybr. C. venustum X C. Hoo- kerae. — Castleanum, hybr. C. hirsutissimum X C. superbiens. * — caudatum, Nouvelle-Grenade et Pérou. — — var. Albertianum. — — var. album ou Wallisi. — — var. aureum. — — var. giganteum ou majus. — — var. insigne. var. longissimum. — — var. Lunti. — ■ — var. Luxembourgense. — — var. nigrescens. — — var. roseum. — — var. Rougieri. — — var. rubrum. — — var. Seegerianum. — — var. splendens ou superbum. 5» LE JOURNAL DES ORCHIDEES Cypripedium caudatum, var. Taganti, Bolivie. — — var. Wallisi. — — var. Warscewiczi. — Celeus, hybr. C. Chantini X C. villosum. — Celia, hybr. C. tonsum X C. Spice- rianum. — Ceres, hybr. C. Spicerianum X C. hirsu- tissimum. — Chamberlainianum, Nouvelle Guinée. — — var. excellens. — — var. platytaenium. — — var. Victoriae-Mariae. — Charles Gondoin, hybr. C. Chantini x C. vernixium. — Charles Richman, hybr. C. bellatulum X C. barbatum. — Charlesvvorthi, Indes anglaises. — chelsiense, hybr. C. Lowi X C. Warneri. * — Chica, Panama et Chiriqui. — chloroneurum, hybr. C. Crossianum X C. venustum. * chlorops, hybr. S. Hartwegi X S. Pearcei ou S. Schlimi. * — chrysocomes, hybr. S. caudatum roseum X S. conchiferum. — ciliolare, Iles Philippines. — — var. Cannaerti. — — var. Elmireana. — — var. grandiflorum ou maximum. — — var. magnificum ou splendidum. — — var. Mantini. — — var. Miteauanum. — ■ claptonense, hybr. C. Harrisianum x C. villosum. — Claudi, hybr. C. Spicerianum X C. ver- nixium. * — Claunius, hybr. Uropedium Lindeni X S. conchiferum. — Clément Loury, hybr. C. Harrisianum X C. Chantini. — Clementianum, Nouvelle Guinée. * — Cleola, hybr. S. Schlimi album X S. reti- culatum. — Cleopatra, hybr.C. HookeraeX C. œnan- thum superbum. Cypripedium Clinkaberryanum, hybr. C. phi- lippinense X C. Curtisi. — Clothilde Moens, hybr. C. Haynaldianum X C. Leeanum. — Clovenfordsi, hybr. C. Veitchi X C. phi- lippinense. * — Clymene, hybr. S. caricinum X S. cau- datum Wallisi. — Colemani, hybr. C. javanicum X C. Har- risianum. * — compactum, hybr. S. Sedeni candidulum X S. calurum. :;: — conchiferum, hybr. S. caricinum X S. Roezli. — concinnum, hybr. C. villosum x C. pur- puratum. — concolor, Birmanie et Cochinchine. — — var. album ou niveum. — — var. chlorophyllum. — — var. latifolium. — — var. mediolineatum. — — var. miniatum. — — var. ochraceum. var. Regnieri. — — var. splendidum. — — var. sulphurinum. — — var. tonkinense. — — var. unicolor. — conco-Lawre, hybr. C. concolor x C. Lawrenceanum. — conspicuum, hybr. C. villosum X C. Har- risonianum. — — var. pictum. — Constableanum hybr. C. Fairieanum x C. Dayanum. — Constance, hybr. C. Curtisi X C. Stonei. — Cooksonianum, hybr. C. barbatum X C. Lawrenceanum ou C. Argus. — — var. grande. * — Coppianianum, hybr. aj S. Schlimi X S. Hartwegi. b/ S. Sedeni X S. conchi- ferum. — corbeillense, hybr. C. Bulleni X C. insigne. * :|: — cordigerum, Indes. I er MAI 1894 59 Cypripedium Corningianum, hybr. C. superci- liare X C. Philippinense. — Cowleyanum, hybr. C. Curtisi x C. niveum. — Creon, hybr. C. Harrisianum superbum X C. oenanthum superbum. — Crethus, hybr. C. Spicerianum X C. Argus. — Crossianum, hybr. C. insigne X C. ve- nustum. — — var. Cauwelaerti. var. de Castle Hill. var. excellens. var. Halli. — — var. Lindeni. var. maculatum. var. nitens. — — var. superbum ou aureum. — — var. Tautzianum. — — psittacinum, hybr. C. venustum X C. insigne Maulei. — cruciforme, Bornéo. — Curtisi, Sumatra. — — var. amoenum. — Cybele, hybr. C. Druryi X C. Lavvren- ceanum. — Cydippe, hybr. C. superbiens X C. Hoo- kerae. — Cymatodes, hybr. C. Curtisi X C. Veitchi. — Cythera, hybr. C. Spicerianum X C. pur- puratum. : — Czerwiakowianum, Pérou. — Daisyae, hybr. C. oenanthum superbum X C. Lowi. — Dauthieri, hybr. C. barbatum X C. vil- losum. — — var. formosum. — — var. latifolium. var. marmoratum. — — var. Petoti. var. Poggio-Gherardo ou Rossianum. — — var. roseum. — — var. striatum. var. superbum. — — var. Van Houtteanum. Cypripedium Dauthieri, var. Vervaetianum. var. Williamsi. — Davisianum, hybr. C. Boxalli atratum X C. Argus Moensi. — Dayanum, Bornéo. — — var. Smithianum. — — var. splendens ou superbum. ** — débile, Japon. — DeCockianum, hybr. de Pitcher. C? XC? — décorum, hybr. C. Sallieri Hyeanum X C. Lawrenceanum. — delicatulum, hybr. C. Warneri X C. Dayanum. — Denisianum, hybr. C. Boxalli atratum X C. Spicerianum. — Desboisianum, hybr. C. venustum X C. Boxalli atratum. — De Witt Smith, hybr. C. Spicerianum X C. Lowi. — Diana, hybr. C. barbatum superbum X C. Spicerianum. — Dibdin, hybr. C. Argus X C. Boxalli. — dilectum, hybr. C. Boxalli X C. hirsu- tissimum. — diolare, hybr. C. venustum X C. villosum. — discolor, hybr. C. venustum X c - bar- batum var. : — Dominianum, hybr. S. caricinum X S. caudatum. — — var. elegans. — — var. giganteum ou grande. — — ■ var. rubescens. — Doris, hybr. C. venustum X C. Stonei. — Drewettianum, hybr. C? X C.? — Druryi, Travancore. — — var. dilectum. — — var. superbum. — Edithae, hybr. S.conchiferum X S.Schlimi album. — Edith Winn, hybr. C. Stonei X C. pur- puratum. — Edwardi, hybr. C.Fairieanum XC. super- biens. — Èismannianum, hybr. C. Boxalli X C. Harrisianum. 6o LE JOURNAL DES ORCHIDEES Cypripedium Electra, hybr. C. insigne X C. Harrisianum. **— elegans, Thibet. — elegans, hybr. C. Boxalli XC. barbatum. — Elinor, hybr. C. selligerum majus X C. superbiens. — Elliottianum, Iles Philippines. var. superbum. :;< — Elsteadiana, hybr. S. conchiferum X S. grande. — enfieldense, hybr. C. Lawrenceanum X C. Hookerae. — Engelhardtae, hybr. C. insigne Maulei X C. Spicerianum magnificum. — Ensign, hybr. C. Harrisianum X C. bar- batum Crossi. — Ephialtes, hybr. C.ChantiniXC. auroreum. — Erato, hybr. C. Sallieri X C. hirsutis- simum. — Ernestianum, Bornéo. — Erycinà, hybr. C. Spicerianum X C. Har- risianum. — Eucharis, hybr. C. Chantini x C. Law- renceanum. — Euryades, hybr. C. Leeanum X C. Boxalli. — Euryale, hybr. C. Lawrenceanum X C. superbiens. — euryandrum, hybr. C. barbatum X C. Stonei. — ■ — var. grandiflorum ou majus. — — var. Morganiae. — Eurylochus, hybr. C. ciliorare X hirsu- tissimum. — Evenor, hybr. C. Argus X C. bellatulum. — exul, Siam. — — var. Imschootianum. — Eyermannianum, hybr. C. Spicerianum X C. barbatum grandiflorum. — Fairieano X Lawrenceanum, hybr. — Fairieanum, Bhotan. ** — fasciculatum, Californie. — fascinatum, hybr. C. Spicerianum magni- ficum X C. hirsutissimum. — Fausianum, hybr. C. Dauthieri X C. calo- phyllum superbum. Cypripedium Félix Jolibois, hybr. C. Harri- sianum X C. Chantini. — festum, hybr. C. chloroneurum X C. Warneri. — Figaro, hybr. C. Spicerianum X C. oenan- thum superbum. — Finetianum, hybr. C. Roebeleni X C. bar- batum nigrum. — Fitchianum, hybr. C. Hookerae x C. venustum. ** — flavescens, Amérique du Nord. — Foerstermanni (var. de C. insigne), Népaul. — ■ Fraseri, hybr. C. hirsutissimum X C. barbatum. — Frederico-nobile, hybr. C. Boxalli X C. Morganiae. — Galatea, hybr. a) C. insigne Maulei X C. Harrisianum; b) C. insigne X C. vernixium. — Galatea majus, hybr. C. Chantini X C. Harrisianum. — Gallicei, hybr. nat. C. insigne X C. vil- losum aureum. — gandavense, hybr. C. barbatum X C. Swanianum. — Ganesa, hybr. C. Sallieri X C. Lawren- ceanum Hyeanum. — Gardneri, Nouvelle-Guinée. — Gaskellianum, hybr. C. Spicerianum X C. vexillarium. — Georg Kittel, hybr. C. Dayanum super- bum X C. superbiens. — gemmiferum, hybr. C. Dayanum X C'.pur- puratum. — Germinyanum, hybr. C. villosum X C. hir- sutissimum. — giganteum, hybr. C. Harrisianum X C. Sallieri Hyeanum. — gigas, hybr. C. Lawrenceanum X C. Har- risianum nigrum. — gland uliferum ou glanduligerum, Nouvelle Guinée. — Godefroyae, Ile Chumpson, Indo-Chine, — — var, ampliatum, I er MAI 1894 61 Cypripedium Godefroyae, var. hemixanthum. — — var. Laingi. — — var. luteum. var. Smithae. var. striatum. — — var. superbum. — — var. viridifolium. — Godseffianum, hybr. C. Boxalli X C. hir- sutissimum. — Gowerianum, hybr. C. Lawrenceanum X C. Curtisi. * — grande, hybr. C. Roezli X C. caudatum. var. atratum. — Gravesiae, hybr. C. Argus X C. niveum. — Groyanum, hybr.C.ciliolare X C. Druryi. G. S. Bal], hybr. C. Spicerianum x C. Lawrenceanum. — guineense, Nouvelle Guinée. ** — guttatum, Sibérie. — — var. Redovski. — — var. vulgare. * — Hanischianum, hybr. S. albanense x S. reticulatum. * — Hardyanum, hybr. S. caudatum X S. Ains- worthi. — Harrisianum, hybr. C. barbatum XC. vil- losum. — — var. Allanianum. — — var. atropurpureum. — — var. biflorum. — — var. Bousiesianum. — — var. Brayanum. — — var. Dayanum. var. elegans. — — var. excellens. — — var. grande. var. latifolium. — — var. luteolum. — — var. nigrum. var. Pitcherianum. — — var. planum. — — var. polychromum. — — var. purpurascens. — — var. Rougieri. ^— — var. rubrum. Cypripedium Harrisianum var. splendens ou superbum. — — var. tenue. — — var. venustum. var. viridiflorum. — — var. vivicans. var. Wallaerti. — — roseum, hybr. C. barbatum VVarneri X C. villosum. — Harri-Leeanum, hybr. C. Harrisianum superbum X C. Leeanum superbum. — Harryanum, hybr. C. niveum X C. Law- renceanum. * — Hartwegi, Equateur. — Haynaldianum, Iles Philippines. — Haywoodianum, hybr. C. Druryi XC. su- perbiens. — Hebe, hybr. C. Spicerianum X C. Stonei. — Hecla, hybr. C. superbiens X C. Swa- nianum. — Hephaestus, hybr. C. barbatum X C. Law- renceanum. ** — Henryi, Chine. — Hera, hybr. C. Spicerianum x C. villosum. — Hermione, hybr. C. Spicerianum X War- neri. * ■ — Hincksianum, Pérou. — hirsutissimum, Bhotan. — — var. atrorubens. — — var. coerulescens. — — var. grandiflorum. — — var. magnificum. — — var. pallidum. — — var. platypetalum. — — var. Pluto. — — var. Rossi. — — var. Schroederi. — — var. splendens. — — var. Vuylstekeanum. — Hookerae, Bornéo. — — var. anophthalmum. — — var. biflorum. — — var. coerulescens. — — var. eximium. — — var. giganteum ou majus. 62 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Cypripedium Hookerae var. luteum. — — var. Measuresianum. — — var. oculatum. — — var. rubrum. — — var. superbiens ou superbum. — Hornianum, hybr. C. superbiens X C. Spicerianum. ** — humile, Amérique du Nord. — Huybrechtsianum, hybr. C. hirsutissi- mum X C. Spicerianum. — Ianthe, hybr. C. Harrisianum X C. ve- nustum. — imperatrix, hybr. C. Ashburtoniae expan- sum X C. callophyllum. — impériale, Bornéo. — Indra, hybr. C. callosum X C. villosum. — insigne, Népaul et Sylhet. var. albens. — — var. albo-marginatum. — — var. albo-purpureum. — — var. albo-unguiculatum. — — var. amabile. — — var. amboinense. — — var. amoenum. — — var. armeniacum. — — var. aspersum. — — var. aureum. var. bifiorum. — — var. Bonhofianum. — — var. de Cambridge Lodge. — — var. Chantini. — — var. Chantini atratum. — — var. Chantini Philbricksianum. — — var. Chantini superbum. — — var. Clarkei. — — var. coloratum. ■ — — var. Colsonianum. — — var. corrugatum. — — var. crispinianum. — — var. Cypheri. — — var. Dominyi. — — var. Dormani. ■ — — - var. elegantissimum. var. Ernesti. — — var. eximium. Cypripedium insigne var. Foerstermanni. — — var. Fraseri. — — var. Freemanni. — — var. fuscatum. — — var. gracile. — — var. grande ou grandiflorum. — — var. guttatum ou guttulatum. — — var. Hallianum. — — var. hieroglyphicum. — — var. Horsmanianum. — — var. illustre. — — var. Kimballianum. — — var. Londesboroughianum. — — var. longisepalum. — — var. Macfarlanei. — — var. maculatum. — — var. Margueritae. — — var. marmoratum. — — var. Maulei. var. maximum. — — var. Measuresae. — — var. mirandum. — — var. Moensi. — — var. montanum. — — var. Mooreanum. — — var. mosaïcum. — — var. moulmeinense. — — var. Nilsoni. — — var. nobile. — — var. ornatum. — — var. parviflorum. — — var. picturatum. — — var. puchellum. — — var. pulcherrimum. — — var. punctatum-violaceum. — — var. Pynaerti. — — var. radiatum. — — var. Richardi. — — var.rubro-maculatum ou marginatum. — — var. Sanderae. — — var. siamense. — — var. speciosum. var. Studleyanum. — — var. superbiens. — — var. Sylhetense. I er MAI 1894 63 Cypripedium insigne var. Tautzianum. var. Tresederi. — — var. Treyerani. — — var. Veitchianum. — — var. violaceum. — — var. viride. — — var. Wallacei. — — var. Wallisi. — — var. Wilsoni. var. Wioti. — — var. Woodlandense. — intermedium, hybr., de Pitcher. C? XC? — Io, hybr., C. Argus X C. Lawrencea- num. — — var. Eldorado. — — var. excellens. var. grande. — — var. picturatum. — Ionides, hybr. C. Io X C. Boxalli. ** — Irapeanum, Mexique. — Iris, hybr. C. javanico superbiens X C. ciiiolare. ** — Isabellianum, Para-Brésil. ** — japonicum, Japon. — javanico-superbiens, hybr. C. javanicum X C. superbiens. — javanicum, Java. — — var. majus. — — var. superbum. — — var. virens. — Johnsianum, hybr. C. nitens superbum X C. Lawrenceanum. — Joseph Donat, hybr. C. Ashburtoniae X C. Spicerianum. — Joséphine Jolibois, hybr. C. Chantini X C. Harrisianum. — Josephinianum, hybr. C. javanico-super- biens X C. Druryi. * — juncifolium, Syn. de S. caricinum. — Juno, Iles Philippines. — Juno, hybr. C. callosum x C. Fairiea- num. — Jupiter, hybr. C. Boxalli atratum X C. hir- sutissimum. * — Kaieteurum, Guyane anglaise. Cypripedium Kaieteurum, var. superbum. — Kerchovianum, hybr., C. Curtisi X C. barbatum nigrum. — Kimballianum, Nouvelle Guinée. — Kirchoffianum, hybr. C. Dauthieri X C. Spicerianum. * — Klotzschianum, Guyane anglaise. — ■ Kramerianum, hybr. C. oenanthum X C. villosum. — laevigatum, synonyme de C. philippi- nense. — Laforcadei, hybr. C. barbatum X C. Chantini. — — var. superbum. — La France, hybr. C. nitens X C. ni- veum. — La nymphe, hybr. C. oenanthum X C. Dauthieri. — Lathamianum, hybr. C. Spicerianum X C. villosum. — — var. inversum. — — var. Léo. — Laucheanum, hybr. C. Warneri X C. in- signe amabile. — Lawrebel, hybr. C. Lawrenceanum X C. bellatulum. — — var. superbum. — Lawrenceanum, Bornéo. — — var. albo-marginatum. — — ■ var. albo-purpureurn. — — var. atro-rubrum. — • — var. auriculum. — — var. binorum. — — var. de Cambridge Lodge. — — var. coloratum. — — var. compactum. — — var. Dearei. — — var. difforme. — — var. expansum. — — var. giganteum ou grande. var. Grenieri. — — var. Hyeanum. — — var. Lindeni. — — var. magnificum ou superbum. — — var. majus ou maximum. 6 4 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Cypripedium Lawrenceanum, var. marmora- tum. ■ — — var. nigrum. — — var. Pitcherianum. — — var. pleioleucum. — — var. purpureum. — — var. roseum. — — var. stenosemum. — — var. varicosum. ■ — — var. virescens. — Leda, hybr. C. Harrisianum X C. venus- tum. — Leeanum, hybr. C. insigne X C. Spice- rianum. — — var. biflorum. — — var. giganteum. — — var. illustre. — — var. Lawrenceanum. — — var. maculatum. — — var. nigrescens. — — var. nitidum. — — var. regale. — — var. roseum. — Leeanum pulchellum, hybr. C. insigne Nilsoni X C. Spicerianum. superbum, hybr. C. insigne Maulei X C. Spicerianum. — — — var. de Burford Lodge. — var. maximum. — Leechi, hybr. C.?XC? * — Lemoinieri, hybr. S. calurum X S. por- phyreum. — Leoniae, hybr. C. Chantini X C. cal- losum. — leopardinum, hybr. C. Harrisianum x C. insigne Maulei. — lepidum, hybr. C. niveum X C. barbatum. — leuchochilum, hybr. nat. C. Godefroyae X C. bellatulum, Indo-Chine. * — leucorrhodum, hybr. S. Roezli X S. Schlimi album. * — Lindleyanum, Guyane anglaise. — lineolare, hybr. C? X C. ? — Lobengula, hybr. C. Harrisianum X C. Boxalli. Cypripedium Loewegrenianum, hybr. C. Spi- cerianum X C. Io grande. * — longifolium, Chiriqui. — — var. coloratum. — — var. gracile. — — var. grandiflorum. var. latifolium. — — var. Leodiense. — — var. Roezli. — — var. splendidum. — Louryanum, hybr. C. villosum x C. vernixium. — Louryi, hybr. C. Chantini X C. Harri- sianum. — Lowi, Bornéo. — — var. auriculum. — — var. superbum ou superbiens. — — var. Volonteanum. — Lowi x superbiens, hybr. — lucidum, hybr. C. villosum X C. Lowi. — Lucie, hybr. C. Lawrenceanum x C. ciliolare. — Lucienianum superbum, hybr. C. villosum X C. bellatulum. — luridum, hybr. C. Harrisianum X C. auroreum. — luteo-pictum, hybr. C. ? X C. ? — lutescens, hybr. C. Spicerianum X C. javanicum. ** — luteum, Yunnam. — Lynchianum, hybr. C. Spicerianum X C. selligerum majus. — Macfarlanei, hybr. C. calophyllum X C. Spicerianum. ** — macranthos, Sibérie. — — ■ var. ventricosum. — — var. vulgare. ■'•'■ — macrochilum, hybr. S. longifolium X Uropedium Lindeni. — macropterum, hybr. C. Lowi X C. su- perbiens. — maculatum, hybr. C. tonsum X C. Leeanum. — Madame Barby, hybr. C. Lawrenceanum X C. tonsum. MAI 1894 65 Cypripedium Madame Curti, hybr. C. Boxalli X C. Chantini. — Madame Emilie Gayot, hybr. C. Harri- sianum X C. Chantini. — Madame Gondoin, hybr. C. Chantini x C. Harrisianum. — Madame Harry Veitch, hybr. C. niveum X C. Lawrenceanum. — Madame Octave Opoix, hybr. C. super- ciliare X C. niveum. — Madame Owen, hybr. C. superciliare X C. villosum. — Madame Van Houtte, hybr. C. niveum X C. barbatum. — Mademoiselle Josée Descombes, hybr. C. oenanthum X C. Argus. — Mademoiselle Nancy Descombes, hybr. C. niveum X C. Argus. — ■ Maesereelianum, hybr. C. Chantini X C. Spicerianum. — Malyanum, hybr. C. Spicerianum X C. C. Crossianum. ** — margaritaceum, Yunnam. — marmorophyllum, hybr. C. Hookerae X barbatum. var. superbum. — Marshallianum, hybr. C. venustum par- dinum X C. concolor. — Marshianum, hybr. C. Harrisianum X C. oenanthum superbum. — Masonianum, hybr. C. villosum X C. Harrisianum superbum. — Massaïanum, hybr. C. superciliare X C. Rothschildianum. — Mastersianum, Java. — Mauricianum, hybr. C. Spicerianum X C. Dauthieri. — Mawoodi, hybr. C. niveum X C. Har- risonianum. — Maynardi, hybr. C. purpuratum xC Spi- cerianum. — Measuresiae, hybr. C. bellatulum X C. superbiens. — Measuresianum, Bornéo. hybr. C. villosum X C. venustum. Cypripedium Measuresianum, var. aureum. — Medea, hybr. C. Spicerianum x C. hirsu- tissimum. — meirax, hybr. C. venustum x C. ?. — — var. delectum. — melanophthalmum, hybr. C. barbatum X C. venustum. — Melanthus, hybr. C. Hookerae x C. Stonei. — memoria Moensi, hybr. C. Spicerianum XC. ? — microchilum, hybr. C. niveum X C. Druryi. — Minerva, hybr. C. venustum x C. Har- risianum elegans. — miniatum, hybr. C. Spicerianum x C. Fairieanum. — Minos, hybr. C. Arthurianum X C. Spi- cerianum. — moluccanum, Iles Moluques. ** — montanum, Californie. — Morganiae, hybr. C. Stonei x C. super- biens. — — var. Cooksoni. — — var. Osborni. Burfordiense, hybr. C. Stonei X C. superbiens Demidoffi. — — Langleyense, hybr. C. Stonei platy- taenium X C. superbiens. — M r Finet, hybr. C. callosum superbum x C. Godefroyae. — multicolor, hybr. C. superbiens X C. Spi- cerianum. — mulus, hybr. C. hirsutissimumXC. Law- renceanum. — Muriel Hollington, hybr. C. niveum X C. insigne. — Murillo, hybr. C. Boxalli atratum X C. Argus. — neo-guineense, Nouvelle Guinée. — Nicholsonianum, Ile Palawan. — nigritum, Bornéo. — Niobe, hybr. C. Spicerianum X C- Fai- rieanum. — nitens, hybr. C. insigne X C. villosum. 66 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Cypripedium nitens vai\ Van Houttei. superbum, hybr. C. insigne Maulei X C. villosum. * — nitidissimum, hybr. S. caudatum Warsce- wiczi x S. conchiferum. — niveum, Siam et Ile Tambelan. — — var. album. — — var. biflorum. — — var. magnificum. — ■ — var. majus. — — var. pictum. — — var. punctatum ou punctatissimum. — — var. Regnieri ou roseum. — Northumbrian, hybr. C. calophyllum X C. insigne Maulei. — Numa, hybr. C. Stonei >< C. Lawren- ceanum. — obscurum aj hybr. C. villosum X C. ve- nustum. — — bj var. de C. Ashburtoniae. ** — occidentale, Californie. — oenanthum, hybr. C. Harrisianum x C. insigne. — — var. Acis. — — ■ var. Electra. — — var. leopardinum. — — var. miniatum. — — var. Orestes. — — var. pictum. — ■ — • var. porphyreum. — oenanthum superbum, hybr. C. Harri- sianum X C. insigne Maulei. — — — var. marginatum. — Oenone, hybr. C. Hookerae X C. su- perbiens. — — var. superbum. — Orestes, hybr. C. Harrisianum X C. in- signe Maulei. ::-:; — orientale, Sibérie. — orphanum , hybr. aj C. barbatum X C. Druryi. — bj C. Argus x C. Druryi. — orphan of Rochester, hybr. de Kimball, C? x c? — OrpheuSjhybr.C.venustum xC.callosum. Cypripedium Osbornei, hybr. C. Harrisianum superbum x C. Spicerianum. — Othello, hybr. C. hirsutissimum X C. Bo- xalli. — Pageanum, hybr. C. superbiens X C. Hookerae. — Pallas, hybr. C. callosum X C. calo- phyllum. ** — palmifolium, Choco. — pardinum, Assam. — — var. spectabile. — Parishi, Moulmein. — Parksianum, hybr. C. Spicerianum X C. marmorophyllum. ** — parviflorum, Amérique du Nord. '-:=::- — , passerinum, Amérique du Nord. — patens, hybr. C. Hookerae x C. barbatum. — pavonianum , hybr. C. venustum x C. Boxalli. — — var. inversum. * — Pearcei, Pérou. — Peetersianum, hybr. C. philippinense x C. Warneri. * — Penelaus, hybr. Uropedium Lindeni x S. calurum. * — Perseus,hybr. S.Lindleyanum xS.Sedeni porphyreum. — Pétri, Bornéo. * — Phaedra, hybr. S. Lindleyanum X S. Se- deni candidulum. — Pheres, hybr. C. insigne X C. hirsutis- simum. — philippinense, Iles Philippines. — — var. Cannaertianum. — ■ — - var. purpureum. — picturatum, hybr. C. Spicerianum X C. superbiens. — Pitcherianum, Iles Philippines. — Pitcherianum, hybr. C. Spicerianum x C. Harrisianum superbum. — — var. d'Osborne. — — var. superbum. — Pitcherianum Williamsi, hybr. C. Spice- rianum superbum X C. Harrisianum superbum. I er MAI 1894 67 Cypripedium pleistochlorum, hybr. C. barbatum superbum X C. javanicum virens. — pleuroneurum, hybr. C. ? X C? — plunerum, hybr. C.villosum X venustum. — Pluto, hybr. C. Boxalli X C. calophyllum. — politum, hybr. C. barbatum superbum X C. venustum. — Pollettianum, hybr. C. calophyllum X C. oenanthum superbum. — polystigmaticum, hybr. C.Spicerianum X C. venustum. — porphyrochlamys, hybr. C. barbatum Crossi x C. hirsutisimum. — porphyrospilum, hybr. aj C. venustum X C. Lowi. bj C. Hookerae X C. Lowi. — Poyntzianum, hybr. nat. C. callosum X C. Hookerae, Siam. — praestans, Papouasie. var. illustre. — — var. Kimballianum. — — var. spectabile. — — var. splendens ou superbum. — Priapus, hybr. C. philippinense x C. vil- losum. — Pryorianum, hybr. C. Lathamianum X C. Harrisonianum. =:-;•• — pubescens, Amérique du Nord. ■ — — var. minus ou parvirlorum. — pulchellum, hybr. S. Hartwegi X S. Schlimi album. — pulcherrimum, hybr. C. Harrisianum X C. insigne. — purpuratum, Hong Kong. — — var. Kimballianum. var. de Dulwich ou Seegerianum. — pycnopterum, hybr. C. venustum x C- Lowi. — — var. porphyrospilum. — radiosum, hybr. C. Lawrenceanum X C. Spicerianum. — — var. pallens. — — var. superbum. — Rajah, Indes orientales. — regale, hybr. C. insigne Maulei x C. purpuratum. * :: Cypripedium reginae, Pensylvanie et Ca- nada. — Regnaldianum , hybr. C. insigne x C. callosum. — Reynaldi, hybr. C. villosum x C. Boxalli. : ' c — Reichenbachianum, Nouvelle-Grenade. * — reticulatum, Equateur et Pérou. — — var. viridiflorum. — Ridolfianum, hybr. C. Wallaertianum X C. Chantini. — Rodigasianum, hybr. C. purpuratum x C. Spicerianum. ;;: — robusticum, hybr. S. Sedeni X S. longi- folium. — Roebeleni, Iles Philippines. :;c — Roezli, Nouvelle Grenade. — ■ — var. grandiflorum. — — ■ var. latifolium. — — var. roseum. — Rothschildianum, Nouvelle-Guinée. — — var. Nicholsianum. — — var. roseum. — Rowallianum, hybr. C. villosum x C. venustum. — Saîlieri, hybr. nat. C. villosum x C. insigne, Népaul. — — var. aureum. — — var. Hyeanum. — ■ Sanderianum, Malaisie. — Sandero x superbiens, hybr. — Sapho, hybr. C. Lowi X C. barbatum. * — Saundersianum, hybr. S. caudatum Wars- cevviczi X S. Schlimi. — Savageanum, hybr. C. Harrisianum X C. Spicerianum. — — var. superbum. — Schlesingerianum, hybr. C. Boxalli x C. insigne. :;; — Schlimi, Nouvelle Grenade. — — var. atroroseum. — — var. giganteum. — — var. superbum. * — — album ou albiflorum, Colombie. * — Schomburgkianum, Roraïma, Guyane an- glaise. 68 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Cypripedium Schroederae, hybr. S. cauda- tum X S. Sedeni. — — var. splendens ou superbum. — Sedeni, hybr. S. Schlimi X S. longifolium. — var. albanense. — — var. candidulum ou virginale. — — var. album. — — var. reticulatum. — — var. grandiflorum ou majus. var. Hyeanum. — — var. Pellizarianum. var. porphyreum. — — var. princeps. — — var. purpureum. — — var. rubicundum. — — var. rubrum. — — var. sanguineum. — — var. splendens ou superbum. — Seegerianum, hybr. C. Spicerianum x C. Harrisianum. — — var. Corbeillense. — — var. magnificum. — selligerum, hybr. C. barbatum X C. phi- lippinense. — — var. majus. — — var. porphyreum. — — var. purpureum. — — var. rubrum. — — var. sanguineum. — Sénateur Montefiore, hybr. C. marmoro- phyllum X C. Spicerianum. — Sibyrolense, hybr. C. Boxalli X C. insigne. — Siebertianum, hybride C. Dayanum X C. insigne. — Siemoni, hybr. C. superbiens x C. Lavv- renceanum. — Simoni, hybr. C. Leeanum X C. Chantini. — sinicum, Hong-Kong. — Siraniacum, hybr. C. Dayanum x C. barbatum. — Southgatense, hybr. C. bellatulum x C. Harrisianum. ¥ — spectabile, Amérique du Nord. — — var. album ou candidum. — — var. incarnatum. Cypripedium Sphinx, hybr. C. Argus X C. Boxalli. — Spicerianum, Assam. — — var. albo-viride. — — var. aureum. — — var. biflorum. — — var. giganteum ou grandiflorum. — — var. Leodiense. — — var. magnificum. — — var. nanum. — — var. nigrescens ou nigrum. — — var. pendulum. var. pictum. — — var. prasinum. — — var. radiatum. — — var. revolutum. — — var. roseum. — — var. virescens ou viride. — Spicero-Lowianum, hybride. — Statterianum, hybr.C. Spicerianum magni- ficum X C. vexillarium superbum. — stenophyllum, hybr. S. Schlimi X S. ca- ricinum. — — var. rubrum. — Stonei, Bornéo. — — var. acrosepalum. — — var. candidum. — — var. Cannaertianum. var. delectum. — — var. Hackbridgeanum. var. Hyeanum. — — var. macranthum. — — var. platytaenium. — — var. roseum. — — var. superbum. — suffusum, hybr. C. Lowi > C. Hookerae. — superbiens, Java. — — var. Demidoffi. — — var. Lindeni. — superciliare, hybr. C. barbatum x C. su- perbiens. — — var. Chantini. — — var. pictum. — — var. roseum. — — var. Roegersi. 1 er MAI 1894 69 Cypripedium superciliare, var. Shorthillense. — — var. superbum. — — ornatum, hybr. C. barbatum nigrum X C. superbiens. — Suramanum, hybr. C. barbatum X C. ? — Swanianum, hybr. C. barbatum X C. Dayanum. — — var. excellcns. — — var. rubrum. — — var. superbum. — Swinburnei, hybr. C. insigne Maùlei X C. Argus Moensi. — Sylvia, hybr. C. Curtisi X C. Lawren- ceanum. — T. B. Haywood, hybr. C. Druryi X C. superbiens. — Tacita, hybr. C. Measuresianum X C. tonsum. * — Taganti, var. de S. caudatum de Bo- livie. — Tautzianum, hybr. C. niveum x C. bar- batum. — Tautzianum lepidum, hybr. C. niveum X C. Warneri. — Telemachus, hybr. C. Lawrenceanum X C. niveum. — Théodore Bullier, hybr. C. tonsum X C. villosum? — Tennyson, hybr. C. oenanthum superbum X C. Dayanum. — tesselatum, hybr. C. barbatum X C. concolor. — tesselatum porphyreum, hybr. C. bar- batum superbum X C. concolor. — Thayerianum , hybr. Lawrenceanum X C. Boxalli atratum. — The gem, hybr. C. marmorophyllum X C. Chantini. — Themis, hybr. C. insigne Àlaulei x C. Harrisianum superbum. — Thetis, hybr. C. venustum X C? — Thibautianum, hybr. C. Harrisianum X C. insigne Maulei. — Thorntoni, hybr. C. superbiens X C. insigne. Cypripedium Tityus, hybr. C. oenanthum superbum x C. Spicerianum. — tonsum, Sumatra. — — var. cupreum. — — var. Dayanum. — — var. superbum. — tortile, Indes néerlandaises. — triumphans, hybr. C. oenanthum super- bum X C. Sallieri Hyeanum. — Troyanowskianum, hybr. C. Chantini X Io grandis. — Tryonianum, hybr. C. Harrisianum x C. superbiens. — turpe, hybr. C. barbatum x C. Argus. — — var. Alantini ou Bellaerense. — Umlaufianum, hybr. C. Chantini X C. Lawrenceanum. * — Unique, hybr. Uropedium Lindeni x S. Schlimi album. — Vallerandi, hybr. C. Spicerianum x C. insigne Nilsoni. — Van Imschootianum, hybr. C. callosum X C. Chantini. — Van Molianum, hybr. a\ C. Spicerianum X C. hirsutissimum. — — hybr. 6/ C. callosum X C. concolor Kegnieri. — variopictum hybr. C. Lawrenceanum X C. Spicerianum. — Veitchianum, synonyme de C. superbiens. * — Venus, hybr. S. albanense x S. reticu- latum. — venustum, Sylhet. — — var. amabile. — — var. aureum. — — var. Griffithianum. — — var. illustre. — — var. Measuresianum. — — var. mirabile. — — var. niveum. — — var. spectabile. — — var. striatum. — venusto X Spicerianum, hybr. — vernixium, hybr. C. Argus X C.viliosum. — — var. maximum. 7o LE JOURNAL DES ORCHIDEES Cypripedium vernixium var. superbum. — Vervaeti, hybr. C. insigne maximum X C. Spicerianum. ■ — Vervaetianum, hybr. L. Lawrenceanum x C. superbiens. — vexillarium, hybr. C. barbatum X C. Fai- rieanum. — — var. birlorum. ■ — — var. grandiflorum. — — var. Putzei. — — var. Rougieri. — — var. superbum. — villosum, Montagne de Tonghoo. — — var. albo-marginatum. — — var. aureum. — — var. canariense. — — var. Caseyanum. — — var. castaneum. — — var. Gortoni. — — var. Guiberti. — — var. Kegeljani. — — var. Lindeni. — — var. Lytutwycheanum. — — var. nanum. ■ — — var. Rollissoni. — — var. superbum. — — var. Warneri. — violaceum, hybr. C. villosum x C. hirsu- tissimum. — Vipani,hybr.C.philippinense x C. niveum. — virens, Java. * — vittatum, Brésil. — — var. brève. — Volonteanum, Java. — — var. giganteum. — Wallaertianum, hybr. C. Harrisianum X C. villosum. Cypripedium Wallaertianum var. aureum. — Wallisi, var. de S. caudatum. — — var. superbum. — Warneri, var. de C. barbatum. — Warnero X superbiens, hybr. — Warnhamense, hybr. C. Curtisi X C. phi- lippinense. — Warocqueanum, Papouasie. — — hybr. C. Warneri X C. Fairieanum. * Warscewiczi, var. de S. caudatum. — Watsonianum, hybr. C. Harrisianum ni- grum x C. concolor. — Weathersianum, hybr. C. Leeanum su- perbum x C. hirsutissimum. * — Weidlichianum, hybr. S. Hartwegi x S. Schlimi. — Wendlandianum, hybr. C. oenanthum X C. venustum. — W'illiamsianum, hybr. C. villosum ou ve- nustum X C. Harrisianum. — Winnianum, hybr. C. villosum X C. Druryi. — Wincqzianum, origine inconnue. — xanthophyllum, hybr. C. Hookerae X C. Mastersianum. — Youngianum, hybr. C. superbiens X C. Koebelini. — — var. superbum. ** — — yunnamianum, Yunnam. — Zahni, var. de C. barbatum. — Zampa, hybr. C. hirsutissimum x C. Leeanum superbum. * Uropedium Lindeni, Colombie. — — var. delicatum. — — var. maximum. Otto Ballif. PÉPINIÈRES DE MONTAIGU (Belgique) Edouard MICHIELS chef des pépinières. Gustave MICHIELS architecte de jardins. Edmond MICHIELS Spécialité Graines de prairies, forêts, sapinières et autres. Arbres fruitiers pour vergers. — Pommiers, Poiriers, Pruniers, Cerisiers, hautes tiges, saines et vigoureuses, les meilleures variétés, depuis 1 fr. 50 à 2 francs. Baliveaux, de l m 50 à 2 m. hauteur, à 1 fr. ; — Autres jeunes Pommiers à 55 fr. le 100. — Arbres fruitiers pour Jardins. Belles palmettes-pyramides, en variétés les plus méritantes, de fr. 1,25 à 2 fr. 50. Forts arbres forestiers. — Pour routes, drèves, forêts, etc. ; Ormes gras, Frênes, Érables, Châtaigniers, Tilleuls, Peupliers du Canada, depuis 0,70 cent, à 1 fr. 25 très fort. 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La culture belge, dont l'excellence est aujourd'hui proclamée par les connaisseurs et cultivateurs les plus compétents des divers pays d'Europe, est définitivement fixée comme la mieux appropriée aux besoins des Orchidées. La vie de ces magnifiques végétaux à l'état naturel, leurs particularités physiologiques, leur beauté pitto- resque et infiniment variée, méritent d'attirer l'attention de beaucoup de personnes du monde qui ne connaissent des Orchidées que des légendes mystérieuses et confuses, et qui parfois n'osent pas en embellir leurs serres, faute d'être plus exactement renseignées. Il est nécessaire, d'autre part, de fournir aux cultivateurs et amateurs, si nombreux aujourd'hui, une description des principales et des plus belles Orchidées cultivées, y compris les nouveautés introduites en très grand nombre dans ces dernières années. Nous avons entrepris cet ouvrage à la demande d'un grand nombre de personnes qui ont bien voulu nous dire que nous étions particulièrement à même de combler ces lacunes, grâce aux observations et aux matériaux considérables que nous fournit la direction d'un des premiers établissements d'introduction du monde. Il est évident, en effet, qu'il faut cultiver, et cultiver en grand, pour pouvoir traiter de la culture, et qu'il faut disposer de collections étendues pour pouvoir parler des Orchidées et les décrire. C'est donc, à tous les points de vue, un livre d'expérience et de pratique que nous offrons au public, un guide de culture pour le jardinier et pour l'amateur désireux de surveiller lui-même les soins donnés à ses plantes, aussi bien qu'un ouvrage de bibliothèque pour le curieux de la nature et de ses beautés. Notre programme peut se résumer de la façon suivante : Les Orchidées au point de vue scientifique. — Notions de botanique organographique et systématique et de physiologie; bibliographie, etc. Les Orchidées au point de vue pratique. — Leur culture détaillée : rempotages, ventilation, ombrage, arrosements, etc.; aménagement des serres, chauffage, etc.; influence du climat, etc.; parfum des Orchidées; l'hybridation des Orchidées; les Orchidées à l'état naturel et les importations; distribution géographique; listes des genres, notes sur la culture spéciale de chaque genre et description des principales espèces; grande culture de rapport ; utilisations industrielles, etc. Les Orchidées au point de vue historique. — Histoire de l'importation et de la culture. Les Orchidées au point de vue mondain. — Parti qu'on peut tirer de la beauté des Orchidées ; la façon d'orner les serres et les appartements; Heur coupée, bouquets, etc.; collections d'amateurs. L'ouvrage, comprenant environ 800 pages d'un grand format, sera mis en vente PROCHAINEMENT, au prix de 25 FRANCS L'EXEMPLAIRE Les JARDINIERS qui souscriront à cet ouvrage pourront payer par versements éche- lonnés de 2 F»M€S PAR MOIS Cette faveur sera accordée aux JARDINIERS seulement. On s'inscrit chez l'auteur : 100, rue Belliard, à BRUXELLES. GRAINES POTAGÈRES, FOURRAGÈRES DE FLEURS ET D'ARBRES MAISON F. VAN CELSï 24, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES Seul Premier Grand Prix — Médaille d'or — à l'Exposition nationale d'Horticulture de Bruxelles en 1880 pour la plus belle collection de légumes. Deux Premiers Prix — Médaille d'or — pour légumes et fleurs. 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LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE RÉDIGÉ ET PUBLIÉ LUCIEN LIIMDEIM Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchtdéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funok, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, D r G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, Ch.Van Wambeke, A. Bleu, D' Van Cauwelaert, Ch.Vasseur, Comte de Bousies, J. Nôtzli, Cahuzac, D r Capart, James O'Brien, J. du Trieu de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Truffaut, D. Treyeran, G. Rivois, H. Correvon, P. Silver, A. Ducos, A. Dallière, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner.Ch. de Bosschere, A. Hubert, A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, F. délia Porta, G. Diretti, A. van den Heede, A.Wincqz, G . Kittel, Baron de Meylhand, D r Muller, Henri Hermieux, O. Altenhoff. E. 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SOMMAIRE DU 101 me NUMERO : Pages Causerie sur les Orchidées. — LXVII .... 71 Les grandes collections d'Orchidées 75 Calipso Borealis Salisb 78 Pages Miscellanées 80 Études de botanique élémentaire sur les Orchidées 81 Petites nouvelles et petite correspondance ... 85 L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIETE ANONYME) PARC LÉOPOLD. — BRUXELLES Administkateue-Dikecteuk : Lucien LimoEur L'Établissement est maintenant divisé en deux branches très spéciales : COTÉ DROIT : Plantes en gros pour la grande culture; COTÉ GAUCHE : Plantes de culture pour collections. MARCHÉ EUROPÉEN D'ORCHIDÉES Immenses arrivages toutes les semaines ^^J^ ORCHIDÉES POPULAIRES, RARES OU NOUVELLES, INTRODUITES OU CULTIVÉES PAR CENTAINE DE RIILLE Grâce à nos nombreuses introductions directes et à nos prix réduits — la légende que nous vendons plus cher qu'ailleurs n'existe plus aujourd'hui que dans l'imagination incurable de quelques horticulteurs -mar-, chands intéressés — l'Orchidée est chez nous à un bon marché qui lui ouvre : toutes les serres et même les appartements. Messieurs les amateurs — qui n'ont pas encore été en rapports d'affaires avec nous — sont invités à visiter notre établissement, nous désirons les convaincre que si nos serres sont aussi admirablement tenues et nos plantes aussi superbement cultivées que veulent bien le reconnaître les principaux journaux horticoles d'Angleterre et d'Amérique, « ces brillants résultats sont dus à une parfaite entente de leurs besoins ainsi qu'a « tordre et à Vhabileté qui président à tous les rouages de ïinslitution } depuis le « collectage des Orchidées dans leurs pays d'origine jusqu'à leur départ de l'éta- « bassement w Voilà pourquoi à L HORTICULTURE INTERNATIONALE on vend beaucoup, bon et à bas prix. DEMANDEZ LES OFFRES PUBLIÉES CHAQUE SEMAINE. l6 tyAI 1894 71 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES LXVII. — La passion des plantes et leur protection J'ai reçu dernièrement de M. H. Correvon, le distingué directeur du Jardin alpin d' acclimatation de Genève, une circulaire relative à une œuvre dont il a pris l'initiative, et qui me paraît digne au plus haut point d'être signalée à l'attention de tous les amateurs de plantes. Cette œuvre a pour titre Association pour la protection des plantes; je l' ai trouvée si touchante dans son principe, si utile et si pratique dans son organisation, que je ne puis résister au désir de lui consacrer cette causerie. Je dois avouer que j'ai d'abord hésité à le faire, parce que j'ai craint le reproche de m'occuper de matières qui ne concernent pas absolument les Orchidées. Cependant, après mûre réflexion, je crois pouvoir rassurer le lecteur. La question soulevée par M. Correvon intéresse à divers points de vue les Orchi- dophiles — d'abord par la raison qu'il existe des Orchidées en Europe, et notamment en Suisse, un certain nombre de charmantes petites espèces dont M. Correvon lui-même a si bien célébré les mérites dans son livre récent sur Les Orchidées rustiques, espèces qui sont particulièrement intéressées dans la campagne entreprise — ensuite, pour diverses autres raisons que je me propose d'exposer. Le titre même de la nouvelle Association me rappelle, et rappellera peut-être à beaucoup de mes abonnés du début, certaines réflexions que j'eus l'occasion de faire, il y a deux ans environ, dans la Chronique mensuelle, à propos des Orchidées protégées. Je raillais les craintes exprimées par un journal étranger à propos des importations très considérables opérées par L'Horticulture Inter- nationale, et le vœu formulé par ce journal de voir enrayer ces importations. On me permettra de saisir l'occasion qui se présente de revenir sur ce sujet et de compléter ma pensée. Il est bien vrai que je ne saurais m'apitoyer sur le sort des forêts vierges dépouillées d'une partie de leurs ornements, et que si quelqu'un doit profiter de la merveilleuse beauté des Orchidées exotiques, il me semble que ce doit être 72 LE JOURNAL DES ORCHIDEES la partie civilisée de l'humanité, de préférence aux sauvages ou aux singes des régions tropicales. J'ajoute que certaines espèces existaient dans leur pays d'origine en quantité si énorme, qu'il semblait impossible que des importations de quelques dizaines de mille risquassent de les épuiser. Mais c'est par centaines de mille que se compteraient les plantes d' Odontoglossum crispum, de Cattleya Trianae, Mendeli, Mossiae, de Cypripedium insigne qui ont été expédiés en Europe depuis quelque vingt ans ! Tout a des bornes, et lorsqu'une espèce est depuis de longues années soumise à une exploitation régulière de ce genre, on ne doit pas s'étonner de la voir devenir rare. Le Cattleya Mendeli, Y Odontoglossum Pescatorei sont actuellement presqu'introuvables dans leur localité d'origine; V Odontoglossum crispum devient plus difficile à collecter que par le passé, et l'un de nos collecteurs, chargé tout récemment de nous expédier 250 caisses de Cypripedium insigne montanum, nous écrivait qu'il lui avait été impossible d'en recueillir plus de 20 caisses ! La différence est considérable et il faut prévoir que les Orchidées populaires seront très prochainement difficiles à importer. Une certaine modération s'impose donc dans le collectage, dans l'intérêt même des importateurs, s'ils veulent ne pas tuer la poule aux œufs d'or. En dehors du stock destiné à la vente, il est indispensable de laisser sur place une certaine réserve destinée à assurer la reconstitution du gisement. C'est d'ailleurs ainsi qu'opèrent en général les collecteurs sérieux et ayant le goût de leur métier, la passion des plantes; presque toujours, on ne recueille que les plantes assez fortes pour supporter le voyage, et pour pouvoir être offertes en vente. Le collecteur le plus avide devrait laisser derrière lui, sa moisson faite, un grand nombre de pieds très jeunes, de graines à peine germées, qu'il ne lui serait même pas possible d'emporter. Dans l'espace de dix à vingt ans, la clairière dépouillée serait repeuplée... Mais il en est autrement lorsque certains voyageurs, animés d'un égoïsme commercial vraiment féroce, s'attachent volontairement à ravager l'endroit où ils ont recueilli une espèce, et mettent le feu, par exemple, à certaines parties boisées, pour ne rien laisser à ceux qui passeront après eux. Les pertes cau- sées par ce parti-pris de dévastation sont déplorables, et l'on ne saurait trop blâmer de pareils procédés, qui sont une honte pour la civilisation. J'estime que, clans ce cas, l'intervention d'une autorité capable d'empêcher ces ravages serait éminemment désirable, et j'ajoute qu'elle l'est, non seule- l6 MAI 1894 73 ment au point de vue de l'amateur de plantes, au point de vue artistique et philanthropique, mais même au point de vue purement commercial; car, non seulement les procédés dont je viens de parler risquent de détruire certaines espèces précieuses, mais il est à craindre que les autorités de certaines régions ainsi mises en exploitation ne finissent par y interdire totalement le collectage des plantes, au grand préjudice de l'horticulture — il y en a déjà des exemples. Ni mon père, ni moi, nous n'avions jamais admis qu'un de nos collecteurs employât des procédés d'une telle sauvagerie; — il est vrai que, comme l'écrivait ici même M. Van Wambeke il y a moins d'un an, nous avons conservé les traditions d'un temps meilleur que n'est le présent. * * * On voit, en somme, que les Orchidées sont intéressées tout particulièrement à la création d'une Association, qui pourra faire beaucoup en cette matière, non pas tant en intervenant directement (ce qu'elle ne serait sans doute à même de faire que dans un certain temps) qu'en établissant un courant de réprobation contre les abus, en créant un « esprit nouveau, » ou plutôt en provoquant un retour aux grandes et belles traditions d'autrefois, qui n'au- raient jamais dû être éclipsées. L'amour des plantes ne devrait-il pas être une passion éminemment douce et civilisatrice ? La circulaire dont je parlais au début de cet article le fait remarquer dans d'excellents termes, et je crois qu'il est bon de la méditer : « Un proverbe espagnol dit : « Si tu veux comprendre l'importance des plantes, imagine un monde sans elles, et la comparaison t'épouvantera parce que Vidée de la mort viendra de suite. » « Amis des plantes et des fleurs, avez-vous jamais réfléchi à ce que serait notre tapis végétal s'il était dépouillé des gracieuses corolles qui Végayent ? Avez-vous songé à ce que seraient nos montagnes, si les touffes fleuries qui animent leurs pentes étaient supprimées, si le pâturage était sans fleurs, le rocher sans verdure, la forêt dépourvue de ces myriades d'étoiles qui brillent sur le fond sombre du sol ? « Avez-vous jamais songé qu'il est des espèces de plantes rares ou recher- chées pour leur beauté, qui peuvent disparaître de la flore d'un pays, aussi bien que certains animaux ont disparu de sa faune ? que les trésors de la nature ne sont pas inépuisables et que, pour peu que la destruction dépasse la production, l'espèce est menacée d'extinction ? « Ces craintes ne sont malheureusement pas chimériques; elles sont fondées 74 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES sur des faits. Plusieurs espèces de plantes rares, intéressantes ou jolies, ont disparu du territoire suisse, soit par suite des ravages causés par des collec- tionneurs, marchands de « centuries », pour fournir les échanges, soit par suite de l'extension des terres cultivées, soit enfin par les amateurs ou horticulteurs qui introduisent ces plantes dans leurs cultures. « U Association pour la protection des plantes a pris à tâche de protéger les espèces menacées et recommande : i° Aux botanistes et aux touristes, de ne pas dévaster les stations de plantes rares et de se borner, dans le cas où ils voudraient obtenir des exemplaires pour leurs herbiers, à la plante sans la racine tout en en prenant le moins possible; 2 Aux amateurs, d'élever les plantes rares et recherchées par le moyen du semis ou de les acheter chez les horticulteurs qui les élèvent par ce moyen-là; 3 Aux autorités, aux professeurs, aux gens lettrés enfin, de veiller à ce qu'une station de plantes rares ne soit point livrée aux cultures sans qu'une compensation ait pu être donnée à la nature en replantant l'espèce menacée dans les environs, si possible dans un endroit à l'abri de défrichements futurs. Elle recommande aussi la fondation et l'entretien de jardins protecteurs dans les territoires menacés; 4 A tous enfin, le Comité de l'Association pour la protection des plantes recommande l'adhésion à cette Société, dont chacun peut devenir membre moyennant une cotisation annuelle de deux francs. Le Bulletin de l'Association est envoyé gratis aux personnes que le sujet intéresse. » Le président de cette Association, à laquelle j'ai adressé mon adhésion de grand cœur, est M. Correvon. Nul d'ailleurs n'était mieux qualifié pour organiser cette œuvre et en montrer la réelle utilité que mon honorable confrère et collaborateur, dont les œuvres ont toujours reflété un véritable et ardent amour des plantes, et qui a présidé à la fondation du Jardin alpin d'accli- matation de Genève ; c'est là qu'il prêche déjà d'exemple en offrant un asile à beaucoup de ces plantes fragiles ou rares, que la manie peut-être un peu irréfléchie des touristes menace de destruction. Aussi bien, la Suisse n'était-elle pas un peu désignée providentiellement pour être le berceau d'une ligue de ce genre? Ce pays, dont le nom s'associe naturellement dans la pensée aux noms de liberté et de progrès pacifique, est celui où s'est tenue la première réunion de la Ligue internationale de la paix; c'était de lui que devait venir le cri de pitié en faveur des pauvres plantes, victimes, elle aussi, d'une véritable guerre. La Belgique, autre pays neutre et pacifique, et pays éminemment horticole, l6 MAI 1894 75 se doit de répondre à cet appel, ainsi que tous les pays de haute civilisation et d'âme généreuse; et je crois que l'œuvre entreprise par V Association pour la protection des plantes ne peut manquer de compter bientôt un nombre consi- dérable d'adhérents, si toutes les personnes que cette question intéresse veulent prendre la peine d'y réfléchir, et de méditer les faits signalés par M. Correvon. L. L. LES GRANDES COLLECTIONS D'ORCHIDÉES Le Gardeners' Chronicle, qui, sous la direction de notre éminent confrère M. le D r Masters, est certainement le premier journal scientifique horticole du monde, publie actuellement une série d'études sur les collections d'Orchidées des environs de Bruxelles. Nous avons reproduit récemment la description de celle de M. Madoux; aujourd'hui que le sujet traité par notre éminent confrère nous touche de très près, devons-nous nous interdire de reproduire son nouvel article ? Nous ne le pensons pas, et nous espérons que nos lecteurs liront avec intérêt ces études très instructives, écrites par un des juges les plus compétents qui soient en cette matière. « L'Horticulture Internationale, » au Parc Léopold Dire que cet établissement, sous la direction et l'impulsion de MM. Jean Linden et Lucien Linden, est devenu un modèle de son genre, et que chaque plante prise en mains est cultivée dans la perfection, c'est le moins que l'on puisse dire de l'établissement bruxellois d'Orchidées et de plantes nouvelles, qui a tant fait pour répandre le goût de la culture des plantes sous verre en Belgique. Le spacieux et large jardin-d'hiver et la galerie centrale sont garnis de Palmiers et Fougères arborescentes rares choisis parmi les spécimens les plus majestueux. Ici l'on admire, dressant sa tête imposante presque jusqu'au dôme, le Livistona chinensis type, apporté par Siebold lui-même; là, le plus grand spécimen de Cocos Bonneti existant dans les cultures, et qui étale tout autour de lui son feuillage vert argenté, comme les cascades d'une fontaine; des exemplaires relativement grands de Kentia Luciani, K. rupicola, K. Lin- deni, Pritchardia Martiana, P. pacifica, Cycas tonquinensis, Zamia tortilis, Z . Lehmanni, et de la plupart des Palmiers et des Cycadées les plus rares et 76 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES les plus splendides, qui, disposés au milieu des rocailles, reproduisent, aussi exactement que cela peut se faire dans des serres, une scène tropicale naturelle. A la grotte de rocailles, à l'extrémité de la galerie centrale, d'immenses plantes & Anthurium Warocqueanum, et d'autres plantes tropicales à feuillage orne- mental font un effet superbe, et au-dessous de la cascade, des Fougères trans- lucides et des mousses offrent une végétation luxuriante. Mais retournons à l'entrée et passons une revue critique; l'élément commer- cial de cet établissement apparaît immédiatement, quoique voilé par l'habileté avec laquelle chaque chose est arrangée. Dans le vestibule d'entrée, groupés autour de la cascade, sont des spécimens charmants et parfaitement fleuris d'Azalées, de Cyclamen, de Cinéraires, d'Orchidées et d'autres plantes en fleurs, d'élégants Palmiers et Aspidistra pour la décoration des appartements, offrant une tentation irrésistible aux dames, toujours séduites par les fleurs. Un peu plus loin, une ravissante innovation, sous la forme d'une serre à Orchidée adaptée à une fenêtre, garnie d'espèces de port compact, qui peuvent être cultivées, grâce à un compartiment de ce genre, dans n'importe quelle pièce de l'appartement, pourvu qu'elles reçoivent des soins appropriés. Les espèces sont fort bien choisies ; la petite serre remplie de ces plantes en fleurs offre un coup-d'ceil séduisant, et est vraiment charmante. Parmi les Orchidées fleuries qu'elle renferme, nous remarquons des Masdevallia, Cochlioda Nôtz- liana, C. vulcanica, Oncidium cheiroplwrum, Odoiitoglossum Rossi, etc. Une culture de ce genre ne peut pas se passer de certains soins, mais un véritable amateur de plantes peut obtenir par ce procédé des résultats exquis. En parcourant les nombreuses serres à Orchidées, si bien aménagées, nous sommes frappés par leur propreté et la remarquable vigueur de leurs habi- tantes. Non seulement les plantes sont très bien portantes, mais l'extrême profusion des fleurs portées par les Odontoglossum et autres Orchidées qui fleurissent à cette saison démontre bien que la robuste croissance n'est pas obtenue aux dépens de la floraison. Dans la première grande serre à Cattleya, se trouvent de superbes formes de C. labiata Trianae, allant du blanc au plus riche pourpre ; une variété avait sur les pétales de belles stries pourpres ; une autre avait le sommet du labelle d'un cramoisi violacé très éclatant et la gorge orangée. Un lot de plantes d'un nouveau Cattleya du Pérou, dont on dit beaucoup de bien, est l'objet de soins particuliers, et un certain nombre de plantes du fameux C. Rex poussent d'une façon splendide. i6 mai 1894 77 Puis viennent des séries de serres consacrées aux Odontoglossum, contenant des plantes de la vigueur la plus parfaite et chargées de fleurs superbes. Nous remarquons entre autre beaucoup de beaux 0. crispnm maculés, des centaines de grappes d'O. triumphans, un lot de plantes de l'élégant O. Boddaerti, quelques beaux O. Luciani, à fleurs blanc et pourpre, un lot remarquable d'O. luteo-purpureum sceptrum, des O. hastilabium portant une profusion de fleurs, un lot superbe d'O. citrosmum en boutons, des O. Rossi majus et O. Cervantesi, bien fleuris, une foule de formes d'O. Andersonianum, O. Wil- ckeanum, etc. Dans la plupart de ces serres froides, des Orchidées de petite taille sont suspendues près du vitrage, et beaucoup d'O. crispum des meilleures formes sont mis en vue de cette façon. Parmi les plantes les plus séduisantes, nous remarquons le ravissant Cochlioda Nôtzliana, écarlate-orangé, et le C. vulcanica grandiflora carmin, deux des plus gracieuses introductions de ces derniers temps, des rangées du beau Suphronitis grandiflora, à fleurs écarlates, et de Masdevallia, et à l'extrémité de certaines serres, des formes écarlates, mauves et pourpres du M. coccinca (Harryana) et du M. ignea commencent à présenter un coup-d'œil superbe. Une autre serre remarquable est celle des Vanda, qu'on ne pourrait voir en plus belle santé; avec eux se trouvent un grand nombre de spécimens d'An- graecum sesquipedale et d'autres Angraecum, auxquels on donne souvent beaucoup plus de chaleur qu'ici. Ces plantes sont aussi prospères et fleu- rissent bien. Nous arrivons à une très grande serre, entièrement remplie de superbes exemplaires de Laelia purpurata et de L. elegans , abondamment fournis de spathes à fleurs, puis à une autre serre semblable dans laquelle nous admirons une riche floraison du nouveau type de Cattleya guttata Prinzi (amcthystoglossa), variant du blanc lilacé, presque immaculé, au rose vif, couvert de larges taches cramoisies. Dans les serres de Dendrobium se trouvent des quantités de variétés de D. nobïle, dont les meilleures sont les D. n. nobilius et D. n. purpureum, et les meilleurs formes de D. Wardianum et d'autres Dendrobium de Birmanie. Parmi les Oncidium figurent des quantités de l'élégant O. phymatochilum, d'O. praetextum, variété de Pernambuco, d'O. ampliatum majus, d'O. macran- thum et d'O. superbiens. Les serres de Cypripedium renferment beaucoup d'hybrides nouveaux ou rares en fleurs; dans les serres de plantes nouvelles, nous remarquons le 78 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES superbe Zygopetalum Lindeni, blanc pur, le non moins charmant' Z . Lindeniae, le Mormodes Rolfeanum purpureiun, le Maxillaria Lindeni, le Lycaste Luciani, et le gracieux Aganisia lepida, à fleurs blanches. Dans les serres non consacrées aux Orchidées, nous voyons de superbes Anthurium nouveaux et autres Aroïdées, un grand nombre de Fougères arborescentes probablement nouvelles, à tige mince élégante, couronnée d'un splendide feuillage, certainement distinct de tout ce qui est répandu dans les cultures. On peut parcourir tout l'ensemble de ce superbe établissement sans se trouver un instant à l'air libre; dans toutes ses parties il est visible que la pureté de l'air est obtenue par une abondante ventilation, et que l'air est amené à la température nécessaire par des moyens artificiels qui n'apparaissent nulle part -- fait qui en dit long sur les causes de la merveilleuse santé de toutes les plantes. James O'Brien. (Gardeners' Chronicle, 28 avril 1894.) CALYPSO BOREALIS salisb. C'est une plante délicate, très rare dans les cultures, appartenant aux régions septentrionales de l'Hémisphère boréal et qui vient de fleurir pour la première fois au Jardin alpin d'acclimatation, à Genève. Le Gardeners' Chronicle (8 avril 1893) en a publié une figure assez ressemblante d'après des exemplaires cultivés par M. Elwes, mais la gaine qui entoure la tige à mi-hauteur y est trop proéminente, car dans les exemplaires que j'ai sous les yeux, elle est à peine apparente, et en tous cas, n'offre rien de foliacé. Je ne sache pas qu'un autre organe horticole ait publié de figure de cette ravissante espèce, et les ouvrages botaniques qui l'ont reproduite, soit en planche coloriée, soit en simple figure noire, ont tous commis des erreurs de dessin ou de couleur; ce qui s'explique par le fait que la plante ne leur était connue que par des échantillons secs. Je dois également avouer que la figure que j'ai publiée dans mes Orchidées rustiques offre plusieurs inexactitudes, notamment en ce qui concerne le sabot de la fleur, car les échantillons secs que j'avais en herbier n'étaient pas très bien conservés. i6 mai 1894 7g L'apparition de ces jolies petites fleurs du Nord dans mes cultures, a été accueillie avec grand plaisir par nos botanistes genevois et M. le D r Chodat, professeur de botanique à l'Université de Genève, s'est empressé d'en fixer, dans une jolie peinture, les formes et les teintes. Le Calypso borealis Salisb., appartient à un genre monotype, bien que Robert Brown ait publié sous le nom de C. americana une espèce que Hookek et la plupart des spécialistes considèrent comme identique au borealis. Ce genre se distingue par des divisions périgonales à peu près semblables, dressées, élancées en avant, étroites, lancéolées, aiguës, d'un carmin clair, rassemblées dans le haut de la fleur où elles forment comme une huppe étalée, par un labelle en forme de sabot, de la longueur des divisions, largement ovale et très apparent; ce labelle est pendant, distant de la colonne, rétréci à sa base. Il forme un sac boursoufflé, diversement coloré et qui porte à son sommet, c'est-à-dire en bas, deux petits éperons, probablement des nectaires, bien que, même à l'aide d'une forte loupe, je n'y aie pas découvert de glandes nectarifères (il se peut que la culture ait modifié ces organes). Le labelle est barbu sur une partie de sa surface antérieure; il est de couleur rose tendre, veiné de jaune et de pourpre. La colonne est largement ailée, d'un rose pâle, ovale et, abaissée avant l'anthèse, elle se redresse et se relève ensuite. La plante offre un petit pseudo- bulbe de la grosseur d'une noisette qui émet une seule feuille plissée et d'un vert foncé. Les caractères du C. borealis sont ceux du genre. C'est une sorte de Cypri- pède en miniature, d'un beau rose carmin et diversement nuancé. Il croît dans les sphaignes des régions septentrionales des États Unis, du Canada, de l'Unalaska et en Europe dans les marécages siliceux de la Laponie russe. On le trouvait autrefois en Ecosse, mais il y a été détruit. Il fleurit en avril-mai. Sa culture n'est pas très difficile. Il lui faut un sol spongieux, dépourvu de calcaire, bien drainé, composé de terre de bruyère concassée en morceaux, de sphagnum, d'un peu de terre franche avec addition d'un peu de sable siliceux ou de petits débris de cailloux granitiques. Ils entrent en juillet dans leur époque de repos et il faut alors les tenir au sec jusqu'en octobre-novembre. H. Correvon Jardin alpin d'acclimatation, Genève. 8o LE JOURNAL DES ORCHIDÉES MISCELLANEES Ci-après, un extrait intéressant du Journal de la Société nationale d'horticul- ture de France : (Séance du 22 mars.) — « ...M. Meunier présente une bouture, faite dans l'eau, d'une tige de Phalaenopsis amabilis. Antérieurement, il avait réussi dans une expérience semblable qui avait porté sur le Phalaenopsis Schilleriana. Il semble que le résultat va être également avantageux pour l'expérience actuel- lement en cours, car, dit M. le Président du Comité de floriculture, la bouture commence à pousser. Le Comité remercie M. Meunier de lui avoir présenté sa bouture d'Or- chidée, mais il suspend tout jugement à cet égard, le résultat de l'expérience n'étant pas encore acquis. » Il nous paraîtrait intéressant d'avoir des renseignements plus précis sur le cas du Phalaenopsis cité ci-dessus. Si la tige (florale, sans doute) qui a été bouturée avait un bourgeon avant d'être plongée dans l'eau, le cas n'est pas nouveau, et des plantes de divers Phalaenopsis l'ont reproduit souvent dans les serres, avec la seule différence qu'au lieu de baigner dans l'eau, elles baignaient dans l'air humide. Mais si la tige a été plongée dans l'eau avant de présenter aucun bourgeon, il serait curieux de savoir si les boutons étaient déjà formés, si la plante avait fleuri, et au bout de combien de temps la tige à commencé à donner des signes d'activité — en même temps, combien de temps elle pourra résister dans l'eau, où il est peu probable qu'elle puisse continuer à croître Mais la première hypothèse est sans doute la plus probable ? l6 MAI 1894 81 ETUDES DE BOTANIQUE ELEMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES (Suite, voir p. 31) Dans le Gênera Plantarum, Bentham a réuni aux Saccolabium les genres suivants : 1 et 2. Omoea et Ceratochilus, établis aussi par Blume en 1825 ; 3. Gastvochilus, décrit également en 1825, par le botaniste anglais D. Don, dans son Prodrome de la Flore du Népaul; 4. Robiquetia, crée par le botaniste français Gaudichaud, qui le décrivit en 1826, dans la partie botaniste du Voyage de Freycinet. 5. Oeceoclades, décrit en 1833 par Lindley, dans son Gênera and Species of Orchidaceous Plants ; toutefois, la moitié des dix espèces d'Oeceoclades que le savant auteur anglais décrivit alors appartiennent réellement à d'autres genres. En lui donnant les limites que lui a assignées Bentham, le genre Saccola- bium peut comprendre de 60 à 70 espèces, qui croissent dans l'Inde et les contrées plus orientales de l'Asie ainsi que dans l'Archipel malais. Nous devons cependant faire remarquer que ces limites sont assez arbitraires, et que rarement deux auteurs sont complètement d'accord dans la manière de comprendre le genre. Ainsi M. Pfitzer, en 1888, en a retiré les Ceratochilus, de Blume, qu'il maintient comme distincts, avec quatre espèces. Sir Joseph Hooker, au contraire, dans sa Flore de l'Inde anglaise (18 90), a encore ajouté les trois genres suivants à ceux qui avaient été réunis par Bentham : i° Schoenorchis, décrit par Blume en 1825 et comprenant une espèce de Java. 2 Acampe, créé par Lindley en 1853 et comprenant actuellement une dizaine d'espèces, dont quelques-unes sont rarement cultivées. Deux de ces espèces ont été observées dans l'Afrique austro-orientale; les autres sont origi- naires des Indes orientales et de la Chine australe. 3 Uncifera, établi en 1858 par Lindley, pour deux espèces des montagnes de l'Himalaya. Enfin comme le gâchis n'était pas encore assez complet, M. Kuntze, bota- 82 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES niste allemand, dans son Revisio Generum Plantarum (1891), sous prétexte que le nom Saccolabium ne serait que du mois de juillet 1825, tandis que le nom Gastrochilus de D. Don daterait du mois de février 1825, prétend que c'est ce dernier nom qui doit être employé; il y rapporte donc les 82 espèces du genre compris dans le sens le plus large, créant ainsi 82 synonymes inutiles! III. Angraecum. — Le nom de ce genre est bien connu de tous les amateurs d'Orchidées. Il renferme, en effet, plusieurs espèces très remarquables; et parmi celles-ci, nous devons citer en première ligne le célèbre A. sesquipedale, dont les grandes fleurs blanc d'ivoire sont munies d'un éperon atteignant 30 a 35 centimètres de longueur. UA. caudatum, à fleurs nombreuses, jaunes et blanches, n'a pas l'éperon aussi long, mais il peut avoir cependant encore jusque 25 centimètres. Mentionnons aussi VA. eburneum (dont VA. superbum n'est qu'une forme), à grandes fleurs charnues, blanches ou verdâtres, ayant le reflet de l'ivoire; VA. fragrans, à fleurs blanches et solitaires, très odorantes, comme d'ailleurs beaucoup d'autres espèces; VA. citratum, à longues grappes d'un jaune citron très pâle; VA. Kotschyi, à fleurs d'un blanc de crème, dont le long éperon est tout tortillé en vrille ; VA . Scottianum, remarquable par ses feuilles cylindriques, qui permettent de le distinguer facilement des autres espèces; VA. Ellisii, à très longues grappes d'un blanc pur, dont le nom rappelle le missionnaire W. Ellis, illustre explorateur de Madagascar, qui a découvert cette espèce et en a introduit beaucoup d'autres, spécialement VA. sesquipedale; VA. falcatum, dont la patrie est le Japon, à une distance immense de celle des autres espèces, qui proviennent toutes de l'Afrique. En analysant quelques-unes de ces espèces, on pourra vérifier que les Angraecum ont les caractères génériques suivants : « Sépales presque égaux, libres, étalés. Pétales presque semblables aux « sépales. Labelle continu avec le gynostème, à la base duquel il est fixé, « prolongé inférieurement à la base en éperon long ou parfois même extrê- « mement long; limbe étalé ou dressé-étalé, entier ou trilobé. Gynostème très « court, large, à face antérieure concave, sans pied ni ailes, clinandre tronqué, « entier. Anthère terminale, en forme d'opercule, inclinée en avant, convexe, « souvent prolongée antérieurement, biloculaire; deux pollinies cireuses, globu- « leuses, présentant un profond sillon extérieur, réunies par un pédicelle plan « ou par deux pédicelles à un rétinacle en forme d'écaillé simple ou double. « Capsule oblongue ou fusiforme, sans bec, dressée ou étalée. — Herbes épi- « phytes, sans pseudobulbes, à tiges feuillées plus ou moins allongées. Feuilles 16 MAI 1894 83 « sur deux rangs, coriaces ou charnues, à gaines persistantes, souvent tronquées « ou inégalement bilobées au sommet. Hampes latérales, simples, portant des « fleurs souvent grandes ou même parfois très grandes, disposées en grappe « ou très rarement solitaires. » Ce genre a une grande affinité avec les Vanda, Renanthera et Saccolabium, que nous avons déjà décrits (voir 2 me année, p. 241, et plus haut, pages 32 et 33). Il en diffère principalement, en ce qu'il a l'éperon du labelle très long, grêle et plus ou moins aigu; tandis que dans ceux-ci, l'éperon est court, plus ou moins renflé et obtus, constituant le plus souvent ainsi une sorte de sac ventru plutôt qu'un éperon ordinaire. Le genre Angraecum a été établi par le botaniste français Du Petit- Thouars, dans son ouvrage publié en 1822 sous le titre de : Histoire particulière des plantes Orchidées recueillies sur les trois îles australes d'Afrique, de France, de Bourbon et de Madagascar (avec 110 planches). Son nom dérive du mot Angrec, par lequel les indigènes de plusieurs contrées tropicales désignent les Orchidées épiphytes. Quelques années plus tard, en 1826, le botaniste allemand Sprengel a cru bon de changer Angraecum en Aerobion; mais personne n'a tenu compte de cette modification. Dans l'ouvrage dont nous avons déjà parlé plus haut au sujet des Sacco- labium, M. Otto Kuntze prétend que l'on doit remplacer le nom d'An- graecum, que tout le monde connaît et admet aujourd'hui, par celui d'Angor- chis, que Du Petit-Thouars aurait publié dès 180g, donc treize ans auparavant. Il profite naturellement de ce travestissement du nom générique, pour rapporter 52 Angraecum aux Angorchis, et ajouter ainsi son nom à 52 nouveaux noms spécifiques. Nous possédons le tableau, aujourd'hui raris- sime, publié par Du Petit-Thouars en 180g, et nous y trouvons que, pour le suivre à la lettre, il faudrait écrire Angorkis et non Angorchis. Nous démon- trerons d'ailleurs, dans un autre travail, qu'en créant le nom Angorkis ou Angorchis, de même qu'une foule d'autres noms, l'auteur français n'avait nullement en vue la nomenclature binaire, la seule qui a cours dans le langage scientifique, et que par conséquent il n'y a plus lieu d'en tenir compte, au point de vue des droits de priorité, que d'un nom vernaculaire quelconque relevé par un voyageur. Tel qu'il est délimité par Bentham (Notes on Orchideae, 1881, et Gênera Plan- tarum 1883), le genre de Du Petit-Thouars comprend aussi les Listrostachys 84 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES et les Aerangis, genres créés par Reichenbach, le premier en 1852, le second en 1865. Toutefois, Bentham divise les Angraecum en trois sections, comme suit : 1. Macroura. — Pollinies attachées par leur côté, munies chacune d'un pédicelle et d'un rétinacle distincts; labelle à limbe plan, souvent dilaté. Exemples : A. sesquipedale, A. Leonis, etc. 2. Listrostachys. — Pollinies attachées par leur pointe chacune à un pédicelle distinct; deux rétinacles distincts ou soudés en un seul; labelle con- cave à la base, prolongé au sommet en acumen entier. Exemples : A. arcua- tum, A. caudatum. A. Chailluanum, A. pellucidum, A. pertusum. 3. Euangraecum. — Pollinies attachées par leur pointe, reliées à un réti- nacle unique par un pédicelle indivis ou plus ou moins bifide; labelle à limbe plan, souvent dilaté. Cette section comprend de nombreuses espèces, parmi lesquelles nous citerons : A. articulatum, A. bilobum, A. citratum, A. ebur- neum, A. Ellisii, A. falcatum, A. fastuosum, A. modestum. Les idées de Bentham ne sont pas partagées par M. Pfitzer, qui non seulement maintient comme distincts les genres Listrostachys et Aerangis (1888), mais encore élève au rang générique, sous le nom de Macroplectrum, la section Macroura mentionné plus haut. Il en résulte, entre autres, que d'après lui ï Angraecum sesquipedale doit prendre le nom de Macroplectrum sesqui- pedale. Mais nous doutons que ses idées soient partagées par la majorité des botanistes et surtout des horticulteurs. Dans le Gênera Plant-arum Bentham estime à environ vingt-cinq le nombre d'espèces d'Angraecum. Mais dans le Conspectus Florae Africae de MM. Durand et Schinz, nous trouvons la liste des 86 Angraecum proprement dits, 26 Listro- stachys et 2 Aerangis, soit 114 espèces, sans compter 6 Angraecum douteux ou dont la patrie n'a pas été indiquée par les auteurs qui les ont décrits. En outre, depuis l'impression de la partie du volume V du Conspectus contenant les Orchidées (commencement de 1893), M. Bolus a encore créé deux nouvelles espèces et M. Rolfe une espèce, appartenant à ce genre. Et l'Angraecum japonais n'est naturellement pas compris dans ce relevé. Nous avons tenu à rechercher ces nombres précis, pour montrer combien les évaluations de Bentham restent parfois en dessous de la réalité. Pour ce genre, le nombre des espèces se trouve être aujourd'hui près de cinq fois celui qu'il estimait en 1883 ! La disproportion n'est pas toujours aussi forte; mais pour beaucoup de genres cependant, le nombre réel des espèces est considérablement supérieur à celui qu'il indique. l6 MAI 1894 85 A l'exception d'une seule espèce, tous les Angraecum se rencontrent dans l'Afrique tropicale et australe, ainsi qu'à Madagascar et dans les îles voisines. Madagascar seul possède trente Angraecum proprement dits, soit au moins le tiers du total des espèces. Il y en a aussi un certain nombre qui sont spéciales aux îles Maurice et Bourbon. Trois ou quatre espèces remontent au nord jusque dans l'Abyssinie. Mais le fait le plus étrange, c'.est de rencontrer, à une immense distance de toutes les autres, une espèce déjà nommée plus haut, comme égarée au Japon. Signalons aussi cette curiosité, que VA. bilobum a été recueilli d'un côté à Sierra Leone et sur la côte de Guinée, de l'autre sur la côte de Zanzibar, deux régions qui se trouvent à bien des centaines de lieues l'une de l'autre. (Sera continué.) A. COGNIAUX. PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE LA LINDENIA subit actuellement un certain retard, que nous prions nos abonnés de vouloir bien excuser en raison du surcroît de travail qui est imposé à l'imprimerie et à nous par l'impres- sion du livre Les Orchidées exotiques. Dès que ce livre aura paru, c'est-à-dire à la fin du mois, nous mettrons sous presse trois ou quatre livraisons de la Lindenia simultanément, afin de regagner le retard que nous n'avons pu éviter. Nous avons toutes prêtes un certain nombre de superbes planches d'Orchidées célèbres et populaires et de variétés de choix qui ont fleuri dans ces derniers temps. G. S., Creuse. — Les fleurs que vous nous avez adressées sont arrivées assez fanées, et il ne nous a pas été possible de les apprécier com- plètement. Néanmoins, il n'est pas douteux que les espèces en question sont le Cattleya Forbesi et le Rodriguezia Lindeni. Le Cattleya avait cependant les pétales singu- lièrement étroits. Ce doit être sans doute une première floraison. M. G. Wincqz, de Soignies, nous a envoyé une fleur d'une belle et curieuse variété à'Odou- toglossmn citrosmuvi, qui mérite, à notre avis, de recevoir un nom distinct. Dans cette variété, tous les segments sont rose vif avec une bordure rose pâle, sauf le labelle, qui est rose lilacé un peu plus vif à la base. Les pétales et les sépales portent à la base et jusque vers le milieu un cer- tain nombre de points rose vif, aussi petits que des piqûres d'épingle, chaque point entouré d'un cercle blanc. Vers la base, où ces points sont plus nombreux et plus rapprochés, ces cercles blancs se rejoignent et se confondent en formant une zone blanche irrégul ère. L'onglet du labelle est d'un jaune vif, pointillé d'orangé vif. UN CYMBIDIUM LOWIANUM MON- STRUEUX est signalé par le Gardening World. Cette plante a produit récemment, sur une de ses tiges florales, une fleur formée de deux fleurs complètement fondues ensemble. Le sépale dor- sal était large, et formé de deux sondés presque jusqu'au sommet. Trois pétales et deux labelles étaient présents, à peu près semblables et égaux entre eux. L'un des lobes latéraux de l'un des labelles avait comprimé l'anthère et fait jaillir les pollinies, qui étaient restées adhérentes par la glande. Le colonne était deux fois aussi large que d'habitude, et visiblement formée de deux. 86 LE JOURNAL DES ORCHIDEES REÇU DE M. A. CHABER un superbe Catt- leya Mossiae, à pétales et sépales très amples d'un rose chaud, les premiers d'une substance remarquable, rigides-dressés ; labelle bien déve- loppé, richement coloré de jaune d'or des deux côtés de la gorge, avec une large macule cra- moisi pourpré occupant tout le lobe antérieur. Cette variété est remarquable. UN SPECTACLE MERVEILLEUX est celui que présentent actuellement les serres de L'Hor- ticulture Internationale, remplies d'une profusion de fleurs des plus belles Orchidées, Odontoglossum, Cattleya, Cypripedium, Laelia purpiwata en variétés infinies, d'une extrême élégance. Jamais peut-être l'établissement n'a été plus brillant qu'en ce moment, et tous les ama- teurs qui le visitent déclarent partager à ce point de vue l'opinion exprimée par notre éminent confrère le Gardeners' Chronicle, dans l'article reproduit plus haut. LA VENTE DE LA COLLECTION de M. George Hardy, de Timperley, a eu lieu les 9 et 10 mai. M. George Hardy laisse une fortune très importante, qu'il devait à son travail. Il avait été d'abord voyageur pour une brasserie, dont il devint plus tard propriétaire, et qu'il revendit en 1887 pour la somme de 15 millions. LA COLLECTION DE M. LE Dr CAPART, de Bruxelles, est décrite dans le numéro du 21 avril du Gardeners' Chronicle, qui en fait de grands éloges et vante spécialement ses « magni- fiques Odontoglossum, » ses Cattleya, d'une vigueur remarquable, ses Laelia purpurata, su- perbement cultivés, sa collection de Cypripe- dium, Phalaenopsis, Angraecum, Vanda, Den- drobium, etc. * * EXPOSITION DE MANCHESTER. — Nous publierons dans notre prochain numéro quelques notes sur cette exposition, ouverte le 11 mai, et s'il y a lieu, sur celle de la Royal Horticultural Society aux Temple Gardais, le 23 mai. Les nécessités de l'exactitude nous obligent également à différer au prochain numéro le compte-rendu de l'exposition d'horticulture ou- verte le 13 mai 1894 à l'Exposition universelle d'Anvers. UN ERIA NOUVEAU vient de fleurir dans les serres de L'Horticulture Internationale et a reçu de M. Rolfe le nom d'£. cinnabarina. Cette curieuse espèce se dinstingue par un coloris très attrayant. Ses fleurs de taille assez grande pour un Eria, sont tout entières d'un rouge orangé doux ; les pédicelles et le pédoncule sont identiquement de la même couleur, ainsi que les bractées nombreuses et très larges, en forme d'écaillés, dont la tige est pourvue sur toute sa longueur. Le contraste que présente cette tige orangée avec les pseudobulbes et les feuilles vert foncé est saisissant. Le genre Eria est peu connu du monde horti- cole, quoique très étendu ; la plupart des espèces qui le composent peuvent être considérées comme des espèces exclusivement botaniques. Il en est ainsi en particulier de beaucoup des espèces à pseudobulbes, dont le port n'est pas très gracieux. Mais il existe assurément des exceptions, notam- ment, pour ne citer que celles-là, les plantes si élégantes connues sous le nom de Trichotosia, et qui sont rangées par Bentham dans le genre Eria; et la nouvelle espèce, qui se distingue par un coloris nouveau très vif, mérite certainement de figurer dans les collections. LYCASTE X IMSCHOOTIANA. — Cette belle Orchidée, qui a été décrite dans nos co- lonnes, a été exposée par son obtenteur au Meeting de Gand du 3 mars, et y a obtenu un certificat de mérite par acclamation. Extrait du Gardeners , Chronicle : L'institutrice. — Emma, dites-moi ce que vous savez sur la famille des Orchidées? Emma. — Pardon, Madame, mais Maman nous a défendu de nous mêler d'aucun cancan de famille. DICTIONNAIRE PRATIQUE D'HORTI- CULTURE ET DE JARDIN AGE, de G. Nichol- son, traduit et adapté par S. Mottet (O. Doin, éditeur, Paris). — La 25 me livraison de cet im- portant ouvrage, dont nous avons déjà signalé la haute utilité, vient de paraître récemment; la partie publiée se compose donc actuellement de 1200 pages, avec 25 belles planches coloriées et une foule de gravures noires. La 25 me livraison contient une planche repré- sentant trois espèces de Galeandra, les G. devo- niana, G . flaveola et G. Baueri. Prix de chaque livraison : fr. 1,50. T. S. — 1° Bonne variété de Vanda tricolor. 2° Dendrobium nobile purpureum. 3 Cypripedium Boxalli. 4 Odontoglossum Jenningsianum , hybride naturel. L. L. PÉPINIÈRES DE MONTAIGU (Belgique) Edouard MICHIELS chef des pépinières. Gustave MICHIELS architecte de jardins. Edmond MICHIELS Spécialité Graines de prairies, forêts, sapinières et autres. Arbres fruitiers pour vergers. — Pommiers, Poiriers, Pruniers, Cerisiers, hautes tiges, saines et vigoureuses, les meilleures variétés, depuis 1 fr. 50 à 2 francs. 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I*oui* poi*aîti»e prochainement : LES ORCHIDÉES EXOTIQUES ET LEUR CULTURE EN EUROPE Par LUCIEN LINDEN TRAITÉ COMPLET consacré à la culture des principales merveilles de la flore tropicale et renfermant de nombreuses gravures Le besoin se faisait sentir d'un ouvrage résumant les progrès accomplis dans les dernières années, tant par la culture que par la connaissance scientifique et horticole des Orchidées. Au point de vue de leur culture, des progrès énormes ont été accomplis depuis la publication des derniers ouvrages spéciaux en langue française. Les principes généraux ont été nettement discernés, les détails d'appli- cation" ont "reçu des perfectionnements considérables. La culture belge, dont l'excellence est aujourd'hui proclamée par les connaisseurs et cultivateurs les plus compétents des divers pays d'Europe, est définitivement fixée comme la mieux appropriée aux besoins des Orchidées. La vie de ces magnifiques végétaux à l'état naturel, leurs particularités physiologiques, leur beauté pitto- resque et infiniment variée, méritent d'attirer l'attention de beaucoup de personnes du monde qui ne connaissent des Orchidées que des légendes mystérieuses et confuses, et qui parfois n'osent pas en embellir leurs serres, faute d'être plus exactement renseignées. 11 est nécessaire, d'autre part, de fournir aux cultivateurs et amateurs, si nombreux aujourd'hui, une description des principales et des plus belles Orchidées cultivées, y compris les nouveautés introduites en très grand nombre dans ces dernières années. Nous avons entrepris cet ouvrage à la demande d'un grand nombre de personnes qui ont bien voulu nous dire que nous étions particulièrement à même de combler ces lacunes, grâce aux observations et aux matériaux considérables que nous fournît la direction d'un des premiers établissements d'introduction du monde. Il est évident en effet, qu'il faut cultiver, et cultiver en grand, pour pouvoir traiter de la culture, et qu'il faut disposer de collections étendues pour pouvoir parler des Orchidées et les décrire. C'est donc, à tous les points de vue, un livre d'expérience et de pratique que nous offrons au public, un •^♦•» < Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Leur circulation universelle augmente considérablement de jour en jour. ^J. B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces tas les 2 journaux ensemble : Une page entière . . 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SEVERYPVS, fondée en 1HVO J.-L. GOFFART, Successeur 181, rue du Progrès, BRUXELLES. — Téléphone 1671 Maison à Londres : 66-67-68, Milton Street, E. C. Chromolithographie, de la Lindenia, de /Illustration Horticole, du Garden de Londres, de la Revue Horticole de Paris, etc. Spécialité de planches de Botanique en couleur pour Journaux horticoles, horticulteurs, Catalogues de semences de fleurs, etc. La Maison spécialement outillée pour ce genre de travaux est arrivée dans ses repro- ductions à une exactitude et un. fini qui lui ont fait une renommée universelle. EXÉCUTIONS SOIGNÉES. PRIX MODÉRÉS. SOMMAIRE DU 102 me NUMERO : Causerie sur les Orchidées. — LXV1II . . . Revue des Orchidées nouvelles ou peu connues Les grandes collections d'amateurs .... Miscellanées 87 90 93 95 Les Galanthe 96 Rempotage et multiplication des Angraecum, Aerides et Yanda 99 Petites nouvelles et petite correspondance . . . 101 L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LÉOPOED. — BRUXELLES Administrateur-Directeur : LuciEtv J^iivdeiv L'Établissement est maintenant divisé en deux branches très spéciales : COTÉ DROIT : Plantes en gros pour la grande culture; COTÉ GAUCHE : Plantes de culture pour collections. MARCHÉ EUROPÉEN D'ORCHIDÉES If^T 35 Immenses arrivages toutes les semaines ^gzJfè ORCHIDÉES POPULAIRES, RARES OU NOUVELLES, INTRODUITES OU CULTIVÉES PAR CENTAINE DE MILLE Grâce à nos nombreuses introductions directes et à nos prix réduits — la légende que nous vendons plus cher qu'ailleurs n'existe plus aujourd'hui que dans l'imagination incurable de quelques horticulteurs- mar- chands intéressés — l'Orchidée est chez nous à un bon marché qui lui ouvre toutes les serres et même les appartements. Messieurs les amateurs — qui n'ont pas encore été en rapports d'affaires avec nous — sont invités à visiter notre établissement, nous désirons les convaincre que si nos serres sont aussi admirablement tenues et nos plantes aussi superbement cultivées que veulent bien le reconnaître les principaux journaux horticoles d'Angleterre et d'Amérique, « ces brillants résultats sont dus à une parfaite entente de leurs besoins ainsi qu'à « V ordre et à Vhabileté qui président à tous les rouages de t 'institution } depuis le « collecta ge des Orchidées dans leurs pays d'origine jusqu'à tenir dé-part de l'éla- « blissement. » Voilà pourquoi à L HORTICULTURE INTERNATIONALE on vend beaucoup, bon et à bas prix. DEMANDEZ LES OFERES HJBLIÉES CHAQUE SEMAINE. I er JUIN 1894 87 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES LXVIII. — Les Orchidées à la « Temple Show » les 23, 24 et 25 mai 1894 La fameuse Exposition de la « Temple Show, » qui fait tant parler d'elle, a été un succès de plus à porter à l'actif de la Société Royale d'Horticulture de Londres. Il faut voir une Exposition de ce genre pour constater combien l'horticulture est en faveur en Angleterre et combien toutes les classes de la société s'intéressent aux plantes et aux efforts des cultivateurs. On ne peut, sur le continent, se faire une idée du nombre de personnes, de dames spécialement, qui visitent avec intérêt et savent apprécier les mérites ou la rareté des plantes exposées. Le temps malheureusement était très mauvais, le vent soufflait avec rage et je crains bien que maintes belles Orchidées exposées sous des tentes auront eu à souffrir du froid et des courants d'air qui régnaient sans discontinuer. L'effet des grandes tentes espacées sur les pelouses des Temple gardens est certainement très pittoresque — on eût dit un grand camp militaire — la lumière voilée fait bien valoir la beauté des plantes, mais je m'étonne qu'une Société aussi puis- sante que la Société Royale d'Horticulture de Londres n'ait pas son local à elle, une vaste construction vitrée dans le genre du Casino de Gand. Je sais que c'est un desideratum souvent exprimé par les journaux anglais. Je souhaite vivement qu'il prenne forme prochainement, tant dans l'intérêt des plus frileuses Orchidées que de l'effet d'ensemble. Mais venons aux Orchidées pour dire qu'elles étaient exposées en abon- dance, et généralement très bien arrangées et superbement fleuries. A tout seigneur, tout honneur : La collection du baron Schroder, du « baron » comme on dit simplement ici, était merveilleuse et disposée avec un très grand art. Je suis très heureux de lui adresser, ainsi qu'à son chef des cultures M. H. BALLANTiNE,des félicitations sans réserve. Le milieu du groupe, qui s'éta- geait sur un espace de g mètres de long sur 1 l / 2 mètres de large environ, était occupé par une vingtaine de Vanda teres très bien fleuris et ceux-ci étaient 88 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES environnés d'admirables exemplaires de Laelia purpurata, de Cattleya Mendeli et Mossiac, de Vanda, de Cypripedium, tandis que plusieurs variétés hors ligne d'Odontoglossum placées en vedette sur des colonnes émergeaient du groupe et attiraient l'attention des visiteurs. C'était d'abord YOdontoglossum crispum Rex, un roi, en effet, un empereur du règne orchidéen, avec ses fleurs correctement formées, grandes, solides, blanches, largement maculées de brun- rouge! Puis les superbes 0. c. xanthotes, O. c. Bonnyanum, 0. c. Wolstenhol- miae, O. c. excelsius, déjà décrits dans ces colonnes, et un Phalaenopsis, le P. x John Seden, qui est un hybride d'un mérite transcendant. Tout serait à citer dans ce groupe superbe, qui restera comme un des plus beaux souvenirs de ma vie d'Orchidophile. A côté, se trouvait une autre très belle collection, celle de Sir Trevor Law- rence, le très estimable président de la Société Royale d'Horticulture. Elle montre immédiatement la différence de goût du propriétaire de ce groupe avec celui du précédent. Si la collection du « baron » se fait remarquer par l'excel- lence des variétés, celle du président se distingue par la quantité de curiosités, de plantes rares qu'on ne trouve pas ailleurs, ce qui ne veut pas dire que Sir Trevor Lawrence ne possède pas de belles variétés. La composition de son groupe viendrait tout de suite donner un démenti à une pareille supposition. Il est presque aussi important que le précédent, mais arrangé avec moins d'élégance, et les plantes beaucoup trop serrées les unes contre les autres. Je relève dans cette collection beaucoup de plantes difficiles à cultiver qui le sont ici parfaitement et j'adresse mes félicitations à M. W. H. White, qui est un cultivateur expérimenté. A noter parmi les curiosités : Geodorum Augusti, Sarcochilus Fitzgeraldii, Stauropsis (Vanda) Massaiana, Bulbophyllum barbigerum, Cleisostoma crassifolia, un Microstylis étonnant; puis des Cattleya Mossiae, Laelia purpurata, des Masdevallia, des Odontoglossum et beaucoup d'autres magni- fiques Orchidées. Ensuite venait la collection de MM. Sander & C°, de St-Albans. Un groupe important aussi, mais arrangé avec une bien moindre notion de goût. J'aimais peu une barre de fer qui le dominait et sur lequel on avait pendu une cinquan- taine de petits Coelogyne Dayana, aux teintes tristes. Ce n'était pas heureux comme imagination, à moins que cela n'avait été trouvé que pour servir de repoussoir à une dizaine de variétés de grand mérite émaillant le groupe : une délicieuse variété de Cypripedium callosum, nommée C. c. Sanderae qui provient, je crois, d'une collection française. Cette superbe plante rappelle notre Cypri- I er JUIN 1894 89 pedium Lawrenceanum var. Hyeanum, c'est l'albinos des callosum. Puis venait un Phajus X Owenianus (Humbloti par Oweniata), le grand CaUleya Mossiae Reineckeana vendu la semaine dernière avec la collection Hardy, deux CaUleya Mossiae imperialis très différents l'un de l'autre, l'un avait une très grande fleur blanche au labelle jaune ligné de carmin, l'autre une fleur au labelle déve- loppé rappelant le CaUleya X Hardyana; puis une immense potée d'Oncidium ampliatum majus portant quelques centaines de fleurs. Je resterai très impartial en disant que cette collection, à part cette douzaine de plantes, était très ordinaire et ne se composait que d'exemplaires qu'on rencontre partout ; je crois même avoir rencontré souvent en Belgique les trois douzaines d'Odonto- glossum qui formaient le centre. Messrs B. S. Williams, J. Cypher, Walter C. Walker, Lewis et C°, Hugh Low et C°, Mac Arthur, Charlesworth Shuttleworth et C°, avaient chacun des groupes très importants et bien fleuris, mais présentant peu de variétés supérieures à relever. M. Fred. Hardy, l'amateur bien connu de Manchester, avait envoyé son merveilleux Laelia purpurata Hardyana, racheté 130 guinées la semaine der- nière à la vente des Orchidées de son père, et dont je parle ailleurs dans les « petites nouvelles, » un énorme spécimen de CaUleya Mossiae et une mer- veilleuse variété foncée de CaUleya Skinneri. J'ai vu beaucoup d'autres Orchidées dont la nomenclature deviendrait bien longue et mènerait bien loin. Du continent, il était venu peu d'Orchidées : M. Jules Hye exposait son superbe Odontoglossum luleo-purpureum var. Vuylstekeanum avec trois grappes de fleurs jaune clair, à macules légèrement plus foncées. M. Vincke avait un bon groupe d' Odontoglossum crispwn, M. Peeters son Odontoglossum crispum Capartianum, une très belle variété si on ne le compare pas avec les triomphants joyaux du « baron » cités plus haut. Enfin L'Horticulture Internationale avait envoyé une cinquantaine de tiges florales de Laelia purpurata portant chacune de quatre à sept fleurs, et montrant une très grande variété de formes supérieures, et des Laelio-Cattleya nouveaux très remarqués. Voilà, je crois, tout ce qu'il y a à dire concernant les Orchidées de cette magnifique exposition et je n'ai qu'un regret, c'est de ne pouvoir en parler davantage, faute de place. * * Comme conclusion, quelques leçons se dégagent de cette grande floralie. Il go LE JOURNAL DES ORCHIDEES. n'y a pas de compétition ici, chacun expose ce qu'il a; le jury juge la valeur du groupe sans comparaison avec d'autres — il n'y a pas de premier ni de deuxième et tout le monde est content. Il faudra en venir là en Belgique, car nos expositions sont devenues absolu- ment ridicules et sans portée, il faut bien oser le dire. Pourquoi cette ancienne manie d'établir des concours ? Pour permettre à une demi-douzaine d'amateurs et d'horticulteurs de se prêter des plantes et de se liguer contre un seul (')? Ce spectacle, réédité de Gand, l'année dernière, a été revu cette année à Anvers — je n'en dirai pas davantage cette fois-ci — mais il me semble qu'il est temps de réglementer autrement les Expositions chez nous si l'on ne veut pas dégoûter les exposants sérieux. Que signifient, en effet, des expositions-concours où les membres du jury n'ont pas même la délicatesse de se retirer et jugent les collections formées en grande partie de leurs propres prêts ? Londres, 24 mai 1894. LUCIEN LlNDEN. REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES CYPRIPEDIUM x ANNIE MEASURES. — Hybride issu du croisement C. bellatulum X C. Dayanum, et obtenu dans la collection de M. Measures, Cambridge Lodge, Camberwell. Il a obtenu un certificat de i re classe au meeting de Londres du 24 avril dernier. Les fleurs sont analogues, paraît-il, à celles du C. x Marshallianum, et sont d'un jaune crème, pointillé de pourpre. Le pavillon est un peu petit, incurvé; les pétales sont très larges, richement ornés de taches pourpre vineux, plus petites que dans le C. bellatulum. La partie antérieure du labelle est lavée de rose pourpré ; cet organe est de taille assez petite. Cet intéressant hybride est figuré dans le Journal of Horticulture du 3 mai. (1) J'avais déjà demandé, l'année dernière, au Président de la Société Royale d'Agriculture et de Botanique de Gand d'empêcher que des syndicats de ce genre puissent se former à l'occasion de l'Exposition quinquennale. Je le redemande à toutes les Sociétés pour l'avenir. L. L. I er JUIN 1894 gi EPIDENDRUM ELLISI. — Nouvelle espèce voisine de I'jB. paniculatum, exposée par M. Welbore S. Ellis, de Dorking, au meeting de Londres du 10 avril, où elle a obtenu un certificat de i re classe. Les fleurs, disposées en grappe très touffue, à peu près comme dans YE. syringothyrsus, ont les pétales et les sépales oblongs, aigus, d'un rouge vif lavé de rose lilacé, et le lobe antérieur blanc. Journal of Horticulture, 26 avril, p. 322, avec gravure. * * * AERIDES HUGHI. — Espèce nouvelle exposée au meeting de Londres du 10 avril dernier, et qui a reçu un certificat de mérite. Ses fleurs sont parfu- mées. Les sépales sont ovales, légèrement incurvés, blancs, nuancés de pourpre clair. Les pétales sont d'un coloris pourpre, tacheté de pourpre plus foncé. Le labelle ovale est pourpre foncé, plus pâle sur les bords. * * DENDROBIUM x EURYALUS. — Hybride issu du croisement D. nobile X D. Ainsworthi. Les pétales et les sépales sont à peu près comme dans le D. nobile, quoiqu'un peu plus étroits, mais ils en diffèrent par leur coloris entièrement rose-mauve vif. Le labelle ample, orbiculaire, apiculé, est de la même couleur, avec une très grande macule cramoisi pourpré foncé à la gorge. Cet hybride a obtenu un certificat de i re classe au meeting de Londres du 27 mars dernier. Il est figuré dans le Journal of Horticulture du 26 avril. * * * CYPRIPEDIUM x WINIFRED HOLLINGTON. — Nouvel hybride issu du croisement C. ciliolare X C. niveum, et obtenu dans la collection de M. A. J. Hollington, de Enfield (Angleterre). Il a les pétales très larges, oblongs-elliptiques, rose pâle, ornés de lignes longitudinales de points rouges très fins et serrés. Le sépale dorsal est oblong, apiculé, rose pâle veiné de rouge. Le labelle est rose pourpré. Cette nouvelle forme paraît très belle; elle a obtenu un certificat de i re classe au meeting du 13 avril de la Royal Horticultural Society, à Londres. Elle est figurée dans le Gardeners,' Chronicle, dans le Gardeners' Magazine et dans le Journal of Horticulture du 19 avril. * * * DENDROBIUM AUGUSTAE-VICTORIAE K R âNZL. — Nouvelle espèce originaire de la Nouvelle-Guinée. Fleurs mesurant 3 centimètres de largeur, 92 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Sépales blanc pur, linéaires, obtus, les latéraux longuement soudés au gynos- tème à la partie inférieure ; pétales jaune clair, veinés de pourpre, à peine plus longs que les sépales, linéaires vers la base, plus larges et obtus au sommet. Labelle trilobé rouge pourpre ; lobes latéraux finement denticulés sur le bord, lobe antérieur oblong, obtus, fortement ondulé sur le bord. Disque muni de cinq lamelles dentées. Pseudobulbes très gros, grappes longues de 50 centi- mètres. Gartenflora, i er mars, p. 115. * * * CIRRHOPETALUM COLLETTI. — Cette intéressante espèce, qui a été décrite dans notre premier volume, a été exposée au meeting de Londres du 24 mars; elle a obtenu un certificat botanique. * * * ODONTOGLOSSUM CRISPUM VAR. FLORIE. — Belle variété qui a reçu un certificat de mérite au meeting de Londres du 24 mars. Elle a les pétales et les sépales blancs lavés de rose pâle, avec des macules brunes au centre, moins nombreuses sur les pétales qui sont bordés d'une série de taches rouges. Le labelle est blanc avec une macule brun jaunâtre vif en avant de la crête. Cette variété était exposée par l'amateur connu, M. De B. Crawshay. * * * CATTLEYA x VENOSA Rolfe. — « Il y a quelque temps, un Cattleya très distinct a fleuri dans l'établissement de MM. Linden, à L'Horticulture Internationale; ce Cattleya pourrait presque être décrit comme un C. Harri- soniae avec le labelle d'un C. Forbesi, et est évidemment un hybride naturel entre ces deux espèces. Les pétales et les sépales sont comme dans la première, à la fois comme forme et comme couleur, tandis que le labelle a les caractères particuliers et le disque verruqueux du C. Forbesi, avec la forme légèrement modifiée, et le lobe antérieur fortement lavé de rose pourpré. Cette plante occupe entre les deux espèces désignées ci-dessus la même position intermédiaire que le C. X Krameri entre le C. Forbesi et le C. inter- media, et l'origine de cet hybride a heureusement été vérifiée expérimentalement. Les trois espèces en question se rencontrent dans le district de Rio, comme on sait, et il est maintenant évident que les deux premières croissent ensemble » {Orchid Review, II, p. 132). Max Garnier. I er JUIN 1894 93 LES GRANDES COLLECTIONS D'AMATEURS La collection R. I. Measures à Camberwell J'ai été amené assez souvent, dans ces derniers temps, à critiquer, plus im- partialement qu'on ne pense, certaines cultures d'amateurs et d'horticulteurs anglais. J'ai dit que je ne croyais pas beaucoup à l'influence désastreuse des fameux brouillards de Londres, et qu'avec certaines précautions on pouvait obvier aux inconvénients qui pourraient en résulter La visite que je viens de faire à la collection de M. R. I. Measures, située dans le quartier le plus nébuleux de Londres, m'a prouvé, une fois de plus, que je ne m'étais pas trompé : les soins intelligents ont raison de tous les obstacles. Il n'y a pas d'impossibilité dans la culture des Orchidées, il n'y a que de la mauvaise com- préhension de leurs besoins, et ceux-ci diffèrent suivant les milieux. C'est donc au cultivateur à chercher et à trouver ce qu'il leur faut. C'est ce qui a été fait à Camberwell. Plusieurs horticulteurs londoniens m'ont souvent dit qu'il n'y avait pas moyen de cultiver les Masdevallia dans les brouillards de la Tamise. Qu'ils aillent donc voir à Camberwell et je suis certain qu'ils reviendront convaincus qu'ils y sont cultivés dans la perfection. Les serres sont bâties dans une cour, entre murs, en pleine ville, très éloignées de l'air vivifiant de la campagne. Il y avait donc un double intérêt à visiter consciencieusement cette collection puisqu'on y avait à vaincre deux grandes difficultés : le manque d'air et les brouillards. Il y a une douzaine de serres, petites, coquettement construites. Les premières que nous visitons sont remplies de beaux Cypripedium splendidement cultivés; nous remarquons spécialement quelques énormes spécimens de C. leucorrhodum, oenanthum, Sedeni candidulum, Sallieri Hyeanum, Lindlcyanum, grande, Numa, Morganiae, fascinator, Charles Canham, un Leeanum qui vient de fleurir avec 28 fleurs, vexillarium , Greenianum, Savageanum superbum, de beaux purpuratum, rubi- cundum, un Lawrenceanum Hyeanum en fleur, etc., etc.; une quantité d'hy- brides, des séries de Cypripedium Rothschildianum, insigne, dont le Sanderi, 94 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Chavlesworthi, exul, Stonei, de Spicerianum, etc., puis nous entrons dans une serre à moitié remplie de Miltonia vexillaria très beaux et nous y notons un Oncidium ornithorynchum album, d'une vigoureuse croissance, ailleurs encore des Cypripedium et parmi eux le C. venustum Measuresianum, à rieurs jaunes, le C. insigne Amesianum, et nous passons devant de forts Coelogyne cristata pour arriver à plusieurs serres de Masdevallia, la gloire des cultures de Cambervvell. Elles me font grand plaisir car je suis un amateur enthousiaste de ce genre si brillant, et généralement beaucoup tfop négligé. Il faudrait tout citer dans ces serres, tant les rares mignons, les muscosa, caudata, Measuresiana, Schroederiana, etc., et les chiméroïdes que les éclatantes variétés de Veitchi, ignea, Harryana et Lindeni; il y a des spécimens énormes, notamment des M. bella, leontoglossa, gargantua admirables. Une serre est remplie de Cymbidium magnifiques, j'y ai spécialement admiré un C. Mastersi qui a épanoui la dernière fois 14 hampes à fleurs! Ailleurs nous rencontrons un beau Pleurothallis punctata, une rareté, puis un immense Coelogyne cristata alba et un magnifique Nanodes medusae. Nous arrivons à deux compartiments de Vandées : les Saccolabium, Aerides et Vanda y sont très bien cultivés (encore des Orchidées qui ne devaient pas croître dans les brouillards de Londres). Deux ou trois serres à Cattleya et peut-être aussi les Odontoglossum ne me semblent pas prospérer aussi bien que l'ensemble de cette collection; c'est le seul point critiquable. On voit que les plantes ont été malades autrefois et qu'elles se remettent; je conseille au jardinier de leur donner plus d'air et comme il est très intelligent, je ne doute nullement qu'il ne suive mes conseils et n'arrive à cultiver ces deux genres de plantes aussi parfaitement que le restant de cette très belle collection. Ainsi que je l'ai dit en commençant, on avait à Camberwell à vaincre beau- coup de difficultés, — on est obligé de laver pendant l'hiver les vitres des serres deux à trois fois par semaine pour enlever les dépôts soufrés des brouillards — on les a vaincues et cela fait grand honneur, tant à M. R. I. Measures qui dirige lui-même sa culture qu'à son habile cultivateur M. H. J. Chapman. Les collections des deux frères Measures comptent parmi les plus belles d'Angleterre, et j'ai été très heureux de pouvoir leur rendre, à tour de rôle, tout l'hommage qu'elles méritent. Londres, 26 mai 1894. LUCIEN LlNDEN. i er JUIN 1894 95 MISCELLANEES ORCHIDEES RUSTIQUES URTICANTES. — Le Cypripedium spectabile et le C. pubescens, deux gentilles petites espèces rustiques, exercent, paraît-il, une action irritante au toucher. C'est ce qui résulte d'une étude publiée par M. D. T. Mac Dougal dans une revue botanique américaine, le Geological and N attirai history survey of Minnesota. « L'examen de ces plantes, écrit M. Mac Dougal, révèle la présence de poils de deux formes en abondance; l'un est un poil courbé pointu, dont la cellule terminale a les parois dures et cassantes, et se détache facilement de la portion basale de cet organe. L'autre forme a la cellule terminale glandu- laire. La cellule glandulaire est remplie d'une substance brun clair dont la nature chimique n'est pas encore connue. Les contenus de ces deux formes de poils produisent une réaction acide prononcée, mais on n'a pas observé qu'ils exerçassent une influence nuisible sur les infusoires placées avec eux sous l'objectif du microscope. Les effets vénéneux sont peut-être dûs à la péné- tration des poils pointus dans la peau et à l'action consécutive de leur contenu acide, ou à l'irritation causée à la surface par le contenu des poils glandulaires, ou enfin il est possible qu'ils soient dûs d'une façon indéterminée, à la pré- sence d'un champignon. » M. Mac Dougal estime que les effets vénéneux du Cypripedium spectabile sont concluants, et que, comme le C. pubescens, est pourvu d'organes sem- blables, il y a tout lieu de supposer qu'il est également vénéneux. Toutefois, il croit que les deux plantes « peuvent être maniées par la plupart des per- sonnes sans danger — et même il est facile de voir que ces espèces, aussi bien que d'autres du même genre, sont protégées par quelque chose qui écarte d'elles les animaux paissants; c'est ainsi que l'on a bien souvent remarqué qu'un grand nombre de ces plantes, poussant dans les pâturages boisés, restaient intactes, alors que toutes les herbes environnantes étaient tondues de près. » Il paraît, d'après le journal Garden and Forest, que le Cypripedium pubescens vient d'être adopté officiellement comme la fleur de l'Etat de Minnesota. 96 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES LES CALANTHE (Suite et fin, voir p. 46) C. rosea. Cette espèce, découverte dans le Moulmein en 1850, fut connue pendant longtemps sous le nom de Limatodes rosea, que lui avait assigné Bentham; elle est célèbre pour avoir donné naissance au C. X Veitchi, consi- déré tout d'abord comme un hybride bi-générique. Ses pseudobulbes allongés, anguleux, sont marqués vers la moitié de leur hauteur d'une dépression qui se retrouve aussi dans le C. X Veitchi. Les tiges florales mesurent environ 30 centimètres, et portent sept à douze fleurs. Les fleurs ont 5 centimètres de diamètre; elles ont les pétales et sépales lancéolés aigus, rose clair; le labelle a les lobes latéraux enroulés en tube autour de la colonne et le lobe antérieur oblong, étalé; cet organe est rose clair, avec les lobes latéraux d'un coloris un peu plus foncé. Parmi les hybrides produits dans cette section, on peut mentionner les suivants : C. X Aurora (C. Regnieri x C. rosea). Fleurs rose vif avec les sépales et les pétales plus pâles à la base, et le tube du labelle carmin foncé. 0. x bella(C. Tumeri x C. Veitchi). Fleurs remarquables, très grandes, d'une rose très clair nuancé de blanc, avec une macule rose carminé à la base du labelle. C. x Barberiana (C. Tumeri nivalis x C. vestita). Fleurs blanc pur avec une petite trace jaune à la base du lobe antérieur du labelle. C. X lentiginosa (C. labrosa x C. Veitchi). Fleurs plus petites et plus ramassées que celles du C. Veitchi, d'un coloris blanc lavé de rose pâle à la base des segments. Labelle suborbiculaire, ondulé sur les bords et presque divisé en quatre lobes par des lacinies assez profondes, maculé de rose vif à la base. C. x porphyrea (C. labrosa x C. vestita rubro-oculata). Fleurs d'une forme assez analogue à celles du précédent, à labelle suborbiculaire trilobé ; sépales et pétales carmin pourpré; labelle blanc à la base, maculé de carmin pourpré. C. x Sandlmrstiana (C. rosea X C. vestita rubro-oculata). Fleurs ayant à peu près la forme de celles du C. X Veitchi, d'un coloris rose carminé, les sépales un peu I er juin 1894 97 plus pâles qne les pétales, le labelle relevé d'une macule plus foncée à la base. C. x Sedeni (C. Veitchi X C. vestita rubro-oculata). Fleurs analogues à celles du C. X Veitchi, mais plus foncées. Le labelle porte à sa base une macule rose foncé entourée de blanc. C. X Halli (C. vestita X C. Veitchi). Fleurs blanches, avec les pointes des sépales latéraux nuancées de vert pâle, et une trace jaune crème à la base du lobe antérieur du labelle. C. X Veitchi. L'un des premiers hybrides obtenus artificiellement dans la famille des Orchidées, et l'intérêt qu'il excita par ce motif s'accrut encore en raison de ce fait qu'il était considéré comme provenant d'un croisement de deux genres distincts. Ses parents étaient le Limatodes (ou Limatodis) rosea et le Calanthe vestita. Toutefois le premier a été depuis lors réintégré par Bentham dans le genre Calanthe, dont il ne se distingue pas sensiblement par ses carac- tères botaniques ( I ). Le Calanthe x Veitchi présente un exemple remarquable d'hybride possédant une constitution plus robuste que les espèces dont il est issu; par la beauté dss formes, il n'est pas inférieur à ses parents; par sa vigueur de croissance et sa floribondité il leur est supérieur, surtout au premier, qui est un peu délicat. Il est devenu promptement populaire, et s'est répandu dans toutes les collections. C'est aujourd'hui l'une des Orchidées qui rendent le plus de services aux culti- vateurs, spécialement pour la fleur coupée, et c'est à bon droit que le plébiscite ouvert dans le Journal des Orchidées sur cette importante question de la grande culture l'a placé dans les premiers rangs. Le Calanthe x Veitchi fut produit en 1856 chez MM. Veitch, par Dominy, récemment décédé, l'un des premiers semeurs et l'un de ceux qui ont obtenu les plus grands succès. Il a été depuis lors fréquemment reproduit, soit par hybridation artificielle, soit au moyen de la division, qui, comme on sait, s'opère très facilement dans le groupe des Calanthe à bulbes. Il fleurit au cœur de l'hiver, du mois de janvier au mois de mars. Ses tiges florales, longues de 60 centi- mètres à un mètre, portent un grand nombre de fleurs qui sont d'un coloris rose vif exquis. Le seul hybride de la section des Vératrifoliées est le C. X Dominyi, obtenu par le semeur dont il porte le nom entre le C. Masuca et le C. furcata, espèce (1) Les Limatodes ont été également rapportés aux Phajus par Blume, l'auteur même du genre. 98 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES qui n'existe plus dans les cultures. Il a les fleurs violet mauve clair, lavées de blanc, et le labelle plus foncé avec le callus jaune. C'est le premier hybride d'Orchidées qui ait fleuri, en 1856. * * Les Calanthe à pseudobulbes, C. X Veitchi, C. vestita, etc., passent l'hiver dans un état de repos absolu. Les bulbes sont alors retirés des pots ou du compost et mis au sec dans des caisses à sable, à une température modérée, jusqu'à l'époque de la reprise de la végétation. Lorsque la saison de végétation arrive, c'est à dire vers le mois de mars- avril, on retire les pseudobulbes des caisses ou des pots, et on enlève bien le sable qui peut- y rester attaché; puis on sépare les nouveaux bulbes de l'an- cien, on les débarrasse de tout résidu de feuilles et on coupe les racines à un pouce et demi environ du tour de la base. On les éponge soigneusement pour chasser les insectes nuisibles ; ceci est très important, car les Calanthe sont souvent envahis par les cloportes; puis on les rempote dans un compost formé d'un tiers de terreau de feuilles un peu tamisé, d'un tiers de terre fibreuse en débris assez gros, et d'un tiers de bouse de vache, avec un bon drainage formé de tessons en petits morceaux. On soumet ensuite les plantes à une température de 16 la nuit, de 18 à 20 pendant le jour, ou même davan- tage au soleil, et on leur donne beaucoup d'humidité et de lumière. Les autres espèces du genre se cultivent dans le même compost que les C. vestita et C. X Veitchi. Il convient de leur donner des pots assez grands, parce qu'elles forment une grande quantité de racines et que celles-ci demandent beaucoup de nourriture. On rempote généralement les plantes tous les ans, pour leur donner plus d'espace. Arrosages abondants pendant la saison de végétation, et en hiver assez fréquents pour que le compost ne devienne jamais complètement sec. Lavages à l'eau de savon ou de nicotine de temps en temps, pour chasser les insectes qui attaquent beaucoup le feuillage de ces plantes, surtout si la température est trop haute, excès qu'il faut éviter. On doit avoir soin d'ombrer les serres en été toutes les fois que le soleil darde ses rayons; les Calanthes de la section des vératrifoliées réussissent bien à mi-ombre. L. L. i er JUIN 1894 gg REMPOTAGE ET MULTIPLICATION DES ANGRAECUM, AERIDES ET VANDA Les plantes de cette catégorie peuvent être cultivées en pots ou en paniers; et il y a lieu de bien distinguer entre ces deux procédés au point de vue de la fréquence des rempotages. Les Aerides et Saccolabium en général réussissent bien en paniers, surtout les plantes de petite taille, et les petites espèces, comme les S. Hendersoni, S. miniatum, S. curvifolium, Aerides japonicum, A. multiflorum, etc. Toutefois, on ne peut pas suspendre au vitrage les plantes de grande taille, et l'on ne peut même pas toujours suspendre toutes les plantes de petite taille, car l'espace fait parfois défaut au sommet de la serre. Or, du moment que les plantes doivent reposer sur les tablettes, certains amateurs préfèrent les pots aux paniers, qui n'ont généralement pas une assiette aussi stable et aussi commode. Quant aux plantes de grande taille (et ceci s'applique d'une façon générale aux Vanda), il y a intérêt à les mettre en paniers, parce que le compost se conserve mieux, étant plus aéré, et que le rempotage est plus facile à effectuer. Le rempotage d'une plante d'un ou de deux mètres de hauteur, taille que les Vanda atteignent fréquemment, serait un peu délicat si la plante était cultivée en pot, et demanderait beaucoup de soins; il faudrait au moins deux hommes pour maintenir la plante, la retirer de son récipient, et l'établir dans le nouveau. En panier, au contraire, les manipulations sont faciles. Sans déplacer même la plante, on coupe les fils de laiton du panier; on ajoute au-dessus un ou plusieurs rangs de baguettes, que l'on fixe avec un nouveau fil de laiton gal- vanisé, et on remplit de sphagnum la partie supérieure ainsi surélevée. Cette opération suffit pour masquer la base dénudée de la tige, ce qui est ordinaire- ment le but du rempotage. S'agit-il de renouveler le compost du fond et le drainage, on déroule ou on coupe le fil métallique à la base, et en soulevant le panier on détache un ou IOO LE JOURNAL DES ORCHIDEES deux rangs de baguettes, on enlève par en-dessous les tessons et la partie inférieure du compost; puis on remet de nouveau du sphagnum, un nouveau drainage, et on rattache le panier, tel qu'il était, ou en supprimant un ou deux rangs de baguettes si l'on veut diminuer la profondeur. L'inconvénient que présentent les paniers d'avoir un équilibre moins stable a peu d'importance quand il s'agit de ces grandes plantes que l'on ne déplace pour ainsi dire jamais une fois qu'elles ont été installées sur les tablettes; et le cultivateur pourra faire arranger ces paniers avec plus de soin de façon à leur donner la fixité nécessaire. Quant aux Angraecum, qui proviennent de régions différentes et réclament un compost un peu plus substantiel, mélangé de terre fibreuse, nous préférons les cultiver en pots. D'ailleurs ces plantes n'atteignent pas en général une taille aussi élevée que les Vanda, et leur rempotage ne présentera aucune difficulté. * * * La multiplication des Orchidées caulescentes dont nous venons de parler s'effectue très aisément par sectionnement des tiges. Il convient, pour plus de commodité, de choisir un morceau muni de racines. On fait la section à une certaine distance au-dessous d'une racine, et on recouvre la partie coupée de poussière de charbon de bois pour bien la cicatriser. On rempote ensuite le fragment de la façon ordinaire, et on le tient pendant quelque temps dans une obscurité relative. La plante privée de son sommet se prolonge par des pousses latérales. On peut aussi sectionner une des pousses latérales qui se forment soit à la base, soit à une hauteur variable de la tige, en opérant dans les mêmes condi- tions que ci-dessus. On peut enfin bouturer assez facilement des fragments de tige non pourvus de racines, en les rempotant et en les plaçant dans une serre assez obscure, avec une atmosphère étouffée très humide. Il suffirait même de placer la bou- ture sous châssis dans une couche assez épaisse de sphagnum. Les racines ne tardent pas à apparaître, et la plante rempotée peut être replacée dans les conditions ordinaires. G. Rivois. I er JUIN 1894 ior PETITES NOUVELLES PETITE CORRESPONDANCE W. D. — Les Masdevallia du groupe Chimacra et bella doivent être abrités contre les rayons directs du soleil, mais néanmoins placés près du vitrage de façon à recevoir beaucoup de lumière. Ils réussissent parfaitement en paniers, ce qui per- met de les suspendre, et leurs fleurs, qui pendent sur les côtés des paniers ou se frayent un passage par l'intervalle des baguettes, sont mieux en vue de cette façon. Quant au M. macrura, qui a les tiges florales dressées, il vaut mieux le mettre en pot ; c'est une plante plus volumineuse, et dont les feuilles sont assez longues. Toutes ces espèces sont fort belles, et méritent d'être rangées aux premiers rangs du genre ; le coloris des M. Chimacra et bella est moins écla- tant que celui des M . Lindeni, M . Harryana et M. Veitchi, mais il est très attrayant, très curieusement nuancé, et la forme des fleurs attirera toujours l'attention. Le M . macrura est d'un autre type, à forme plus régulière, à grandes fleurs, très abondantes et très belles. Le M. Schrôderiana a également les tiges florales érigées. Le Dendrobium in/itudibulum (ou Jamesianum) réussira parfaitement dans la serre auxCattleya. Il en est de même de YOdontoglossum Londes- boroughianum ; mais nous placerions de préfé- rence le premier dans la partie la plus fraîche de la serre, et le second dans un endroit un peu plus chaud. YOdontoglossum Londesboroughianum est une excellente Orchidée, que l'on ne rencontre pas assez fréquemment dans les collections. Les longues grappes ramifiées restent en fleurs pen- dant plusieurs mois. Il réussit parfaitement en panier, placé près du vitrage, ou même sur bloc quand les plantes sont de petite taille. . ^ LISTE DES CYPRIPÉDIÉES.— M. H. J.Ross, l'amateur italien bien connu, nous signale une petite confusion qui s'est produite, dans la liste des Cypripédiées publiée dans notre numéro du 1 er mai, entre deux variétés de C. Dauthieri qui ont fait leur apparition toutes deux dans sa collec- tion. Voici quelles sont ces deux variétés : 1° C. Dauthieri var. Rossianùm, décrite par Reichenbach et qui est entrée dans plusieurs collections, où elle est parfois désignée sous le nom de marmorahim ; 2° C. Dauthieri var. Poggio Gherardo, décrit et figuré dans le Bolletino délia R. societa Toscana di orticoltura, le 15 février 1891. Cette variété a été signalée dans notre deuxième volume, p. 71 (15 mai 1891). EXPOSITION DE PARIS. — Nous nous voyons obligés de remettre au prochain numéro le compte-rendu de l'Exposition de Paris, qui a eu beaucoup de succès. Le grand prix d'honneur offert par M. le Président de la République a été décerné à un superbe groupe d'Orchidées, exposé par M. Dallemagne, de Rambouillet, et qui mérite une description détaillée; nous y re- viendrons. * ODONTOGLOSSUM ROSSI VAR. IMMA- CULATUM. — Une variété nouvelle qui vient de fleurir dans la collection de M. O. Wrigley, à Bury (Angleterre), et qui a reçu le nom ci-dessus, présente la particularité d'avoir les fleurs blanches, avec les sépales rose pâle, sans aucune macule. Il ne s'agit pas là d'un accident, car la plante avait déjà fleuri l'année dernière de la même façon. Nous ne croyons pas que l'on ait jamais signalé jusqu'ici une variété analogue de cette belle espèce. L'Odontoglossitm Rossi avait donné des variétés très maculées ou très foncées, mais aucune sans tache. C'est une curiosité rare, mais la forme nouvelle doit être moins attrayante que le type ordinaire. * * LA VENTE DES ORCHIDÉES DE FEU M. GEORGE HARDY a produit un chiffre remar- quable ; en voici quelques extraits : Un spécimen de Cattleya Mossiae Hardyana, superbe plante ayant cinquante pseudobulbes munis de feuilles, 4330 francs; un Cattleya Men- deli var. Quorn House, 3937 fr. ; le Laelia purpurata Hardyana, plante ayant soixante pseudobulbes munis de feuilles, 3412 francs (cette plante avait été vendue par nous il y a deux ans 750 francs) ; une belle plante de Cattleya Skinneri alba, 4200 francs. 102 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Puis un certain nombre de plantes à des prix plus modérés : Cypfipedium Schrôderae splendens, 578 francs; Laelia purpurata Schrôderae, 998 fr.; Cypripcdium X Hardyanum, 780 fr.; Cattleya Mossiae marmorata, 998 fr.; Dendrobium Paxtoni, avec 200 bulbes, 263 fr.: Cypripcdium Lawrencea- num purpureum, 315 fr.; C. Wallisi, 525 fr.; Cattleya Mendeli Fisthi, 1830 fr.; C. Wagene- riana, 525 fr.; C. Skinneri alba, portant 37 bulbes, dont 22 avec feuilles, 1210 fr.; C. Mossiae, avec 150 bulbes, 394 fr.; C. Mossiae, 289 fr.; C. Mos- siae, avec 100 bulbes et 15 spathes, 1050 fr.; C. Mossiae, autre spécimen, 341 fr.; C. Mossiae marmorata, 394 fr.; C. Mossiae Hardyana, 315 fr.; Laelia grandis tenebrosa, avec 50 bulbes, 525 fr.; autre spécimen avec 100 bulbes, 1128 fr. ; L. pur- purata Russelliana, 525 fr. ; Cypripcdium grande atratum, 500 fr. ; Cattleya Mossiae, avec 150 bul- bes, et 24 spathes, 1310 fr. ; C. Warneri, 262 fr.; Cypripcdium Druryi, 368 fr. , etc. Cette vente a duré deux jours, et produit un total d'environ 75,000 fr. pour 520 numéros. On voit que les Orchidées sont loin de baisser de valeur. Nous signalerons aussi tout spécialement les prix exceptionnels atteints par certaines belles variétés de Laelia purpurata et de Cattleya. VISITES PRINCIERES. — L'établissement de L'Horticulture Internationale a reçu samedi et lundi derniers, les visites de Leurs Altesses Royales le prince héritier et la princesse héritière de Roumanie, le prince et la princesse Guillaume de Hohenzollern, la princesse douairière de Hohenzollern, la princesse Frédéric de Hohenzollern, le prince Fré- déric-Léopold de Prusse, présents à Bruxelles à l'occasion du mariage de la princesse J o séphine de Belgique. Les visiteurs princiers ont manifesté beaucoup de plaisir et d'intérêt pendant leur examen, et ont exprimé en se retirant leurs vives félicitations au sujet de la tenue et de l'installation de l'éta- blissement. LE CATTLEYA REX est figuré dans un récent numéro d'un de nos confrères parisiens, qui le mentionne comme une variété de C. labiata. Il aurait été facile d'éviter cette erreur en consul- tant la description de M. James O'Brien et les nombreuses notes qui ont été publiées sur cette remarquable espèce, dans les journaux anglais et dans celui-ci. Tous les Cattleya à grandes fleurs ne sont pas des variétés du C. labiata. Ajoutons que la planche en question donnerait une médiocre idée de la beauté du C. Rex, si l'on devait s'en rapporter à elle ; elle paraît avoir été exécutée d'après une fleur fanée, car le coloris si distinct et si splendide du labelle est absolument fondu en une nuance rougeâtre uniforme, bien différente de la réalité. Le Catasetum tenebrosum, quia été récemment mentionné dans nos colonnes, et figuré dans la Lindenia, était exposé par sir Trevor Law- rence au Meeting du 8 mai de la Société Royale d'Horticulture de Londres. Il a obtenu un Cer- tificat botanique. J'ai eu le plaisir de visiter ces jours-ci la très belle collection de M. le Comte de Bousies, au château d'Harvengt, près Mons. M. le Comte de Bousies a une très grande serre à Orchidées divisée en trois compartiments. L'un est tempéré, et les Cattleya et Laelia y prospèrent à merveille. J'y ai remarqué de magnifiques Laelia purpurata en fleurs, plusieurs très beaux Cattleya Trianae, dont un alba d'une blancheur admirable, C. Mossiae, des C. gigas et autres promettant une abondante floraison pro- chaine, etc. A droite, un compartiment de Vandées et de Cypripedium, parmi lesquels un C. ciliolare portant une demi-douzaine de grandes fleurs d'une beauté supérieure, d'une teinte beaucoup plus délicate que tous ceux que j'ai vus jusqu'à présent; des C. Mastersianum, C. selligerum, C. Schrôderae, C. euryandrum, C. Druryi, et beaucoup de spécimens en fortes touffes. Les Vanda sont très beaux aussi ; il y avait en fleurs, entre autres, un V . tricolor planilabris de toute beauté. A gauche se trouve un compartiment d'Odon- toglossum, renfermant beaucoup de plantes en fleurs, dont trois variétés absolument supérieures. La plus remarquable peut-être était une plante portant une énorme grappe de fleurs d'une forme parfaite, très amples, ayant les sépales roses chargés de nombreuses macules brun-rouge grou- pées au centre et presque confondues en une seule. Toutes les plantes, très choisies, sont excel- lemment cultivées, et ceci a d'autant plus d'in- térêt que M. le Comte de Bousies cultive lui- même, met la main à la pâte, et rempote la plupart de ses Orchidées. J'ai eu le plaisir de faire ma visite en com- pagnie de M. Treyeran, et nous avons été tous deux charmés, autant du spectacle qui nous était offert que du très aimable accueil qui nous a été fait. L. L. PÉPINIÈRES DE MONTAIGU (Belgique) Edouard MIOHIELS chef des pépinières. Gustave MIOHIELS architecte de jardins. Edmond MIOHIELS Spécialité Graines de prairies, forêts, sapinières et autres. 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Pour paraître prochainement : LES ORCHIDÉES EXOTIQUES ET LEUR CULTURE EN EUROPE Par LUCIEN LIKDEK TRAITÉ COMPLET consacré à la culture des principales merveilles de la flore tropicale et renfermant de nombreuses gravures Le besoin se faisait sentir d'un ouvrage résumant les progrès accomplis dans les dernières années, tant ouvrages specia cation ont reçu des perfectionnements considérables. La culture belge, dont 1 excellence est aujourd'hui proclamée par les connaisseurs et cultivateurs les plus compétents des divers pays d'Europe, est définitivement fixée comme la mieux appropriée aux besoins des Orchidées. La vie de ces magnifiques végétaux à l'état naturel, leurs particularités physiologiques, leur beauté pitto- resque et infiniment variée, méritent d'attirer l'attention de beaucoup de personnes du monde qui ne connaissent des Orchidées que des légendes mystérieuses et confuses, et qui parfois n'osent pas en embellir leurs serres, faute d'être plus exactement renseignées. Il est nécessaire d'autre part, de fournir aux cultivateurs et amateurs, si nombreux aujourd'hui, une description des principales et des plus belles Orchidées cultivées, y compris les nouveautés introduites en très grand nombre dans ces dernières années. Nous avons entrepris cet ouvrage à la demande d'un grand nombre de personnes qui ont bien voulu nous dire que nous étions particulièrement à même de combler ces lacunes, grâce aux observations et aux matériaux considérables que nous fournit la direction d'un des premiers établissements d'introduction du monde. Il est évident en effet, qu'il faut cultiver, et cultiver en grand, pour pouvoir traiter de la culture, et qu'il faut disposer de collections étendues pour pouvoir parler des Orchidées et les décrire. C'est donc, à tous les points de vue, un livre d'expérience et de pratique que nous offrons au public, un cuide de culture pour le jardinier et pour l'amateur désireux de surveiller lui-même les soins donnés à ses plantes, aussi bien qu'un ouvrage de bibliothèque pour le curieux de la nature et de ses beautés. Notre programme peut se résumer de la façon suivante : Les Orchidées au point de vue scientifique. — Notions de botanique organographique et systématique et de physiologie; bibliographie, etc. Les Orchidées au point de vue pratique. — Leur culture détaillée : rempotages, ventilation, ombrage, arrosements etc. ; aménagement des serres, chauffage, etc. ; influence du climat, etc. ; parfum des Orchidées ; l'hybridation des Orchidées; les Orchidées à l'état naturel et les importations; distribution géographique; listes des genres, notes sur la culture spéciale de chaque genre et description des principales espèces; grande culture de rapport ; utilisations industrielles, etc. Les Orchidées au point de vue historique. — Histoire de l'importation et de la culture. Les Orchidées au point de vue mondain. — Parti qu'on peut tirer de la beauté des Orchidées ; la façon d'orner les serres et les appartements ; fleur coupée, bouquets, etc. ; collections d'amateurs. L'ouvrage, comprenant environ 800 pages d'un grand format, sera mis en vente PROCHAINEMENT, au prix de 25 FRANCS L'EXEMPLAIRE Les JARDINIERS qui souscriront à cet ouvrage pourront payer par versements éche- lonnés de 2 FRANCS PAR MOIS Cette faveur sera accordée aux JARDINIERS seulement. On s'inscrit chez Fauteur : 100, rue Belliard, à BRUXELLES. GRAINES POTAGÈRES, FOURRAGÈRES DE FLEURS ET D'ARBRES MAISON F. VAN CELST 24, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES Seul Premier Grand Prix — Médaille d'or — à l'Exposition nationale d'Horticulture de Bruxelles en 1880 pour la plus belle collection de légumes. Deux Premiers Prix — Médaille d'or — pour légumes et fleurs. 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Elle est de format grand in-8" et contient, chaque fois, UNE MAGNIFIQUE PLANCHE COLORIÉE, 16 pages de texte, et de nombreuses gravures. LE NUMÉRO PARAISSANT LE 1 5 DU MOIS est plus spécialement destiné aux PLANTES DE SERRE : Fougères, Palmiers, Cycadces, Broméliacées , Aroïdées, Plantes panachées, Plantes décoratives, etc. LE NUMÉRO PARAISSANT LE 30 DU MOIS s'occupe davantage de la FLORICULTURE, des plantes en pleine terre ou en appartements, et donne les portraits en planches coloriées ou noires des plus belles nouveautés de l'année pour garnir les parterres, isoler sur les pelouses ou garnir les appartements. I/Ilhisi ration Horticole, journal de tous et pour tous, est un journal d'informations et un guide pratique de culture. ■ /Illustration Horticole, en dehors de sa rédaction très complète (elle s'est assurée le concours des plumes les plus compétentes de l'Horticulture), em- prunte aux journaux étrangers tous les articles intéressants, de façon à être une encyclopédie de ce qui paraît ailleurs en toutes les langues. Prix de l'Abonnement : 15 francs par an, pour toute l'union postale. 1^ FRANCS PAR AN (1 FRANC PAR MOIS) pour les jardiniers seulement. Bureaux : ÎOO, rue Belliard, BRUXELLES. "S 5 uie année. 16 JUIN 1894 Numéro 103. LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE EÉDIGÉ ET PUBLIÉ LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G-. Joris, E. Roman, A. Van Imsehoot, Fr. Desbois, D r G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, Ch.Van Wambeke, A. Bleu, D r Van Cauwelaert, Ch.Vasseur, Comte de Bousies, J. Nôtzli, Cahuzac, D r Capart, James O'Brien, J. du Trieu deTerdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Truffaut, D. Treyeran, G. Rivois, H. Correvon, P. Silver, A, Ducos, A. Dallière, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Ch. de Bosschere, A. Hubert, A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, F. délia Porta, G. Diretti, A. van den Heede, A. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, D' Muller, Henri Hermieux, O. AltenhorF, E. Bartel et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de l'Abonnement : 10 francs par an POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 1 er et le li> de cliaqrie mois OrV S'ABOIVRJE AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES I3épositaire pour la France : M. O. DOIN, Éditeur, S, Place de l'Odéon, PARIS. Gand, impr. Eug. Vanderhi |n n TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Leur circulation universelle augmente considérablement de jour en jour. 1%. Ifc. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux ensemble : Pour l'année entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dansles 2 journ dans les 2 jonrn. dans les 2 journ. dans les 2 journ. Une page entière . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... . » 30 » 60 » 100 )) 180 » 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 M 90 » 150 Un huitième de page . » 12 » 25 n 40 » 70 » 125 Un seizième de page . . » 6 » 12 » 20 » 35 » 75 On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées JOO, rue Belliard, à Bruxelles, avant le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. FABRIQUE D'ARTICLES EN BOIS DE AUG. LIOHTENHELDT, Meuselhch i. 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MOTTET Membre de la Société nationale d'Horticulture de France 1 vol. in-18 cartonné toile, de 350 pp., avec 310 fîg. dans le texte PRIX : 3 francs. Conçu dans un sens essentiellement pratique, et ne visant qu'à mettre le petit jardinage à la portée de l'amateur dépourvu de notions, ce guide renferme toutes les indications néces- saires au débutant, relativement aux légumes les plus nécessaires, aux plantes les plus usuelles, aux fleurs les plus belles et aux meilleurs fruits. CONCOURS TEMPORAIRE DU 1 er JUILLET Deux médailles d'or de 200 francs chacune, offertes par des membres de la Direction de la Société Royale d ' Horticulture d'Anvers, pourront être décernées, l'une, à l'exposant étranger, l'autre, à l'exposant belge, qui présenteront l'objet en fleurs naturelles le plus riche, le plus distingué et le plus artistique. Cet objet pourra être une garniture de table, un bouquet, une gerbe, une corbeille, une couronne, une guirlande ou une coiffure de fleurs naturelles. Les inscriptions pour l'Exposition du 1 er Juillet doivent être adressées à M. le Président de la Section horticole, 2, me Montigny, Anvers. uARDIN D'ACCLIMATATION de LUXEMBOURG (Grand-Duché) Parc, de Faisanderie, de Cage et de Volière VOLAILLES ET PIGEONS JL 3ST I UVC -A. TJ 2£ DITERS Vente, Aeliat et Echange S'adresser à la Direction du JARDIN d'ACCLIMATATION Villa LOUVIGNY (Luxembourg). Usines SCHLŒSISÎG Frères. — Marseille Médaille cCor. Exposition Uuiverselle Paris 1S89. Nouveau soufre précipité SCHLŒSING A LA NICOTINE POUDRE INSECTICIDE ET ANTICRYPTOGAMIQUE Lp Nouveau soufre précipité SCHLŒSING à la Nicotine détruil radicalement I.-.-, chenilles, larves, pucerons, limaçons et autres parasites de l'agriculture, de l'horticulture, de l'arboriculture, de la viticulture et de la culture maraîchère. 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GOFFART, Successeur 18S9 181, rue du Progrès, BRUXELLES. — Téléphone 1671 Maison à Londr es : 66-67-68, Milto n Street, E. C. Chromolithographie de la Lindenia, de /'Illustration Horticole, du Garden de Londres, de la Revue Horticole de Paris, etc. Spécialité de planches de Botanique en couleur pour journaux horticoles, horticulteurs, Catalogues de semences de fleurs, etc. La Maison spécialement outillée pour ce genre de travaux est arrivée dans ses repro- ductions à une exactitude et un fini qui lui ont fait une renommée universelle. EXÉCUTIONS SOIGNÉES PRIX MODÉRÉS. SOMMAIRE DU 103 me NUMERO : Causerie sur les Orchidées. — LXIX 103 Les Orchidées à l'état naturel 107 Le parfum des fleurs d'Orchidées 110 Les Orchidées à l'Exposition de Paris .... 113 Miscellanées 116 Petites nouvelles et petite correspondance . . . 117 L'HORTICULTURE INTERNATIONALE (SOCIÉTÉ ANONYME) PARC LÉOPOLD. — BRUXELLES ÀDMINISTKATEUR-DlRECTEUK : LUCIEN LlMDEIK' L'Établissement est maintenant divisé en deux branches très spéciales : COTÉ DROIT : Plantes en gros pour la grande culture; COTÉ GAUCHE : Plantes de culture pour collections. MARCHÉ EUROPÉEN D'ORCHIDÉES IfoST* Immenses arrivages tontes les semaines ^^^ ORCHIDÉES POPULAIRES, RARES OU NOUVELLES, INTRODUITES OU CULTIVÉES PAR CENTAINE DE IÏIILLE Grâce à nos nombreuses introductions directes et à nos prix réduits — la légende que nous vendons plus cher qu'ailleurs n'existe plus aujourd'hui que dans l'imagination incurable de quelques horticulteurs -mar- chands intéressés — l'Orchidée est chez nous à un bon marché qui lui ouvre toutes les serres et même les appartements. Messieurs les amateurs — qui n'ont pas encore été en rapports d'affaires avec nous — sont invités à visiter notre établissement, nous désirons les convaincre que si nos serres sont aussi admirablement tenues et nos plantes aussi superbement cultivées que veulent bien le reconnaître les principaux journaux horticoles d'Angleterre et d'Amérique, « ces brillants résultats sont dus à une parfaite entente de leurs besoins ainsi qu'à « Vordre et à l'habileté qui président à tous les rouages de l'institution ; depuis le « colleclage des Orchidées dans leurs pays d'origine jusqu'à leur départ de l'éla- « blissement. » Voilà pourquoi à L'HORTICULTURE INTERNATIONALE on vend beaucoup, bon et à bas prix. DEMANDEZ LES OFERES PUBLIÉES CHAQUE SEMAINE. 16 juin 1894 J o3 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES LXIX. — Les Expositions belges et leur avenir Les conversations que j'ai eues récemment avec plusieurs amateurs, tant belges qu'étrangers, et les nombreuses lettres que j'ai reçues, à propos des conclusions que j'avais formulées à la fin de mon compte-rendu de l'Expo- sition de Londres, dans le numéro précédent, m'ont prouvé que la réforme que je demandais est bien dans l'air, et que l'opinion publique la réclame impé- rieusement. Mes interlocuteurs ou mes correspondants m'ont tous approuvé et félicité d'avoir pris le taureau par les cornes, et dénoncé franchement ces habitudes de coalitions d'exposants qui faussent le caractère des expositions horticoles et arriveront fatalement à les tuer. Je choisis, dans toute cette correspondance, la lettre suivante qui me paraît devoir éclairer particulièrement la situation : « Bruges, le 4 juin 1894. « Monsieur Lucien Linden, Bruxelles. « Je reçois à l'instant le Journal des Orchidées. Le proverbe qui dit qu'à bon « entendeur demi-mot suffit trouve très bien ici son application. J'ai compris et « je suis heureux d'apprendre que vous aussi, vous avez reconnu l'injustice et les « indélicatesses commises à la dernière exposition horticole d'Anvers. « Vos phrases, si pleines d'indignation, vous font honneur et montrent une fois de « plus combien votre caractère loyal se révolte en présence de telles comédies ! J'ai « exposé à Anvers et ailleurs avec mes propres plantes — je n'ai demandé aucune « plante à qui que ce fût pour compléter ma collection ou en augmenter le mérite. « Ma collection comprenait plus de 300 plantes, tandis que celle de mon concurrent « n'en comptait que 125 au plus. Dans son lot, moi-même j'ai reconnu 48 plantes « appartenant à un seul amateur gantois bien connu, et empruntées par l'exposant « pour la circonstance. J'ignore la provenance du restant de sa collection. « J'avais, quoi qu'on en dise, plus d'espèces que lui. Si encore les membres du jury « s'étaient donné la peine de compter les espèces contenues dans ma collection, ils « auraient pu se convaincre qu'elle contenait bien plus d'espèces; mais comme il y 104 LE JOURNAL DES ORCHIDEES « en avait qui s'étaient ligués contre moi, j'estime que cette besogne était du superflu. « Appelés à juger leurs propres prêts, ce concours était naturellement jugé d'avance « et sans retour, j'en étais la victime, car c'était un parti pris! « Dans de telles conditions, lutter devient impossible; quand le mérite réel est « méconnu, l'exposant sérieux s'en dégoûte et ces procédés inqualifiables, que tout « cœur loyal doit flétrir, ne sont nullement des stimulants pour l'avenir. « Le système anglais, abolissant tout concours, introduit ici, constituerait une « très sérieuse amélioration et avec vous je le demande à tous pour les floralies futures. « Je vous autorise, Monsieur, à faire de cette lettre tel usage que vous désirerez. « Merci de votre franchise et de vos sentiments loyaux à mon égard et je vous « présente l'assurance de mon estime et de ma parfaite considération. « (Signé) G ve Vincke-Dujardin. » La matière est, comme on voit, délicate. Je désire en écarter toutes per- sonnalités. Ce que je veux, c'est d'attirer encore une fois l'attention des inté- ressés sur la mauvaise organisation de nos expositions belges. Je m'acquitterai de cette tâche avec une impartialité absolue, et avec la conviction de servir l'intérêt des amateurs qui veulent exposer, autant que celui des Sociétés d'hor- ticulture, restant en cela fidèle à l'attitude constante du Journal des Orchidées, qui a toujours servi de son mieux la cause du progrès dans la culture, la science et l'industrie horticole, sans prendre souci des intérêts particuliers qui pou- vaient être lésés par le progrès et qui tendaient à l'entraver. J'ajoute que mon rôle dans cette affaire est absolument impersonnel, puisque l'on sait que nous n'exposons nulle part sur le continent; il n'a été fait à cette règle qu'une seule exception, l'année dernière, pour le concours des plantes nouvelles à Gand, et ce concours a fourni un exemple éclatant des abus dont je parle; mais l'opinion est faite sur ce point, et je n'y reviendrai pas. Je tiens seulement à insister sur ma situation désintéressée. Je ne prends ici que la défense des expositions elles-mêmes, car elles seront bientôt désertées si l'on voit se répéter des abus comme il s'en est produit depuis quelque temps à diverses expositions, notamment à Gand, l'année dernière, ou plusieurs horticul- teurs et amateurs se sont, comme à Anvers, ligués pour battre M. Warocqué. « Je ne veux pas savoir, m'écrivait naguère le président d'une Société d'horti- culture, s'il y a des personnes assez peu scrupuleuses pour emprunter à d'autres les plantes qu'elles exposent, et s'il y en a d'autres qui consentent à les prêter; je ne veux que voir les plantes exposées et les faire juger . » Réponse qui étale un désintéresse- ment — sincère, mais qui permet de prévoir un avenir bien fâcheux. Qu'un l6 JUIN 1894 105 membre de jury parle ainsi, c'est presque naturel; qu'un président de Société, organisateur d'exposition, le fasse, il saura tôt ou tard ce que son attitude peut coûter à sa société, et malheureusement aussi à l'avenir des expositions horticoles qui, grâce à ce régime, seront bientôt désertées de leurs derniers participants. * * Pour satisfaire quelques exposants bien en cour ou leur donner des prix d'assiduité, on mécontente chaque année les nouveaux amateurs de bonne foi, qui, ayant apporté leurs plantes à eux, cultivées par eux, se figurent naïve- ment que cela suffit- pour être jugé selon son mérite. Mais ce mécontentement ne compte pas aux yeux des organisateurs, qui n'en dorment pas moins sur les deux oreilles, leur besogne d'organisateurs accomplie. On a exposé beau- coup, cela leur suffit. Je me souviens qu'à une exposition récente, dans laquelle le même M. Vincke (qui n'a décidément pas de chance) avait obtenu le i er prix pour une col- lection superbe, le secrétaire du comité était venu lui demander s'il ne lui serait pas égal de voir attribuer à son concurrent un i er prix ex œquo au lieu du deuxième qui lui avait été décerné, pour une collection bien inférieure, « parce que cet exposant avait eu coutume jusque là d'obtenir toujours le premier « prix, et que si on lui en donnait un deuxième, il n'exposerait plus ! » Après celle-là, vous penserez sans doute comme moi, cher lecteur, qu'il n'y a plus qu'à tirer l'échelle, ou plutôt à s'en servir pour crier la chose sur tous les toits et montrer ce que sont devenues nos expositions actuelles. Il faut condamner ces procédés, et surtout ceux d'amateurs ou d'horticul- teurs qui, après avoir prêté leurs plantes à autrui, acceptent de juger les collections concurrentes. * * * « Comment remédier à cet état de choses? me demandent quelques personnes. Comment saura-t-on si des plantes ont été prêtées? Pouvez-vous empêcher que des amateurs achètent des plantes pour renforcer leur collection? » — Je ne prétends certes pas empêcher les amateurs d'acheter, mais on pourrait fixer un mini- mum de temps pendant lequel les plantes auraient dû appartenir à l'exposant ne fût-ce qu'une huitaine de jours au moins. En tous cas, la question n'a pas ici beaucoup de gravité, car l'amateur arrivera avec des plantes qui seront sa propriété. Ce qu'il faut empêcher, ce sont les prêts, et je ne crois qu'il soit difficile de supprimer cet abus. Il suffit d'imiter ce qui se fait ailleurs. IOÔ LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Dans plusieurs règlements de sociétés anglaises, où les concours sont main- tenus, il est mentionné que les plantes doivent être la propriété bona fide de l'exposant. La sanction est bien simple : celui qui passerait outre serait disqualifié; son nom serait publié dans les programmes des expositions et dans les journaux horticoles, et il ne serait plus admis à exposer pendant un certain laps de temps ou pour toujours. Enfin, chaque exposant, en se faisant inscrire, et par le seul fait de son inscription, affirme implicitement que les plantes sont bien sa propriété, et qu'aucune restriction, aucun com- promis n'entache cette propriété. * * * Je voudrais beaucoup voiries exposants belges observer une règle analogue, et imiter la scrupuleuse loyauté de M. Dallemagne, le triomphateur de l'Expo- position de Paris, que j'ai vu moi-même refuser des plantes qu'un orchidophile belge lui offrait de lui prêter, et qui n'a voulu exposer dans sa superbe collec- tion de 250 plantes que des Orchidées lui appartenant. Il n'est pas besoin d'être prophète pour se rendre compte que l'indifférence plus ou moins complice observée par les sociétés d'horticulture dégoûtera peu à peu tous les intéressés, tel l'orchidophile belge dont je viens de parler, qui .possède une très riche collection, mais ne veut pas s'exposer aux hasards des expositions. Plus d'un amateur a déjà tenu devant moi ce langage : « Je veux bien prêter des plantes, mais il n'y a pas de danger que j'aille me fourrer dans la pétaudière des expositions. » Encore quelques années de ce régime, et les personnes qui sont dans ces dispositions ne trouveront même plus à prêter leurs plantes, vu qu'il n'y aura personne qui exposera. C'est déjà ce qui arrive aujourd'hui, malheureusement, à Bruxelles, où deux Sociétés, autrefois rivales, organisaient séparément des expositions très réussies, et ne parviennent plus, maintenant, même en liguant leurs efforts, à attirer les exposants-amateurs. Elles sont obligées, pour avoir des Orchidées, de décerner comme prix des primes élevées en argent, de louer donc en quelque sorte les Orchidées exhibées presque toujours par le même horticulteur. * * * Pour sauver les expositions du marasme qui les attend, deux conclusions se présentent : Maintenir les concours et les réglementer sévèrement dans le sens indiqué plus haut ; i6 juin 1894 107 Trouver les concours inutiles — je suis de ceux là et citerai comme exemple L'Orchidéenne qui, sans établir de concours, compte en moyenne à chaque meeting une douzaine d'exposants ( T ) — et suivre l'exemple de la Société Royale d'Horticulture de Londres, qui laisse l'amateur ou l'horticulteur exposer suivant sa force et sa fantaisie et récompense, sans établir de classement, suivant le mérite des participations. L'avenir des expositions belges, rajeunies et vivifiées, est là. Lucien Linden. LES ORCHIDÉES A L'ÉTAT NATUREL Un explorateur anglais bien connu pour ses brillantes découvertes et pour les précieuses et sagaces observations qu'il a rapportées de ses voyages, M. le général Berkeley, vient de publier dans Y Orchid Review une série d'ar- ticles très intéressants relatifs à la vie et à la croissance des Orchidées dans les Indes anglaises. Nous empruntons à ces articles les renseignements suivants, qui, nous en sommes convaincus, ne pourront manquer d'intéresser nos lecteurs : « Le Moulmein est, de toutes les régions d'exploration, la plus riche en Orchidées. Il suffit d'aller à Kew et d'examiner les intéressantes notes et les dessins de M. Parish sur les Orchidées du Moulmein, pour s'en rendre compte immédiatement. Ce n'est pas seulement pour la grande quantité et la variété des Orchidées qu'on y rencontre que le Moulmein mérite d'être visité, mais pour la grande beauté du spectacle. En entrant dans la rivière Salween, en venant du Golfe de Martaban, après avoir passé Amherst, le voyageur est immédiatement frappé, non seulement de la richesse de la végétation tropicale sur chaque rive, mais aussi de la splendeur du coup d'œil qui s'offre à lui à mesure qu'il avance. Dans la vaste plaine, parcourue par les divers cours d'eau qui se jettent dans le Salween, on voit des collines rocheuses, s'élevant perpendiculairement au-dessus du delta plat, et affectant la forme la plus fantastique; ces collines (1) Il y en avait dix-huit au dernier Meeting, le 10 juin. 108 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES à leur tour sont dominées par la chaîne de montagnes qui longe la frontière et sépare la Birmanie du Siam ; c'est un spectacle d'une grandeur que n'oublient pas facilement ceux qui l'ont vu. Et si l'on songe que les collines recèlent des trésors de plantes si précieuses, il est certain qu'il y a de quoi tenter un Orchidophile de consacrer un hiver à visiter ces localités favorisées. Que de richesses il trouvera s'il est énergique, et ne craint pas de s'avancer assez loin dans l'intérieur! — Ce qui n'est pas difficile, car la nature a ménagé elle- même des routes, par les rivières Attaran, Ghine, Salween et autres affluents. La quantité de pluie qui tombe pendant l'année dans ce district est d'en- viron cinq mètres. La saison des pluies commence en mars par quelques averses. Le collecteur doit donc rentrer toutes ses plantes à la tin de février. En avril, les averses sont plus fréquentes, puis les pluies de mousson éclatent en mai, et l'eau tombe en très grande quantité pendant l'été. Parmi les centaines d'Orchidées diverses qui croissent dans les environs du Moulmein, la première qui attire l'attention est le Dendrobium formosum. La variété qui croît ici est celle connue des cultivateurs sous le nom de gigcintcum. Parmi tous les Dendrobium de cette section, à pseudobulbes hérissés de poils noirs, c'est celui qui porte les plus grandes fleurs, et qui est le plus populaire. A presque toutes les saisons de l'année, mais plus spécialement pendant les pluies, le voyageur qui parcourt le Moulmein rencontrera le Birman, un bam- bou sur l'épaule, portant deux paniers pleins de fleurs de cette superbe Orchidée aux marchés du Moulmein, et venant toujours de la direction de Amherst, qui est la localité la plus riche pour le collectage de cette plante. On coupe les fleurs et on les emporte avec un morceau de la tige, et si rapide est la croissance pendant les pluies, que deux nouvelles pousses se produisent à la base de la tige coupée et donnent des fleurs quelques mois plus tard, pendant la même année. Les Dendrobium de cette section, que les botanistes appellent Formosae, ne réussissent pas toujours en Angleterre, ce qui n'est pas surprenant, car la plupart des espèces croissent dans des conditions très variables. En indiquant les caractères particuliers des districts dans lesquels poussent les diverses formes, et les conditions climatériques et hygrométriques, il est possible de recueillir de précieux renseignements pratiques, qui aideront les cultivateurs à mettre le traitement des diverses espèces de ce pays mieux en accord avec le régime des diverses localités dans lesquelles elles croissent. Commençons par cette forme du D. formosum du Moulmein, la plus répandue de toutes les variétés que l'on importe. Je me suis souvent rendu à dos d'élé- i6 juin 1894 109 phant, sur les collines basses qui se trouvent sur la route d'Amherst, et j'ai recueilli les plantes qui étaient les plus faciles à atteindre. J'ai toujours ren- contré ces plantes croissant dans les mêmes conditions, généralement sur les branches des arbres, où elles recevaient une abondance de lumière, de chaleur et d'humidité, et souvent sur l'extrême sommet des arbres, en pleine floraison et en plein soleil. Les rayons du soleil ne paraissaient nullement les brûler pendant les pluies, et les fleurs étaient aussi fraîches et aussi fermes que si elles n'étaient pas exposées à une pluie abondante qui risquait de les briser. J'attribue cette solidité des feuilles et des fleurs à la situation très aérée dans laquelle les plantes croissent, et grâce à laquelle l'humidité considérable produite par les pluies sèche rapidement. Il est vrai que pendant les mois secs, janvier, février et mars, les plantes sont très desséchées par l'exposition à un soleil ardent, et perdent souvent leurs feuilles, surtout sur les vieilles tiges, mais les nouvelles pousses continuent à se développer, nourris par les rosées nocturnes, qui sont très abondantes dans le voisinage de la mer. La saison de repos de cette Orchidée est très courte, deux mois au plus, janvier et février; de là vient la difficulté que nous rencontrons à la traiter dans nos serres en Angleterre. On ne doit pas oublier non plus que cette plante pousse pendant toute l'année, non seulement dans une. atmosphère très chaude, mais dans un air très lumineux, toujours chargé d'humidité. Le D. formosum est largement distribué des collines du Khasia à Tavoy, mais c'est principalement à Amherst, et le long de la côte entre cette localité et Tavoy, que l'on trouve la variété grandiflorum. Les fleurs de la variété du Moulmein, celle que l'on exporte toujours main- tenant en Angleterre, sont plus grandes que celles de toutes les autres variétés, mais elles ne sont pas d'une forme aussi parfaite que celles de certaines autres variétés plus septentrionales, qui ont les fleurs plus petites. Au point de vue de la perfection de la forme, la variété qui se rencontre dans les îles Audaman est beaucoup la meilleure. Cette plante, que j'ai expédiée le premier en Europe vers 1881, fut décrite par le professeur Reichenbach dans le Gardeners' Chronicle sous le nom de variété Berkeleyi. Je trouvai d'abord cette belle variété en grande abondance à Casuarina Bay, Audaman méridional. La forme de la fleur rappelle davantage celle du D. infundibulum ; les sépales et les pétales se recouvrent mieux que dans la forme commune au Moulmein. Cette perfection de forme ajoute beaucoup à la 110 LE JOURNAL DES ORCHIDEES. beauté de la plante; celle-ci se distingue aussi par le coloris très riche de la gorge, à la base du labelle, qui va de l'orange vif au rouge le plus éclatant. Cette variété est largement distribuée dans tout le groupe d'îles qui compose les Andamans, et paraît aimer l'air de la mer, car je l'ai souvent rencontrée croissant sur des arbres de palétuvier sur la côte de la mer, inaccessible quand la marée est haute. Croissant avec le Dendrobium formosum dans les régions du Moulmein, j'ai rencontré aussi, dans plusieurs occasions, le D. revolutum, autre espèce de la même section (Formosae). Cette plante rappelle assez le D. formosum comme port, mais elle a les internceuds des pseudobulbes beaucoup plus courts et plus gonflés, et les fleurs jaune brunâtre clair et très plates. Poussant sur les mêmes arbres que le D. formosum, cette plante réclame un traitement analogue. Elle mérite d'être cultivée, car elle est extrêmement distincte. On la cite aussi comme croissant dans les Straits settlements, mais M. Ridley me dit que c'est une erreur. Elle n'est pas comprise dans la liste des Dendrobium du Moulmein dans le Manual de MM. Veitch, mais je ne l'ai jamais trouvée croissant ailleurs que dans la région du Moulmein. (Sera continué.) LE PARFUM DES FLEURS D ORCHIDEES M. Eugène Mesnard, dont nous avons déjà signalé dans notre précédent volume les intéressantes études sur le parfum des Orchidées, vient de soutenir devant la Faculté des Sciences de Paris sa thèse pour l'obtention du grade de docteur es sciences naturelles, et a choisi comme sujet: la formation des huiles grasses et des huiles essentielles dans les végétaux. Nous ne pouvons nous livrer ici à une analyse appofondie et complète de ce très intéressant travail, que nous signalons à nos lecteurs comme fécond en recherches et en découvertes originales. Nous nous bornerons à citer quelques passages relatifs à la formation du parfum dans les fleurs d'Orchidées et à la localisation des huiles essentielles qui produisent ce parfum. Mormodes punctatum. — Cette espèce donne une odeur indéfinissable qui rappelle le cumin. i°. — Sépales. — Dans les cellules de l'épiderme des sépales, on trouve i6 JUIN 1894 i i i un pigment liquide violet ou bleu pâle, qui remplit les cellules des chromoleu- cites rouge vif formant des masses irrégulières qui, dans beaucoup de cellules, ont cependant l'aspect huileux. En se surajoutant au pigment bleu, ils donnent le pigment violet. Les pigments de l'épiderme interne sont moins nombreux; dans toutes les cellules du mésophylle, principalement autour des vaisseaux, on trouve de la chlorophylle, mais, sauf dans quelques cellules épidermiques du bord externe, on ne saurait dire s'il y a de l'essence. 2°. — Pétales proprement dits. — La disposition est la même dans les péta- les. La teinte bleuâtre qui colore les cellules devient violette çà et là, par suite de la présence des chromoleucites rouges; ce pigment se présente dans plusieurs rangées de cellules du côté de la face interne, où sont les taches. Dans les pétales, il existe de l'essence en assez grande quantité. En agis- sant avec précaution, au moyen des réactifs ordinaires, l'essence apparaît en gouttelettes jaune d'or, dans les cellules épidermiques de la face interne; on en retrouve également dans l'épiderme externe, mais seulement vers les bords du pétale. Dans cette partie, d'ailleurs, l'essence occupe plusieurs rangées de cel- lules du mésenchyme, mais, au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans la profondeur, la coloration caractéristique disparaît pour faire place à celle des tannoïdes 3°. — Labelle. — Un examen préliminaire, pratiqué par l'olfaction pure et simple, indique que l'odeur est surtout dégagée par le labelle. L'épiderme interne de ce labelle est formé par des cellules allongées digiti- formes; les cellules de l'épiderme externe sont plus aplaties. L'essence se localise dans les deux épidermes,mais elle occupe de préférence celui qui tapisse la face externe du labelle. Du côté externe, l'essence reste localisée à la base des cellules digitiformes. Il n'y en a pas dans la partie latérale renflée du labelle. Les cellules du parenchyme renferment des granulations de cire très abon- dantes, ainsi qu'un suc légèrement tannoïde, comme on peut s'en rendre compte avec le réactif de Broemer. Au bout d'un certain temps d'exposition aux vapeurs d'acide chlorhydrique, on trouve, dans toutes les cellules du labelle, des gouttelettes d'huile grasse ou peut-être d'un acide gras, voisin de l'acide myristique(P). Ces gouttelettes sont plus abondantes vers la face externe. Le gynostème ne renferme pas d'essence; il est totalement recouvert, sur la face interne et concave, d'un revêtement de cire. 112 LE JOURNAL DES ORCHIDEES 4°. — Fleur en bouton. — Avant l'épanouissement complet du bouton, la partie centrale de la face externe des pélales est à découvert, tandis que les marges latérales sont protégées par les sépales; le labelle n'est lui-même recouvert que sur ses bords par les autres pièces florales. Or, il est intéressant de constater que c'est dans les parties cachées, protégées contre l'action de l'air et de la lumière, pendant toute la durée du développement du bouton, que l'essence se trouve d'ordinaire localisée. Les pigments se développent, au contraire, plus facilement dans les parties exposées à l'air. Lorsque la fleur est ouverte, l'essence disparaît peu à peu ou plutôt elle laisse, dans les cellules, de petits amas résinoïdes que l'on confond aisément avec les pigments. Mormodes Rolfeanum. — Odeur d'anis ou de Cumin. Fleurs rouge-brun, avec un peu de violet, très vif, dans le labelle. Les dimensions assez considérables du bouton de cette fleur permettent de faire des observations identiquement semblables à celles qui nous ont été fournies par l'examen d'un bouton de Mormodes punctatum. Ici, le labelle est à peu près inodore. L'essence existe, en petite quantité, dans les cellules épidermiques de la face externe, mais seulement dans les parties cachées. Cette essence disparaît vite sous l'influence du réactif pour laisser la place à des gouttelettes d'huile grasse, venues de la profondeur et qui lui servent de substratum. Toutes les cellules du mésophylle renferment de semblables gouttelettes d'huile grasse, mais il y en a moins vers la face interne, car, suivant une remarque déjà indiquée précédemment, l'huile se porte toujours vers la face externe des organes. A l'extrémité de la partie concave, il existe un amas nectarifère. L'étude de cette région est assez curieuse. On observe, du côté interne, une sorte de frange de longues cellules cylindriques, entièrement remplies de granulations de cire affectant une disposition en files parallèles. La liqueur de Fehling est réduite dans toute l'étendue de cette frange, ce qui prouve l'existence d'un sucre réducteur. Si l'on traite par l'acide chlorhydrique, les granulations disparaissent et il reste des gouttelettes huileuses, d'acide myristique (?). Mais, fait remarquable, nous voyons également des gouttelettes d'huile essentielle se rapprocher de plus en plus nombreuses de la base de cette frange nectarifère, comme s'il y avait là, absorption de l'essence par le corps gras. i6 juin 1894 1 13 L'essence de Mormodes Rolfeanum se trouve localisée principalement dans les cellules épidermiques des sépales et des pétales. Dans les sépales, les cellules à essence renferment plus de produits odorants sur la face interne, et cela pour les deux raisons que j'ai déjà signalées : la présence de la chlorophylle que l'on trouve en amas, autour des vaisseaux et dans toutes les travées du mésophylle, et celle de l'huile grasse, qui se porte vers la face externe. Dans les pétales proprement dits, il y a également de l'essence sur les deux faces, mais on n'en peut voir que des quantités insignifiantes dans les cellules épidermiques du milieu de la face externe, cette partie étant exposée à la lumière et à l'air dans le bouton. Il n'en est pas de même des parties margi- nales de la même face externe qui se trouvent recouvertes, dans le bouton, par les sépales. C'est là, en effet, que se trouve la plus grande partie de l'essence que produit la fleur. Odontoglossum Boddaertianum. — Odeur extrêmement forte et pénétrante, difficile à définir. Cette fleur est beaucoup moins grande que les précédentes. Les sépales et les pétales proprement dits ont une couleur jaune soufre, avec des taches marron. Le labelle. un peu plus blanc, possède une seule tache violette. L'essence est à peu près exclusivement localisée dans les sépales et les pétales. Les cellules épidermiques de la face interne des pétales sont un peu plus développées dans les parties marginales que dans le milieu, et elles ren- ferment de belles gouttelettes d'essence jaune d'or, devenant vertes par les vapeurs acides. Les sépales présentent la même disposition, mais ils ne renferment que très peu d'essence. LES ORCHIDÉES A L'EXPOSITION DE PARIS L'exposition générale d'horticulture organisée sous les auspices de la Société nationale d'horticulture de France a eu lieu du 23 au 28 mai dans le jardin des Tuileries. Grâce aux nombreux et merveilleux apports de M. Dal- lemagne, l'Orchidophile bien connu de Rambouillet, elle renfermait une grandiose série d'Orchidées en forts spécimens comme on n'avait pas encore 114 LE JOURNAL DES ORCHIDEES eu l'occasion d'en admirer à Paris dans de pareilles circonstances. L'empres- sement que le public en général montrait pour ces « Fleurs du Paradis, » nous prouvait que les Orchidées avaient fait maintenant leur chemin en France et que les Orchidophiles français devenaient toujours plus nombreux. Ce succès a été si grand cette année, que le grand prix d'honneur, un objet d'art de la manufacture de Sèvres, offert par le Président de la République, a été décerné à M. Dallemagne pour l'ensemble de ses magnifiques présentations. Donner un compte-rendu de tous les exposants et citer tous les merveilles exhibées, nous conduirait à l'infini, aussi nous bornerons-nous à noter les Orchidées les plus remarquables des différents lots : Commençons par le splendide et grand lot formé de 250 spécimens de M. Dallemagne, qui a remporté et bien mérité le grand prix d'honneur du Président de la République. Il devait sortir de ses cultures modèles de Ram- bouillet des exemplaires dont la vigueur, la force et le choix des variétés ne pouvaient pas être surpassés. Sa nombreuse série d'Odontoglossum crispum de toute beauté a causé bien des regrets (disons-le en passant) à certains de nos grands amateurs qui auraient désiré pouvoir en faire l'acquisition; n'est-ce pas là une preuve éclatante de la supériorité des cultures de Rambouillet, où « la méthode belge » est appliquée dans tous ses moindres détails? Cette grande collection était installée avec goût sur un rocher qui garnissait le fond de la tente; elle frappait d'admiration tous les visiteurs avec ses spécimens bien fleuris, d'une force sortant tout à fait de l'ordinaire, presque toutes présentées en variétés d'élite. Son Cattleya Mendeli var. Lindeni, du blanc le plus pur avec un labelle d'un pourpre intense, ses énormes Laelia purpurata en variétés très distinctes, ses Cattleya Mossiae avec leurs rares formes foncées ou blanches, ses grands Vanda suavis, tricolor en variétés hors ligne et teres, ses Sobralia Cattleyana et macrantha nana, ses Oncidium serratum, macranthum, undulatum, ampliatum majus, phymatochilum avec leurs longues inflorescences, son Laelia elegans Dallemagniana, le superbe Odontoglossum triumphans Gautherianum, Y éclatant M asdevallia H arryana à fleurs foncées, le Cattleya Mendeli fastuosa étaient les Orchidées qui frappaient le plus les visiteurs. Si nous voulions mentionner toute la liste des espèces que l'on ne rencontre guère aux expositions et qui sont toujours recherchées des collectionneurs, il nous faudrait y consacrer un numéro entier du Journal des Orchidées; nous ne pouvons cependant pas passer sous silence le charmant Stenia fimbriata, le MaxMaria Sanderiana, les rares Trichopilia suavis, var. alba et Odontoglossum l6 JUIN 1894 115 cordatum var. aureum, le délicieux Catasetum Bungerothi, les Coelogyne Lowi et pandurata, les mignons Cattleya tigrina, les superbes Epidendrum Randi excellens et Frederici Guilielmi, ainsi que les nombreux exemplaires du nouveau Cochlioda Noetzliana, dont les inflorescences d'un rouge cerise faisaient admi- rablement bien ressortir les coloris clairs des autres fleurs. Les Cypripèdes et les Selenipèdes étaient également représentés par la majeure partie des espèces et hybrides recherchés par les collectionneurs. M. Piret présentait un beau lot de Cattleya Mossiae, parmi lesquelles les superbes variétés à fleurs blanches dont il a la spécialité. Des jardins du Luxembourg on avait aussi envoyé toute une collection de Cypripèdes, parmi lesquels de forts beaux hybrides obtenus de semis dans leurs serres. L'abstention de notre grand hybrideur français M. Bleu a été remarquée des Orchidophiles auxquels il réservait chaque année quelques agréables suprises. Cette lacune a été quelque peu compensée par M. Legentil d'Arras, qui, sous une élégante vitrine, présentait toute une série d'Orchidées à feuillage orne- mental, telles que les Anoectochilus, Dossinia, Goodyera et Microstylis, qui ont été bien admirées. Quant aux Orchidées nouvelles, elles brillaient cette année par leur absence, si nous en exceptons cependant le ravissant Cypripedium D alterna gneanum, présenté par le célèbre Orchidophile de Rambouillet. Cette variété admirable et tout à fait nouvelle a fait son apparition dans une importation de C. insigne montanwn ; elle est d'un jaune clair uni, sauf le sépale dorsal supérieur qui est légèrement marginé de blanc; elle se rapproche un peu de la fameuse variété Sanderae, qui fait maintenant partie de la superbe collection du baron Schroeder, The Dell près Windsor en Angleterre, et qui était aussi sortie, il y a quelques années, d'une importation de cette même variété de Cypripedium insigne. Les principaux fleuristes parisiens ont aussi accaparé les fleurs d'Orchidées pour la garniture de leurs corbeilles; ils ont exhibé un étalage de bouquets et de gerbes de fleurs d'une légèreté, d'une élégance et d'un cachet qui leur est particulier. Espérons que les nombreux et beaux succès obtenus par M. Dallemagne, dont il vient de donner une preuve éclatante, donneront une nouvelle impulsion au goût de la culture des Orchidées à une nouvelle légion d'amateurs français et que nous les verrons l'année prochaine venir en plus grand nombre prendre part aux concours réservés à nos plantes préférées. O. Ballif. Il6 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES MISCELLANEES Bouturage des Phalaenopsis dans l'eau Nous avons mentionné récemment l'intéressante présentation, faite par M. Meunier devant la Société Nationale d'Horticulture de France, de boutures de Phalaenopsis. M. Meunier a eu l'obligeance de nous adresser à ce sujet les intéressants renseignements suivants : « Mon essai de multiplication des Phalaenopsis date de fin novembre 1892, « et les mêmes tiges sont encore dans l'eau. Nous avions à l'époque deux « Phalaenopsis, un P. amabilis et un P. amabilis Dayana; la floraison cora- « plètement finie, les fleurs étant tombées, ordinairement on coupe et l'on jette « les tiges qui ont donné une saison de fleurs. J'ai mis mes deux tiges dans une « petite bouteille remplie d'eau, où j'ai ajouté quelques morceaux de charbon « de bois ; à la fin de janvier, les deux premières tiges de P. Schilleriana étant « défleuries, je les ai coupées et mises à côté des deux autres. Il n'y avait « aucun œil prononcé dans les parties de la tige. J'ai placé ma bouteille en « dessous de grosses plantes au-dessus d'un bassin; dans les premiers jours « d'avril 1893, je regardai mes tiges de Phalaenopsis; ma surprise fut grande « en voyant une petite plante de P. Schilleriana, dont les deux feuilles étaient « trop larges pour passer par le goulot de la bouteille; j'ai dû la casser pour « les sortir. Les feuilles ont aujourd'hui chacune 3 centimètres et une racine « de 3 7 2 centimètres qui plonge dans l'eau, et une autre qui pousse au-dessus « de la bouteille et qui a 1 î / 2 centimètre. Il y a en ce moment une autre jeune « plante qui pousse également sur la deuxième tige du P. Schilleriana et est « encore submergée d'eau. « Pour le P. amabilis Dayana, le jeune a paru plus tard, à la fin de juin, « il a poussé au-dessus de la bouteille, les feuilles ont aujourd'hui chacune « 5 7 2 centimètres de long ; il n'y a pas encore de racines ; elles ne tarderont « pas à apparaître, le collet commence à se gonfler. 16 juin 1894 117 « La deuxième tige de P. amabilis ne m'a donné que des bourgeons à fleurs, « que j'ai pinces au-dessus des yeux. « Comme vous voyez, Monsieur, ce procédé n'est pas coûteux à appliquer, « et peut être très utile pour la multiplication des variétés rares, et auxquelles « on tient beaucoup. Je serai heureux que d'autres personnes l'essaient. « Nous avons eu jadis également des rejetons qui se sont développés sur des « tiges à fleurs que nous avions laissées sur les plantes ; l'inconvénient, c'est « qu'elles s'épuisent à fleurir et arrêtent un peu la végétation des feuilles ; c'est « à ce sujet que j'ai essayé de suppléer par un autre moyen. « Si ma lettre peut intéresser quelqu'un de vos lecteurs, libre à vous d'en « faire l'usage que vous voudrez. « Agréez, etc « Meunier, « Jardinier chez Mme Perrenoud. » PETITES NOUVELLES ET PETITE CORRESPONDANCE LES ORCHIDEES EXOTIQUES ET LEUR CULTURE EN EUROPE. — Au moment où nos abonnés recevront le présent numéro, l'ou- vrage annoncé sera sur le point de paraître ; sa publication a subi un certain retard, qu'il ne nous était guère possible d'éviter, mais qui avait pour cause unique notre désir de faire un traité aussi complet et aussi soigné que possible. Des addi- tions ont été faites jusqu'au dernier moment de l'impression pour le mettre tout à fait au courant des nouvelles études et des introductions récentes, de nouvelles gravures ont été exécutées spéciale- ment. Nos souscripteurs ne se plaindront pas, nous l'espérons, de ce désir de les satisfaire, surtout lorsqu'ils constateront que ce souci d'être complet nous a amené à leur fournir un volume de 1000 pages au lieu de 800 que nous avions annoncées. Cette surprise nous vaudra peut-être quelque indulgence pour l'attente qu'ils ont dû subir, bien malgré nous. Un certain nombre de nos souscripteurs ont bien voulu nous exprimer leur hâte de recevoir l'ouvrage annoncé, et l'intérêt qu'ils y prenaient à l'avance. Nous les remercions ici en bloc de leur bienveillante sympathie, en souhaitant une seule chose, c'est que le jugement qu'ils porteront sur le livre après la lecture soit aussi favorable que celui qu'ils ont formulé avant. UN DES VETERANS des amateurs belges, M. D. Massange de Louvrex, nous a adressé, en date du 24 mai dernier, son appréciation sui- vante sur l'établissement que nous dirigeons et sur notre méthode de culture : « Vous avez bien raison de dire que de mau- « vaises langues parcourent le monde et que tous « nous en subissons le venin. Généralement ce « sont les jaloux ou les incapables... J'ai visité « tous les établissements et tous les amateurs en « Europe, c'est de loin le vôtre le plus beau, le « mieux tenu, le mieux conçu et où la culture « est la plus belle pour tous les genres. J'ajoute, « si j'étais un Rothschild j'irais avec mon archi- « tecte pour le copier. En effet, on rencontre « souvant chez un amateur eu un horticulteur, « telles ou telles variétés en espèces qui seront LE JOURNAL DES ORCHIDEES « splendides , et d'autres bonnes à mettre en « herbier. Ne voit-on pas à certaines époques de « l'année certaines variétés qui, pour bien des « raisons perdent de leur santé ? Chez vous, tout « est toujours beau. » \ VISITES A DE JEUNES COLLECTIONS BRUXELLOISES. ■ — J'ai revu, ces jours-ci, les charmantes collections de M. le D r Capart et de M. Van Wambeke, formées tout récemment et qui prospèrent admirablement. Chez l'un et l'autre, j'ai été charmé de constater combien les plantes poussent à merveille, et fleurissent abon- damment. Chez le Dr Capart, trois Cattleya Rex sont en spathes et promettent une belle floraison. En fleurs un Sobralia macrantha nana, très beau, deux variétés exquises de Laelia purpurata, des Cattleya Mossiae, des Miltonia vexillaria et plusieurs beaux Odontoglossum crispum. Chez M. Van Wambeke : plusieurs Cattleya Rex en spathes ; en fleurs une centaine de très beaux Odontoglossum crispum, un O. Pescatorei à fleurs de très grande taille, de beaux Epiden- dntm vitellinmn, des Masdevallia, deux délicieuses formes de Cattleya Mendeli, des C. Mossiae chir- guensis très distincts, des Cypripedium vigoureux et en boutons, pour fleurir prochainement, le C. Charlesworthi. Chez M. Warocqué, à Mariemont, en fleurs des centaines d'Odontoglossum, ses fameuses variétés de Cattleya Mossiae, un splendide Laelia purpnrata à fleurs forcées, des Vanda et des Cypripedium incomparables. Chez M. Pauwels les serres sont magnifiques, beaucoup de fleurs et de variétés remarquables. C'est une des plus belles collections belges. Chez M. Miteau, presqu'un vétéran déjà, en fleurs sa superbe variété de Cypripedium ciliolare, le C. Miteauanum, de très beaux Laelia purpurata, des Cattleya Mossiae, son admirable Odonto- glossum Pescatorei Lindeni et toute une moisson d'Q. crispum. Chez M. MADOUX, une quantité de belles Orchidées en fleurs, des Odontoglossum, Cypri- pedium, Laelia, Cattleya Mossiae en belle varié- tés, etc. etc. Un commençant, M. De Lombaerde, réussit magnifiquement ses diverses cultures ; ses Odon- toglossum, Cattleya et Cypripedium sont en superbe santé. LES SERRES DE L'HORTICULTURE IN- TERNATIONALE étaient admirablement fleuries ces temps derniers. Il y avait en fleurs une cinquantaine de superbes variétés distinctes de notre nouvelle section de Laelia purpurata et entre autres les variétés d'élite : nobilis, Lin- deniae, praestans, mirabilis, fastuosa, elegantis- sima, Mariae, Annae, Aphrodite, striata, regalis, fascinator, lobata, etc., presque tous en spéci- mens énormes, plusieurs portant 50 fleurs! Les sections des Cattleya Mossiae et Mendeli ont montré des variétés à l'infini et parmi elles des perles exquises. Les Masdevallia, les Vanda sur- tout et les Cochlioda ont fleuri avec abondance, et presque tous en variétés supérieures. Beaucoup d'importations très belles sont arri- vées dans cette dernière quinzaine — et no- tamment trois nouveaux Cymbidium, des Cata- setum Bungerothi, Vanda Sanderiana, V. Bate- mani, des nouveaux Vanda, Aerides, Saccolabium, Angraecum, un tout nouveau Cypripedium, des nouveaux Eulophiella, des Odontoglossum, Pha- laenopsis, Cattleya, etc., — jamais à aucune époque les serres de L'Horticulture Inter- nationale n'ont été aussi riches qu'actuellement. Nous engageons donc beaucoup les amateurs et horticulteurs à les visiter en ce moment. Une visite de ce genre est toujours éminemment instructive et attrayante. REÇU de M. A. Chaber deux fleurs de Catt- leya Mossiae appartenant à d'excellentes variétés, l'une surtout, à fleur énorme, ayant le labelle très ample, et maculé sur le lobe antérieur d'un riche cramoisi pourpré. M. Chaber a bien voulu nous communiquer également deux dessins très exacts représentant, l'un un Cattleya Harrisoniae violacca, l'autre un C. Mossiae alba, ces deux plantes appartenant à sa collection. Le premier est d'un coloris très vif, et remarquable à ce point de vue; le second est d'un très grand modèle, et a la gorge et une partie du lobe antérieur richement veiné de jaune orangé sur fond jaune pâle. Cette dernière forme est certainement d'une grande valeur. La collection de M. Chaber est d'ailleurs com- posée avec un soin et un éclectisme extrêmes, et ne renferme guère que des variétés supérieures de chaque espèce qui y figure. R. P. — Les Phajus craignent les rayons directs du soleil ; il est préférable de les placer du côté qui n'y est pas exposé. DENDROBIUM WARDIANUM GEANT. — Le Gardeners 1 Chronicle cite une fleur de cette espèce, qui lui a été adressée par un correspon- dant, M. John Robson, et qui est véritablement gigantesque. La fleur mesure 13 3/4 centimètres de diamètre d'un pétale à l'autre; chaque pétale mesure près de 44 millimètres de largeur. Les sépales ont plus de 2 1/2 centimètres de largeur. Le coloris est le même qu'à l'ordinaire. L. L. PÉPINIÈRES DE MONTAIGU (Belgique) Edouard MICHIELS chef des pépinières. Gustave MICHIELS architecte de jardins. Edmond MICHIELS Spécialité Graines de prairies, forêts, sapinières et autres. Arbres fruitiers pour vergers. — Pommiers, Poiriers, Pruniers, Cerisiers, hautes^ tiges, saines et vigoureuses, les meilleures variétés, depuis 1 fr. 50 à 2 francs. Baliveaux, de l m 50 à 2 m. hauteur, à 1 fr. ; — Autres jeunes Pommiers à 55 fr. le 100. — Arbres fruitiers pour Jardins. Belles palmettes-pyramides, en variétés les plus méritantes, de fr. 1,25 à 2 fr. 50. Forts arbres forestiers. — Pour routes, drèves, forêts, etc. ; Ormes gras, Frênes, Erables, Châtaigniers, Tilleuls, Peupliers du Canada, depuis 0,70 cent, à 1 fr. 25 très fort. Plants forestiers repiqués, de 1, 2 et 3 ans, pour reboisements par millions, que nous cédons annuellement à fort bas prix ; toutes les espèces pour bois, Sapins (sylvestre) à fr. 1,25 le mille. 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La vie de ces magnifiques végétaux à l'état naturel, leurs particularités physiologiques, leur beauté pitto- resque et infiniment variée, méritent d'attirer l'attention de beaucoup de personnes du monde qui ne connaissent des Orchidées que des légendes mystérieuses et confuses, et qui parfois n'osent pas en embellir leurs serres, faute d'être plus exactement renseignées. Il est nécessaire, d'autre part, de fournir aux cultivateurs et amateurs, si nombreux aujourd'hui, une description des principales et des plus belles Orchidées cultivées, y compris les nouveautés introduites en très grand nombre dans ces dernières années. Nous avons entrepris cet ouvrage à la demande d'un grand nombre de personnes qui ont bien voulu nous dire que nous étions particulièrement à même de combler ces lacunes, grâce aux observations et aux matériaux considérables que nous fournit la direction d'un des premiers établissements d'introduction du monde. Il est évident, eu effet, qu'il faut cultiver, et cultiver en grand, pour pouvoir traiter de la culture, et qu'il faut disposer de collections étendues pour pouvoir parler des Orchidées et les décrire. C'est donc, à tous les points de vue, un livre d'expérience et de pratique que nous offrons au public, un cruide de culture pour le jardinier et pour l'amateur désireux de surveiller lui-même les soins donnés à ses plantes, aussi bien qu'un ouvrage de bibliothèque pour le curieux de la nature et de ses beautés. Notre programme peut se résumer de la façon suivante : Les Orchidées au point de vue scientifique. — Notions de botanique organographique et systématique et de physiologie; bibliographie, etc. Les Orchidées au point de vue pratique. — Leur culture détaillée : rempotages, ventilation, ombrage, arrosements, etc. ; aménagement des serres, chauffage, etc. ; influence du climat, etc. ; parfum des Orchidées ; l'hybridation des Orchidées ; les Orchidées à l'état naturel et les importations ; distribution géographique ; listes des genres, notes sur la culture spéciale de chaque genre et description des principales espèces; grande culture de rapport ; utilisations industrielles, etc. Les Orchidées au point de vue historique. — Histoire de l'importation et de la culture. Les Orchidées au point de vue mondain. — Parti qu'on peut tirer de la beauté des Orchidées ; la façon d'orner les serres et les appartements; fleur coupée, bouquets, etc.; collections d'amateurs. L'ouvrage, comprenant environ 800 pages d'un grand format, sera mis en vente PROCHAINEMENT, au prix de 25 FRANCS L'EXEMPLAIRE Les JARDINIERS qui souscriront à cet ouvrage pourront payer par versements éche- lonnés de 2 FRMCS PAR MOIS Cette faveur sera accordée aux JARDINIERS seulement. On s'inscrit chez l'auteur : 100, rue Belliard, à BRUXELLES. GRAINES POTAGÈRES, FOURRAGÈRES DE FLEURS ET D'ARBRES MAISON F. VAN CELST 24, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES Seul Premier Grand Prix — Médaille d'or — à l'Exposition nationale d'Horticulture de Bruxelles en 1880 pour la plus belle collection de légumes. Deux Premiers Prix — Médaille d'or — pour légumes et fleurs. 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Les douze » 60 Les cinquante n 225 Le cent » 400 Odontoglossum cirrhosum . Les douze » 72 Les cinquante » 275 Le cent » 500 Odontoglossum crispum . . Les douze » 72 Les cinquante » 275 Le cent » 500 Oncidium aurosum . . . » 60 Les cinquante » 225 Le cent » 400 Oncidium papilio .... » 50 Les cinquante » 175 Le cent » 300 Oncidium altissimum . . . . Les douze » 50 Les cinquante » 175 Le cent » 300 Oncidium Gravesianum . . . Les douze » 50 Les cinquante » 175 Le cent » 300 Oncidium sphacelatum . . Les douze » 50 Les cinquante » 175 Le cent » 300 Oncidium brevilabre . . . Les douze » 50 Les cinquante » 175 Le cent » 300 Oncidium pulvinatum . . . Les douze » 50 Les cinquante u 175 Le cent » 300 Oncidium ampliatum majus . Les douze )) 60 Les cinquante » 225 ♦ Le cent » 400 Cypripedium insigne montanum. Les douze Les cinquante Cypripedium Exul . . Cypripedium ciliolare . Cypripedium callosum . Cypripedium venustum Le cent . Les douze Les cinquante Le cent . Les douze Les cinquante Le cent . Les douze Les cinquante Le cent . Les douze Les cinquante Le cent Dendrobium nobile Les douze Les cinquante Le cent Epidcndrum Capartianum. . . Les douze Les cinquante Le cent Laelia grandis Les douze Les cinquante Le cent Cochlioda NOIzliana Les douze Les cinquante Le cent Miltonia flavescens Les douze Les cinquante Le cent Brassia maculata Les douze Les cinquante Le cent Cattleya Mossiae Les douze Les cinquante Le cent Cattleya Eldorado Les douze Les cinquante Le cent Cymbidium eburneum .... Les douze Les cinquante Le cent Epidcndrum vitellinum majus . Les douze Les cinquante Le cent Zygopetalum intermedium . . Les douze Les cinquante Le cent Masdevallia Harryana .... 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